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Centrafrique : Embargo sur les armes ? Pas un souci pour les groupes armés, le Soudan supplée

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L’arroseur arrosé. C’est le Centrafrique qui voulait un embargo, mais sans en peser les conséquences

Fatima Katiza LAMINE

NEW YORK [LNC] – Selon un rapport d’experts de l’ONU venant de paraître, des groupes rebelles, notamment des dits “ex-Séléka” se réarmeraient par le Soudan, via des trafiquants d’armes.

Alors qu’ils sont en principe impliqués dans des pourparlers de paix, le comité, chargé du suivi des sanctions contre le Centrafrique, a spécifié que les leaders de l’ex-Séléka se réarmaient face au déploiement, dans les zones sous leur influence, de troupes gouvernementales nouvellement formées.

Dans le document adressé au Conseil de sécurité, il est dit que : “L’arrivée d’armes du Soudan, constatée depuis janvier 2018, a abouti à ce que des combattants de l’UPC et du FPRC soient de plus en plus aperçus avec des pistolets et des fusils d’assaut type AK, tout comme des lance-grenades et des mitrailleuses installés sur leurs véhicules”.

En réponse, des milices Anti-Balaka avaient mené une contre-offensive.

Depuis 2013, l’ONU interdit au Centrafrique de se procurer des armes et des munitions. Mais le Conseil de sécurité a approuvé les envois d’armes de France, Russie, Chine, des Etats-Unis et de la Belgique afin de consolider une armée centrafricaine mal équipée.

Des formateurs militaires – de Russie et de l’Union européenne – ont également été envoyés dans le pays. “Pour renforcer leur position militaire en vue du futur dialogue et se préparer à une possible confrontation avec les forces nationales de sécurité et de défense, les groupes de l’ex-Séléka ont continué à acquérir des armes”, estiment ces experts.

Selon ce rapport, la faction UPC a reçu une livraison de fusils d’assaut, de mitrailleuses et de munitions en avril et un nouvel accord a été passé en septembre avec les trafiquants soudanais équivalant à 165.000 dollars.

L’Union Africaine tente depuis juillet 2017 de faire s’asseoir autour de la table des négociations les groupes armés et le gouvernement. Mais jusque là, en vain. Le plan de l’UA est vide.

Ce rapport a été publié cette semaine avant un vote au Conseil de sécurité attendu autour du 30 janvier et portant notamment sur le renouvellement de l’embargo sur les armes.

Le mois dernier, la mission de paix de l’ONU (MINUSCA) en Centrafrique a été renouvelée par le Conseil, qui prévoit le maintien jusqu’au 15 novembre 2019 d’une force de Casques bleus pouvant comprendre jusqu’à 11.650 militaires et 2.080 policiers.

© Janvier 2019 – LAMINE MEDIA – Tous droits de reproduction réservés.

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