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Edito

Centrafrique : MINUSCA, quand Parfait Onanga-Anyanga continue de mépriser les centrafricains

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Aucune empathie, aucun sens de culpabilité, seulement sauver la face

Aline M’PANGBA-YAMARA

PARIS [LNC] – Son interview récemment au quotidien français est très éloquente sur sa vision du fonctionnement de l’organe onusien dont il a la charge. Difficile de faire plus dans l’auto-satisfaction, le manque de sens des réalités, les oublis de ses devoirs cardinaux justifiant sa présence en Centrafrique.

On savait l’homme hautain et méprisant, mais pas à ce point là !

De cette grave crise dans le pays, il n’aura retenu qu’une chose, une singulière vision autistique par le petit bout de la lorgnette : “La MINUSCA serait le bouc émissaire idéal”.
Formule idoine pour balayer d’un trait de langage tous les problèmes non résolus, et conséquemment, les reproches afférents, pleuvant pourtant de toutes parts sur l’organisation, à commencer par le gouvernement centrafricain lui-même. Sans parler des élus locaux qui presque chaque jour dénoncent l’inertie des casques bleus dans leurs territoires.

Coupable idéal de quoi ? 

Ainsi donc, émietter les casques bleus un peu partout, juste pour la décoration ?
Il déclare ceci à “Libération” : “Mais qu’est-ce qu’on avait à Alindao ? Un poste militaire temporaire, installé près du site de déplacés. Avec 40 Casques bleus pour une ville de 30 000 habitants. C’est de la dissuasion. Mais lorsque toute une communauté instrumentalisée se lance dans la bataille, et bien je suis désolé, mais ces Casques bleus qui ne sont pas des victimes expiatoires, vont se retrouver, par réflexe naturel, contraints de se protéger eux-mêmes.”

Aussi, est-il important de s’en tenir aux FAITS, concernant la MINUSCA, sans gloser dans le vide et sans preuves. Ce que le monsieur ne cesse de dire.

“M. PROPRE” a la mémoire qui flanche ! Sans doute trop sélective par abus de langue de bois et d’hypocrisie.

Résultat de recherche d'images pour "Plus de 400 mineurs centrafricains violés par les Sangaris français"Plus de 400 mineurs centrafricains violés par les Sangaris français, à l’époque servant en co-union avec les casques bleus, a-t’il un jour dénoncer cela ? La justice française qui annule le problème. Circulez, il ne s’est rien passé. S’est-il porté partie civile ? S’en-est-il même enquis ?

Plus proche, des casques bleus autres que français, coupables, et à répétition des mêmes délits. Des crimes qu’il avait manœuvré pour étouffer, en vain. Cela avait tout de même fini par sortir dans la presse internationale.
Il n’ignorait pas, évoquant un cas parmi d’autres, dont LNC eut directement connaissance via un député lobayen, d’une femme de 25 ans, victime de viols en réunion par 8 casques bleus à Boda (Lobaye). Il le savait.

Diane CORNER la numéro 2 de la mission à l’époque, alertée par nos soins, nous avait promis une enquête dans les plus brefs délais sur le dossier.
Enquête jamais ouverte, affaire étouffée.

LIRE AUSSI : République centrafricaine : Des viols commis par des Casques bleus

Lors de la manifestation “BANGUI VILLE MORTE”, les gardes du corps de Parfait Onanga-Anyanga ont tué au moins six civils. Il avait à la suite, dans une déclaration, promis une prompte enquête sur l’affaire. On l’attend toujours.
Enquête jamais ouverte, affaire étouffée”La presse centrafricaine a beaucoup d’imagination” dit-il pour créer des fake news. Soit !
Mais ces quelques témoignages là n’émanent pas de la presse de Bangui qu’il dénigre, mais de personnalités crédibles, ou de représentants d’institutions internationales :

-JUAN JOSÉ AGUIRRE MUÑOS, ÉVÊQUE CATHOLIQUE DE BANGASSOU : “Des femmes et des filles réfugiées depuis mai 2017 dans l’enceinte du séminaire de Bangassou se prostituaient auprès des casques bleus de la MINUSCA pour obtenir des aliments pour elles et leurs familles. Elles sont désespérées. Elles meurent de faim et souvent insistent pour se vendre afin de pouvoir manger”, déclarait l’évêque d’origine espagnole.  En rencontrant le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, lors de sa visite à Bangassou, il ajoutait :  “Je lui ai dit qu’il y avait des femmes violées, dont certaines étaient mineures, et que c’était un crime contre l’humanité.”

-Evariste Gamana, le porte-parole du Mouvement politique Cœurs Unis (MCU) :Nous ne pouvons pas comprendre que la Minusca qui est là pour garantir la sécurité de la population civile puisse ne pas agir à ce moment là. C’est regrettable, nous osons espérer qu’à l’avenir la population soit protégée partout sur l’ensemble du territoire “.

-Jan EGELAND, Secrétaire général du Conseil norvégien des réfugié : “Les casques bleus ne peuvent pas faire que d’attendre passivement, en regardant brûler les tentes des réfugiés.”

LA DOUBLE PEINE

Si les choses sont si formidables pour la MINUSCA et que seuls les mauvais coucheurs y verraient malice, pourquoi, inquiet des graves dysfonctionnements en son sein, Jean-Pierre Lacroix, le chef des opérations de maintien de la paix avait-il initié une enquête interne ?

La MINUSCA a rendu complètement anonymes les centrafricains massacrés par ces bandes armées, dont les chefs ont régulièrement le privilège de promenades touristiques dans ses aéronefs.
Ces morts là, ces invisibles, ont un gros défaut. Ils ne sont pas des casques bleus tombés sur le champ d’honneur pour que comme eux, l’on prenne peine de les compter, ou de leur rendre hommage.

Un tel comportement de la MINUSCA, n’est-ce pas cela que l’on appelle du mépris ? De l’absence d’empathie ? Une espèce de double peine pour les survivants, endurant de grandes souffrances après les disparitions brutales des leurs, rendus anonymes de la sorte ?
Même dans les guerres les plus atroces, les belligérants prennent toujours la peine de compter les morts.

Enfin, ceci, c’est pour les chiens ?

Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, le Conseil de sécurité a autorisé la MINUSCA à utiliser tous les moyens nécessaires pour accomplir son mandat, dans les limites de ses capacités et dans ses zones de déploiement.

© Décembre 2018 – LAMINE MEDIA

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