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Edito

TEMPÉRATURE/LA MINUSCA n’est pas là pour sauver les centrafricains

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Aline M’PANGBA-YAMARA
Rédactrice-en-chef

OU QUAND DES MORTS SONT PLUS IMPORTANTS QUE D’AUTRES

Le zèle de la MINUSCA à traquer des chefs rebelles déstabilisant le Centrafrique depuis bientôt 6 ans est très louable.

Quand c’est nécessaire, la puissance de l’organisation sait très bien comment traquer et arrêter un individu dans le pays, et où qu’il soit e t se cache. Cas récent, celui d’un chef Anti-Balaka arrêté Vendredi vers la ville de Bria.

A une simple exception, ce zèle est sélectif. Pour quelles raisons ?

Car étonnamment, des chefs de guerre, aussi bien Anti-Balaka et surtout Séléka and co, sont libres comme l’air. Pourtant coupables de milliers de meurtres de centrafricains, avec un pic en 2017, frisant les 3.000 morts (Chiffre que la MINUSCA ne confirmera ni n’infirmera, vu qu’elle ne compte pas les morts des civils en RCA. Ref. Propos de son chef militaire Balla KEITA).

Au delà, pour en ajouter, ces criminels de masse sont estimés être des partenaires présentables pour discuter de « paix ». Un mot bien curieux dont tous usent, sans bien en connaître le fondement, et encore moins les tenants.

En visite en RCA actuellement pour 6 jours, François Fall, le Représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU, braillait cette phrase comme une incantation : “Il faut un plan de paix, il faut qu’on arrête la guerre et que les armes se taisent en Centrafrique”.

Mais avec quel contenu concret pour y parvenir ?

Ali DARASSA, un seul exemple, protégé à Bambari, puis ex-filtré ailleurs par la MINUSCA. Depuis, ses troupes ont multiplié les sévices contre les civils dans le pays.

Autre tête de gondole nuisible, et très certainement la plus dangereuse, car très intelligente, Nourredine ADAM. Lui peut décider de qui ou de pas qui de l’administration de Bangui peut venir traîner ses sandales dans ses zones sous contrôle.

Du deux poids deux mesures ? Pas du tout.

Explication très simple. La MINUSCA ne poursuit que les rebelles qui osent s’en prendre aux casques bleus. Autrement, on copine ensemble.

Les responsables de meurtres des populations ne sont pas poursuivis.

Tout un chacun peut le constater.

LES DISTRACTIONS

Passe encore que TOUADERA sans même sans rendre compte, l’habitude, cautionne l’impunité encore il y a peu, en déclarant lors de l’intégration de rebelles convertis dans l’armée : « Vous n’êtes plus les bourreaux des populations… ». Mais s’ils ne sont plus des bourreaux, c’est bien qu’ils l’ont été non ?

Mais les agissements de la MINUSCA, ne réagissant qu’en situation d’auto-protection, au détriment de celle des populations, lui ôtent tout titre de « Force de la paix ».

D’en déduire donc que toutes ses actions périphériques afférentes, DDR, DDRR, etc.. ne resteront que des pis-allers, au mieux des distractions, aussi longtemps qu’elle ne s’attellera pas à sa tâche, à sa mission, celle de STOPPER LES BANDES ARMÉES, ET DE LES DISSOUDRE.

C’est dans son mandat, et non dans un imaginaire journalistique.

Plus grave, elles nuisent au grand travail humanitaire et social des organes onusiens que sont le PNUD et l’OCHA.

Parfait ONANGA-ANYANGA a raison de dire que la crise en RCA va encore durer longtemps. Il sait de quoi il parle. La MINUSCA qu’il gère ne protège pas les populations centrafricaines, mais elle-même, uniquement elle-même.

A ce jeu pervers d’enfumage, ou la MINUSCA est à la fois Juge et partie il est clair que la crise va durer.

Un casque bleu qui se fait tuer, est bien plus important que des milliers de centrafricains anonymes assassinés dans la brousse, ou des humanitaires tués dans l’exercice de leur sacerdoce.

Que disait en Septembre dernier Joanne Mariner, conseillère principale sur la réaction aux crises à Amnesty International ?Des femmes sont violées, des hommes sont tués, des villages sont détruits et la force de maintien de la paix des Nations unies s’avère incapable d’enrayer ces violences.” 

LIRE AUSSI : Centrafrique : Mobaye (Basse-Kotto), un inquiétant précédent de résolution de conflits

© Mars 2018 – LAMINE MEDIA

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