FAITES UN DON A OCHA RCA
Education

Centrafrique : Touadera, inaugure une rentrée scolaire riche en slogans personnels creux !

Français | English

« Un table banc, et un livre pour chaque élève » ! N’est-ce pas bien  joli ?

Firmine YABADA

BANGUI [LNC] – Le président de la “République de Bangui” a lancé hier officiellement et en grandes pompes l’année scolaire académique 2018-2019. une tâche habituellement dévolue au ministre de tutelle, mais pas à Bangui. Touadera hier était en campagne électorale.

This slideshow requires JavaScript.

Et avec un slogan qui se voulait de circonstance pour lui : « Un table banc, et  un livre pour chaque  élève ». Et l’école de “Combattant” dans le 8ème aura servi de cadre à toute cette agitation officielle.

Car outre les membres du gouvernement, les diplomates, les corps constitués et autres officiels, étaient présents différents partenaires internationaux comme l‘UNICEF, l’ONG internationale “World Vision“, ou encore l’Union Européenne. Associations de parents d’élèves, enseignants et une foule de curieux, complétaient pour faire la claque en bon public convié.

Concrètement ?

Touadera une fois de plus a excellé en des phrases creuses dont il a le secret, telles que :

La dotation de nos écoles est un processus qui vise à améliorer les conditions d’apprentissage dans ces écoles“.

Et de manière fort absconse, d’expliquer son slogan du jour : “C’est un slogan qui prend si bien en charge une des préoccupations urgentes et fondamentales de notre offre éducative. 
Cependant, la réalité frappante que révèle ce slogan ne devrait pas éclipser d’une part, les espoirs et les opportunités que nous inspire l’avènement d’une nouvelle rentrée scolaire et, d’autre part, les contraintes et les défis à surmonter en vue d’influencer par l’éducation le relèvement de l’indice du développement humain dans notre pays.” Comprenne qui pourra.

Plus concret, entre les gadgets et des échantillons de kits scolaires offerts par les uns et les autres, un petit appui financier de “World Vision“, 111.000 $, remis au ministère de l’éducation nationale. Une goutte d’eau certes, face à l’immensité des problèmes de l’éducation en Centrafrique (le pays disposant de l’un des systèmes scolaires les plus mauvais du monde), mais c’est gratuit.

Il a été question de promesses encore, comme depuis plus de 40 ans, de grandiloquence verbale, “cette année est placée sous le signe du renouveau et de la relance du système éducatif.” Le verbiage habituel pour se faire plaisir.

Et des provinces, ces zones grises que Bangui ne cesse d’ignorer, une fois de plus, il n’en a pas été question. Pourtant, “là bas”, plus de 70% des enfants ne vont pas à l’école, ou très petitement. Réussir à y faire un trimestre scolaire relève de l’exploit. Sans oublier des programmes scolaires inexistant voire anarchiqueS, et le désert du manque d’enseignants qualifiés. C’est le triomphe des “parents-enseignants”, autant dire, du n’importe quoi !

Point commun à tout le paysage scolaire centrafricain, des établissements scolaires-taudis, insalubres, dont non plus, la question des réhabilitation ne fut pas non plus évoqué. Mais le président n’était pas là pour ça. Il avait son show personnel à mener devant une foule médusée.

© Septembre 2018 – LAMINE MEDIA

Imagine your best photo ever
To Top