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Analyses

Centrafrique : FACA, une armée mexicaine ou un patchwork ingérable ?

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Plus Tour de Babel que les FACA, y’a pas

Gilles DELEUZE

BANGUI [LNC] – Le 26 dernier, Faustin TOUADERA recevait en audience David BROWNSTEIN, le Chargé d’Affaires de l’Ambassade des États-Unis en Centrafrique.

Et pour parler de quoi ?

D’un programme concernant la formation des Forces Armées Centrafricaines (FACA) par des spécialistes américains.

Et un programme militaire de plus, en sus des russes, de l’EUTM, des français qui par opportunisme viennent de s’y greffer en dernier ressort, et de différents pays africains où des soldats centrafricains ont été envoyés pour y être formés.

LES USA AJOUTENT LEUR ÉCOT

David BROWNSTEIN a expliqué à FAT que le programme d’appui logistique de formation des FACA par les USA durerait trois ans, et serait financé par les USA à hauteur de 12 millions de dollars. L’objectif du projet étant de mettre en place une administration logistique des FACA.

EXTENSION AUX FORCES DE SÉCURITÉ

Pour le Chargé d’Affaire américain, il y est inclus la formation de la police centrafricaine, encadrée par des spécialistes américains. Dans un cycle qui devrait démarrer dès janvier prochain.
Les États-Unis prévoient même de financer la réhabilitation de deux académies centrafricaines des forces de sécurité, à savoir l’École nationale de la gendarmerie et l’École Nationale de la Police.

PAS DU GOÛT DE TOUS

Pour le Colonel Pierre DE LACAN, ancien conseiller militaire de Bokassa dans les années 70, “Tout cela, même si cela relève de très bonnes intentions de soutenir cette armée toujours fictive à se relever, ça n’aide pas. Car trop diversifié, avec des philosophies militaires parfois contradictoires.” Car ajoute-t’il, “une armée doit être formée de manière cohérente, même principes de formation, même armement, afin de lui donner un esprit de corps. Or, avec ces formations hétéroclites et non coordonnées cela ne peut que donner une armée patchwork. Les formations sont EUTM, russe, française, américaine, africaines…C’est la tour de Babel.” Et d’ajouter : “Surtout en RCA où il n’y a jamais eu d’armée républicaine de nom, mais une faction quasi mercenaire, majoritairement tribaliste, au service du dictateur du moment. [….] Abondance de biens ne nuit pas, mais cela doit être coordonné par un commandement central. Ce qui n’est pas actuellement le cas. Le président Touadera ayant décapité l’armée. Depuis il y a un grand flou dans la chaîne de commandement.

© Décembre 2018 – LAMINE MEDIA

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