FAITES UN DON A OCHA RCA
Economie

Centrafrique : Les arnaques des barrières routières perdurent

Barrière de "péage" sur l'axe Bozoum-Bossemptélé

Français | English

Les barrières de pluie du passé ont juste changé de destination.

V.M

BOZOUM [LNC] – Circuler librement en Centrafrique, une fois sorti de Bangui la capitale, c’est entrer dans une jungle de prédation douanière, d’extorsion de fonds par des “hommes en tenue” véreux, et dorénavant, un tiroir-caisse des bandes armées pour dépouiller les transporteurs et les voyageurs, en érigeant des barrières de péage bien à elles.

This slideshow requires JavaScript.

L‘histoire veut que les “barrières” dites “de pluie” sous la colonisation française, puis prolongées encore quelques années après l’indépendance jusqu’à la fin des années 60’, avaient pour but de stopper la circulation sur les routes de province par sécurité, lorsque les routes étaient abîmées par les tornades et les fortes pluies. les routes en question n’étant pas goudronnées.

Ainsi, non seulement ces arrêts contraints pour causes naturelles étaient gratuites, mais autour s’organisaient une vie de “barrières” pour l’hébergement et le bien être des voyageurs. A l’image des relais aux Etats Unis de l’époque du Far West.

MALSAINES MUTATIONS

Vers la fin des années 70′, correspondant à la chute de Bokassa suite à un coup d’état colonial de la France, tout le système s’écroulera, pour se transformer en un édifice de racket mafieux des voyageurs, stoppés pratiquement tous les 20 kms pour se faire extorquer des fonds.

Cas exemplaire, voire même caricatural actuellement à Bozoum, dénoncé par Aurelio Gazzera sur les axes Bangui-Bossemptélé, “300 kms de route en très très mauvais état, mais , 5 péages pour  un “entretien routier”! Mais payer pour un entretien jamais fait ? Avec des dommages pour les voitures et pour les voyageurs.  et donc, de gros dangers pour tous “.

“Sur l’axe Bozoum-Bossemptélé, des travaux de réhabilitation ont été lancés par le Premier Ministre  il y a 20 jours. Et seulement 200 mètres de route raclée jusque là. Le matériel pour les travaux est bien là : une niveleuse (en panne), une citerne et un camion. Il ne reste plus que que 87 kms à faire !”.

L’on pourrait croire en toute logique que le Centrafrique, pays enclavé, ne dépendant que de ses voies terrestres et fluviales pour survivre en prendrait grand soin comme la prunelle de ses yeux, à l’image de  “la voie sacrée” des français durant la guerre 14-18, il n’en est rien. Les barrières de route sont multipliées à souhait, pénalisant le fonctionnement du commerce et de l’économie plus globalement. Sur les voies d’eau, quand ce ne sont pas des gendarmes corrompus qui érigent des barrages, ce sont les Anti-Balaka.

© Septembre 2018 – LAMINE MEDIA

Imagine your best photo ever
To Top