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Analyses

Centrafrique : TOUADERA AN II, Un bilan sur fond de corruption politique et du pire au niveau humanitaire

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Aline M’PANGBA-YAMARA & Eve MALONGA

BANGUI [LNC] – Près de 800 millions de F CFA dépensés pour une célébration en grande pompe de la seconde année au pouvoir de Faustin TOUADERA. Événement se voulant national, cette journée de Vendredi a même été déclarée fériée par le gouvernement. C’est dire l’importance de la chose pour le pouvoir en place.

Rien n’est trop beau pour cacher la misère. Dans l’hallucinant irréel et mégalomaniaque, une coupe de football au nom de Touadera pour ses deux ans a même été créée pour l’occasion.

Mais, l’enthousiasme des partisans du président, dits les “Touadérateurs”, est proportionnellement inverse au bilan des deux ans de leur poulain. Si l’on se fie de manière froide à une analyse globale de la situation du pays. Et plus encore au cruel résumé d’ambassadeurs de l’ONU, parlant de “pays fantôme” ou de “gouvernement seulement de nom”.

Dans la mesure ou les bilans à tous les niveaux sont catastrophiques, il fallait “ripoliner” le réel, et combler les vides, les manques, les incompétences, et impressionner le peuple par la logomachie, et la gesticulation populiste.

En deux années à la tête du pays, le bilan de celui aux surnoms de “BABA LANGÔ” = LE PAPA QUI DORT, ou de la TORTUE est assez édifiant : Le pire dans le pays. Du jamais vécu en RCA. Crise humanitaire absolue, 60% des centrafricains subissent la famine, 27% des mêmes sont des déplacés et des réfugiés, 86% du territoire est sous le contrôle des bandes armées, etc..etc. Pour une conclusion résumant le tout, la RCA est devenue le pays le plus pauvre du monde depuis 2017.

Nonobstant tous ces constats désolants, les griots présidentiels trouvent le moyen de bomber le torse, dans une démagogie consommée.

Le pays se meurt, mais ils continuent de faire la fête. 100 millions de F CFA pour mettre un toit sur le monument de Barthélémy BOGANDA à Bangui, une irresponsable fantaisie, pour un pays en banqueroute chronique avec un peuple qui tire la langue.

Bangui vit dans sa bulle, dans les liesses artificielles d’un culte de la personnalité, tout aussi artificiel, construit autour d’un personnage falot et transparent. Juste ne tenant debout que par les bonnes grâces de la communauté internationale; du moins celle qui encore s’intéresse au Centrafrique.

Un “Président”, formé dans le sérail de BOZIZÉ, qui renoue tout naturellement avec les anciennes bonnes habitudes des politiciens  au pouvoir : Bourrage des urnes, démagogie, corruption, détournements de fonds publics, copinage, tribalisme, et autres joyeusetés tropicales.

L’OPPOSITION PAS DUPE

Déjà, dans la capitale, dans les rues, les réactions des Banguissois divergent sur le bilan de cet homme vendu comme le sauveur modeste.

Alexandre N’GUENDET (RPR), un temps soutien de Touadera avant de claquer la porte rigole, tandis qu’Anicet Georges DOLOGUELÉ (URCA), le chef de file de l’opposition, citant tous les avatars vécus par les centrafricains, faisait le point sur Radio Ndeke Luka : “Nous ne savons pas si c’est le mot bilan qui sied dans cette situation. Nous ne savons même pas, si nous vivons toujours dans notre propre pays. Quand j’entends les dirigeants de mon pays parler, j’ai l’impression qu’ils ont créé un pays fictif dans leurs têtes, où tout va mieux, dans le meilleur des mondes.

Je suis triste parce que beaucoup d’argent va être dépensé, pour ce qui devait être au mieux, une journée de réflexion, de remise en question; une journée de modestie et d’actes de contrition; à défaut d’être une journée de deuil.

Au lieu de cela, il y aura des festivités, des tee-shirts distribués à l’effigie du président de la république, une manifestation réaffirmée de ce culte dangereux de la personnalité. Parce que tout l’argent dépensé depuis eux dans des fêtes, aurait pu équiper nos FACA, nos policiers, nos gendarmes.”

TOUADERA LE PETIT TELEGRAPHISTE DES DONS INTERNATIONAUX

Un bilan, quel bilan ? Si faire un bilan de l’action de Faustin Touadera se résumerait à ces promenades internationales, à ses cumuls de femmes et de maîtresses, et plus que tout, à ce dont se gaussent ses thuriféraires, à savoir faire systématiquement de la récupération politiques des actions des ONGs et des institutions internationales d’aide à la RCA, effectivement, la chose peut être conçue comme un bilan.

Mais uniquement pour des esprits limités et les gogos. A part se confondre dans la mauvaise foi.

En deux années, l’on attend toujours les réalisations propres de la présidence Touadera, car elles n’existent pas. 

Selon l’ONU, il serait même le maillon faible du Centrafrique. Il lui a été reproché son amateurisme, ayant fait échouer la désormais tristement célèbre table ronde des bailleurs de fonds à Bruxelles.

A part ça : “Allons seulement !”

© Mars 2018 – LAMINE MEDIA

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