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Analyses

ANALYSE : Entremet Franco-Russe, ou le Centrafrique au cœur d’une pseudo petite guerre froide

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Un nain militaire face à un géant. Le David français terrassera-t’il le Goliath russe en RCA ?

Firmine YABADA

PARIS [LNC] – Les centrafricains de guerre lasse, s’étaient habitués à voir l’éternel « ancien pays colon », toujours y faire la pluie et le beau temps, toujours y faire et défaire les pouvoirs au gré de ses humeurs et intérêts du moments. Une constante mise sous tutelle et surveillance, illustrée par le contrôle absolu de la seule porte de sortie internationale du pays par les airs. Tout ce qui entre et sort de l’aéroport international de Bangui M’poko ne peut l’être sans l’aval des militaires français toujours stationnés sur place. Même un monument dédié aux soldats français tombés en RCA a été érigé, sans même l’accord des autorités centrafricaines. Mais « le coup de semonce de Sotchi », ça, ils ne l’ont pas vu arriver.

Sept interventions militaires françaises depuis l’indépendance, dont la plus « glorieuse », n’ayant même pas eu à être justifiée par un habituel prétexte foireux, le coup d’état colonial de 1979, visant à déposer Bokassa manu militari, et de réinstaller Dacko arrivé de Paris, transporté dans les soutes d’un TRANSALL militaire.
Difficile de ne pas y voir un traitement guère différent de celui d’un territoire d’outre mer, selon l’expression consacrée.

LA MAUVAISE BLAGUE DE MACRON

Ce bel ensemble bien huilé de la Françafrique va pourtant connaître un sérieux dégât des eaux.

Tout est parti de Paris, en septembre 2017, lors de la rencontre entre Emmanuel Macron, le tout frais nouveau président français, et Faustin Touadera.
Touadera cherche à reconstituer les FACA, l’armée centrafricaine – en lambeaux et vérolée par les Anti-Balaka – mais il n’en a pas les moyens.
Qu’à cela ne tienne, Macron alors de lui proposer de lui offrir 1.500 kalachnikovs confisquées à des pirates au large de la Somalie par la marine française.
Mais, gros hic, les russes ne sont pas d’accord, et posent leur veto dessus.

Là dessus, Macron plaisantant à moitié, de suggérer à Touadera de demander ces armes directement aux russes.
N’ayant pas vraiment le sens de l’humour, Faustin Touadera le prend aux mots.

Et c’est le début de l’ébranlement de la « force » française en Centrafrique.

Car un gros ours ne va pas traîner bientôt à entrer dans la basse cour «pré-carré » du coq gaulois.

Sitôt dit sitôt fait. Un mois plus tard, en octobre 2017, « FAT » rencontre à Sotchi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui heureux de l’aubaine offerte pour faire une percée en Afrique, accepte immédiatement de lever le veto.

Mais là, la France commence à rire jaune, car dès décembre 2017, les russes parviennent à l’ONU à faire suspendre exceptionnellement l’embargo sur les armes en RCA.
La France manœuvre en vain pour s’y opposer – mais se rattrapera à Bangui pour se venger, en multipliant les chicaneries, lors de la première livrée des armes russes.

POURQUOI UN SOUDAIN TEL INTÉRÊT POUR UN PAYS SANS INTÉRÊT ?

Les militaires français qui sont passés en Centrafrique ont pris l’habitude de surnommer ce pays « LE POT DU PUS » ou encore « LES GOGUES ». Des insultes bien senties, pour marquer et complet désintérêt et mépris.

Alors pourquoi ce constant droit de regard sur des « chiottes » ?

La France jouerait-elle la « dame-pipi » en Centrafrique pour y faire payer les clients en besoin de se soulager ?

La réponse, très certainement à trouver, non pas dans un regain d’intérêt de la France pour ce pays perdu, mais plus sûrement, dans une peur de généralisation de la gangrène par un mauvais exemple.
Surtout ne pas créer de précédent.
Il ne manquerait plus que congolais, tchadiens, camerounais, sénégalais, gabonais, et tous les autres de la Françafrique se mettent en tête de singer la mauvaise graine centrafricaine.
Une contamination qui tout simplement mettrait l’économie française en péril, tant ses anciennes colonies continuent toujours de lui rapporter (Pétrole, minerais, FCFA, etc…). Mais à condition de rester dans les clous, et de ne pas céder aux sirènes de « vilains pas beaux », qui ne parlent même pas français.

« BARATIN » VS « RENTRE DEDANS »

Moscou en Centrafrique a d’entrée fait du rentre dedans. Avec l’intention clairement affichée d’y durer. Et ne lésinant pas sur les moyens à tous les niveaux pour séduire : Armement, conseillers militaires, formation des forces de sécurité. Sans compter les cerises sur le gâteau, le déploiement de toute une panoplie de manœuvres de séduction (films de propagande, appuis culturels et autres).

Des offensives qui ne perdent pas de vue l’essentiel : des signatures de juteux contrats miniers, qui pour l’essentiel, échappent au contrôle du Parlement centrafricain.

La presse française au garde à vous, de ne pas manquer d’exploiter ces dérives à relents coloniaux des russes. Pointons à cet effet deux articles sur le sujet, l’un du « Monde » et l’autre du « Point » ayant trempés leurs plumes dans la même encre acide. Normal, la patrie est en danger !
Un manichéisme journalistique faisant fi des non moins coupables manœuvres de LE DRIAN, venu expressément à Bangui pour INTIMIDER, comme au bon vieux temps de FOCCART, le père de la FRANÇAFRIQUE ; et encore derrière de Florence PARLY, elle, d’un saut à Bangui afin d’y tenter la SEDUCTION, dans un objectif commun, faire plier les autorités centrafricaines pour qu’elles rentrent dans les rangs.

« LA CENTRAFRIQUE PION SUR L’ÉCHIQUIER RUSSE » titrait « Le Monde » ? Oh que non, ce serait plutôt « LA CENTRAFRIQUE PIEGEE SUR DANS L’ENTREMET FRANCORUSSE », car la RCA se trouve tout simplement être une MARIONNETTE, prise au milieu du jeu « On se refait une petite guerre froide sous les tropiques » ?.

Une simple guerre d’ego pour le « petit » se croyant toujours grand, et d’expansion, pour le « grand », progressant en se fichant de prendre des gants.

© Décembre 2018 – LAMINE MEDIA

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