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BLOG/Les forces européennes préparent leur installation à Bouar

Visite mixte EUTM-Minusca du site de Bouar (Crédit : EUTM RCA)

Nicolas Gros-Verheyde

(B2) Les spécialistes de la force des Nations unies (MINUSCA) et de la force européenne (EUTM RCA) établies en République centrafricaine ont terminé une étude du site de Bouar qui constituera pour les Européens, un second point d’appui après Bangui.

Le premier poste fixe en dehors de Bangui

Ce sera le premier ‘poste permanent’ établi en dehors de la capitale centrafricaine de la mission européenne. Une demande de Bangui mais aussi une nécessité stratégique. Une quarantaine de Français pourraient y être déployés, en liaison avec les éléments français au Gabon, pour l’équipe de formation. C’est une des spécialités des EFT qui ont ainsi formé ou entraîné plusieurs troupes africaines (du Cameroun, du Gabon, du Tchad, du G5 Sahel, de Centrafrique…). Pour rendre ce déploiement opérationnel, il reste encore à trouver l’élément de soutien médical (le rôle 2) qui n’était pas encore en décembre totalement certain. Un nouveau tour de piste des États membres a été entamé pour pourvoir ces éléments.

Ne pas laisser un vide se créer au profit des Russes

« Il ne faut pas traîner et laisser se créer un vide dont d’autres pourraient profiter », a confié à B2 un responsable européen. Les ‘autres’, ce sont les Russes, déjà installés près de Bouar, où ils consolident leur emprise, en profitant de la piste d’aviation rénovée. « Il faut donc être prêt à répondre à la demande des Centrafricains ». Le centre rénové permettra tant à EUTM RCA qu’à la Minusca de compléter la formation et l’entraînement des FACA, les forces armées centrafricaines.

Le retour à une tradition militaire

Le choix de Bouar n’est pas fait au hasard. Cette ville placée sur un axe vital, reliant le Cameroun à la capitale centrafricaine Bangui, a toujours joué un rôle stratégique, et a une longue tradition militaire. Le centre de formation, anciennement dénommé Camp Leclerc, a joué un rôle historique durant des dizaines d’années, avant et après l’indépendance. A partir de 1981, après l’opération Barracuda destinée à renverser le président (dictateur) Bokassa, il a abrité les éléments français d’assistance opérationnelle et technique (EFAO) chargé de reconstruire l’armée centrafricaine. Ce jusqu’en 1998 (1). Le départ des Français a été acté en 1997 par la décision de Paris de diminuer ses emprises africaines, en les recentrant sur quelques points forts, notamment au Tchad, dans le centre de l’Afrique, dans le cadre d’un accord avec le gouvernement centrafricain dirigé par Ange-Félix Patassé (2).

Un centre réhabilité partiellement en 2017

Le Centre d’instruction militaire (CIM) a fait récemment l’objet d’une réhabilitation partielle, achevée en mai 2017. Menée avec le soutien de la Minusca, elle a permis notamment la remise en état de trois salles de classe, cinq dortoirs, un pavillon d’hospitalisation, un bâtiment pour soins intensifs et maternité (lire ici) (3). C’est la seconde réhabilitation d’un site militaire entreprise par la mission des Nations unies après celui du camp Kassai à Bangui.

Plus sur le dossier ?

  1. Sur les opérations françaises en Centrafrique, on doit lire avec intérêt l’étude réalisée par Florent Saint-Victor, « 45 ans d’opérations militaires françaises en Centrafrique », publiée par le CDEF, Centre de doctrine d’emploi des forces, décembre 2013.
  2. Une décision qui consacre le divorce entre Paris et Bangui selon Jean Guisnel. Lire « Le repli de la coloniale », Le Point, avril 1998.
  3. En parallèle, plusieurs structures civiles, notamment le bâtiment administratif de la ville, ont été rénovées avec le soutien de l’Union européenne.
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