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Dossier

Centrafrique : DOSSIER/Demandes en cascade de comptes au gouvernement et à la MINUSCA

LA DESOLATION A BATANGAFO

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L’ampleur du carnage à ALINDAO (une centaine de morts), et ailleurs, ne cesse de créer des remous

Dossier élaboré par Justin BELONGO & Firmine YABADA

BANGUI [LNC] – Les politiciens de l’opposition ont emboîté avant hier le pas aux mouvements des associations des ressortissants des zones récemment affectées par les tueries des bandes armées.

Une affaire sociétale, qui s’est finalement convertie en affaire politique. Les politiciens de l’opposition, bien évidemment, trouvaient là le bon filon pour exprimer par ce biais, des frustrations longtemps contenues contre le pouvoir en place.

Séquences des griefs

C’est tout d’abord de la Basse-Kotto, dès le 20 novembre, que le clairon de la contestation sonnait le tocsin contre le gouvernement et de dénoncer la passivité de la MINUSCA.

Et c’est dans un document de trois pages, que la coordination des déplacés et des victimes de la Basse kotto demandait au gouvernement à la MINUSCA et aux députés de la région, de se responsabiliser, afin d’au moins garantir la sécurité de la population. En spécifiant bien qu’il y’avait “non assistance des victimes par le gouvernement”.

Et d’y ajouter d’envisager d’organiser une marche de protestation à Bangui des ressortissants de la Basse Kotto.

Enock Fortuné BINGUIDE, leur coordonnateur :”La coordination des victimes  et des déplacés, ici à Bangui, demande à tous les ressortissants et les victimes et déplacés de la Basse Kotto à Bangui, de s’unir pour une grande marche, afin de demander à la MINUSCA, d’abord le retrait immédiat des mauritaniens basés à Alindao, et les pakistanais basés à Mobaye. Nous demandons au gouvernement d’envoyer très rapidement des forces de l’armée centrafricaine dans toute la Basse-Kotto, et surtout, la prise en charge des victimes et déplacés.”

Le Réseau Pour Le Leadership De la Femme en Centrafrique (RELEFCA) sur les mêmes bases de constat des atrocités en province, également de s’insurger, par la voix de sa présidente Lina EKOMO : “Nous sommes très très préoccupés par ce regain de violence au niveau des provinces. Vous vous souviendrez qu’en date du 8 novembre, nous avions organisé une conférence de presse pour relayer les cris de détresse des populations de l’arrière pays, qui réclamaient le déploiement des forces de défense et de sécurité (FSI) nationales pour les protéger des signaux inquiétant des mouvements de troupes. Et quand nous étions partis en province, ils ont lancé des messages d’alerte. Et aujourd’hui, ce qui se passe est vraiment regrettable. La population civile a été tuée, et les maisons sont incendiées. C’est une situation qui nous préoccupe énormément, et c’est choquant ce que nous vivons en ce moment.

On a l’impression que les populations sont abandonnées à elles-mêmes, et nous nous posons des questions sur le processus de réconciliation qui est en cours. Nous savons qu’il y a eu des accords de cessation des hostilités. Nous savons qu’il y a eu des rencontres à Khartoum; nous savons également qu’il y a l’initiative africaine qui est en cours en ce moment. Mais qu’est-ce qui se passe ? Nous nous posons encore des questions, et jusqu’aujourd’hui nous n’avons pas encore la réponse exacte sur la cause de ce regain de tension.”

Plus radical, Dominique YANDOCKA le premier secrétaire général du mouvement Initiative pour une transformation par action (ITA), n’exigeant ni plus ni moins que la destitution immédiate et sans conditions du gouvernement : “Constatant avec amertume, que cette nouvelle crise n’est que la résultante de la violation des dispositions des articles 34 et 38 de la Constitution par le président de la république. Considérant le manqu de volonté politique, incapacité totale de son gouvernement conduit par M. Simplice Mathieu SARANDJI, à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection du peuple et sécuriser le pays.

Epris de paix et de justice, de liberté de travail, et soucieux du devenir de la République, le mouvement ITA appelle à la destitution immédiate et sans conditions de ce gouvernement pour éviter le pire au peuple centrafricain.

Pour ce faire, le mouvement ITA formule le vœu patriotique pour que toutes les forces vives de la nation, notamment les organisations de la société civile, les partis politiques, les élus de la nation, puissent se retrouver autour d’une table, pour trouver une solution républicaine en urgence.”

BATANGAFO SE SENT MEDIATIQUEMENT ABANDONNEE

Sentiment d’Yves Délor Moussa, le coordonnateur de l’association des ressortissants de BATANGAFO, qui lors d’une conférence de presse estimait qu’il était plus question du drame d’Alindao que de celui de Batangafo, passé au second plan.

Mais comme les autres, mêmes constats, mêmes conclusions, mêmes condamnations : “Nous déplorons l’attitude du gouvernement vis-à-vis de la situation qui prévaut à Batangafo.

Par rapport à la situation d’ALINDAO, c’est cette situation là qui est à la UNE, c’est comme si BATANGAFO appartient à d’autres pays. Ce comportement et attitude marginale de l’action du gouvernement n’est pas bien perçue par les ressortissants de BATANGAFO.

C’est pourquoi nous voulons aussi dénoncer cela. Autre chose, nous demandons au gouvernement de nous envoyer la FACA pour la sécurité de la population civile de Batangafo.

En plus la présence du contingent pakistanais n’est plus apprécié. Nous demandons à la MINUSCA de retirer tout simplement ce contingent en remplacement d’un contingent plu

s professionnel. Et autre chose que nous voulons aussi dénoncer, c’est surtout l’engagement des responsables de la Séléka et Anti-Balaka le 24 février 2010 dans un accord de cessation des hostilités pour laisser la libre circulation à la population de vaquer à ses occupations.”

CA VAUT DES CONCERTS DE CASSEROLES

Rarement unanimité ne s’est faite de la sorte contre le gouvernement et en filigrane, comme un fil rouge, contre la MINUSCA.

Cependant, il est connu que le fonctionnement de la MINUSCA est AUTISTIQUE. Travaillant en vase clos, en autocratie, ne rendant compte à personne dans le pays – Sarandji a assez décrié le fait – et sans envie de modifier quoique ce soit à ce qui ne fonctionne pas.

En attendant, les cadavres d’innocents s’empilent dans l’anonymat et l’indifférence de la MINUSCA, n’ayant même pas la politesse de les compter.

© Novembre 2018 – LAMINE MEDIA

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