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Afrique

REPORTAGE/Situation difficile pour les réfugiés centrafricains au Cameroun

Des réfugiées centrafricaines dans l’attente de distribution des médicaments à Gado-Badzéré, le 6 novembre 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Emmanuel Jules Ntap, envoyé spécial à Gado-Badzéré | V.O.A

Gado Badzéré, un petit village situé dans la région de l’est du Cameroun, à plus de 570 km de Yaoundé, a accueilli plus de 25.000 réfugiés selon le Haut-commissariat des nations unies pour les réfugiés (HCR).

Un groupe de femmes et d’enfants recueille sur le site des réfugiées de Gado-Badzéré de l’eau à partir de l’un des forages aménagé par le Haut-commissariat des nations unies pour les réfugiés. L’eau, sur ce site, est devenue une denrée à utiliser rationnellement.

Sur le site de Gado-Badzéré, des réfugiés recueillent de l’eau au forage, le 6 novembre 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

“Ce forage fonctionne environs dix heures par jours de 6 heures jusqu’à midi, bien après de 14h à 18h. Le besoin en eau n’est pas complètement comblé, nous essayons de faire une utilisation rationnelle avec cette quantité-là”, explique Duopolin Tegou, qui travaille pour l’organisation humanitaire, “Première Urgence internationale”.

Justement, la demande en eau potable des réfugiés est tellement forte qu’elle va au-delà de leur site.

Les ressortissants du village de Gado Badzéré paient les frais de cette situation, selon Emmanuel Oumarou.

Sa majesté Oumarou Emmanuel, chef de village de Gado -Badzéré, le 6 novembre 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

“Avec le nombre de cette population, tout est vraiment difficile. Il faut encore de l’eau, il y avait des bagarres pour l’eau. Les ONGs ont vite agi en creusant les forages, ça a diminué, mais ça continue”, a confié à VOA Afrique, Emmanuel Oumarou, chef de village de Gado-Badzéré.

La vie des réfugiés centrafricains à Gado-Badzéré tiendrait aussi sur un fil.

Ces derniers mois, témoignent deux d’entre eux sous anonymat, on enregistre plus de morts dans leurs rangs à l’hôpital, faute de prise en charge rapide.

Une version des faits que conteste vivement Albert Thierry Benjamin Mvondo, infirmier et chef d’équipe du personnel sanitaire d’ Africa Humatarian Action (AHA), sur le site de Gado-Badzéré.

“Nous sommes en train de quitter de la saison pluvieuse pour la saison sèche. C’est la période la plus propice pour des pathologies telles que le paludisme et les diarrhées”, a ajouté Yvan Amassoso, point focal d’Africa Humanitarian Action, le partenaire santé du HCR , au centre de santé intégré de Gado-Badzéré.

“On peut connaître un boom au niveau de la file active des bénéficiaires que ce soit au poste de santé du site ou au centre de santé publique. C’est ce changement de saison qui est mal toléré par nos bénéficiaires”.

Habitat précaire sur le site aménagé pour les réfugiés de Gado-badzéré, le 6 novembre 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Habitat précaire sur le site aménagé pour les réfugiés de Gado-badzéré, le 6 novembre 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Tous les réfugiés vivent dans le site aménagé par le HRC et n’ont pas droit à la ration alimentaire. Certains depuis 2014. À l’instar d’Idrissa Oumarou qui a deux femmes et trois enfants sous sa charge.

“On a rien comme ça. Depuis le matin, on a rien mangé. On a parlé avec le PAM, mais ils ne sont pas encore revenus. Je demande à manger aux voisins chaque jour”, raconte-t-il le visage amaigri.

Le PAM a répondu qu’il “ne peut pas donner à manger à tout le monde actuellement”. Le programme assiste les réfugiés centrafricains au Cameroun depuis leur arrivée en 2014.

“C’est seulement depuis juillet dernier, que le PAM, a nourrit exclusivement les réfugiés les plus vulnérables sur le site de Gado Badzéré. Ils sont au nombre de 13.360”, a confié à VOA Afrique, Amoah Nana, chef du bureau terrain du PAM dans la région de l’Est.

Le sort des réfugiés centrafricains de Gado-Badzéré pourrait peut-être s’améliorer dans les mois à venir, “avec un don de 130 millions de dollars de la banque mondiale, pour soutenir les concernés et les localités qui les accueillent au Cameroun”, selon Elisabeth Huybens, directrice des opérations de la banque mondiale au Cameroun.

© Novembre 2018 – VOA

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