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Analyses

Centrafrique : Pactes de non-agression entre les bandes armées, la dangereuse fausse bonne idée

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Aline M’PANGBA-YAMARA
Documentation : Isidore M’BAYO

PARIS [LNC] – Les bandes armées qui scellent entre elles des accords de non agression mutuelle, un phénomène applaudi, conforté et appuyé par la MINUSCA, et sous les vivats des autorités locales. Mais personne parmi les forces en charge du retour de la paix en RCA ne tire les conséquences de ces pratiques sacralisant et pérennisant les bandes armées.

OU COMMENT LES BANDES REBELLES FONT DANSER LA GIGUE A LA MINUSCA SELON LEUR TEMPO

Les Centrafricains vont devoir dorénavant s’habituer à la banalisation des bandes armées essaimées dans le pays. Leurs présences sont automatiquement légalisée par la MINUSCA, qui appuie ces genres d’initiatives. La force onusienne, dont la mission à la base était de les éradiquer, se confond dans une confusion de genres, en se rendant complice de la sacralisation de bandes criminelles. Ce qui de facto, rend utopique tout retour de la légalité et de l’état de droit dans le pays, renvoyés aux calendes grecques.

VISIONS A COURTE VUE

DEUX FAITS MARQUANTS : 1- A Bouar dans la Nana-Mambéré, les 3R (Retour, Réclamation, Réhabilitation) et les Anti-Balaka ont pérennisé le 4 dernier leur pacte de non agression signé le 15 décembre 2017. Cela avec toujours l’appui de la MINUSCA.

Le “général” Sio, numéro 2 des 3R s’en félicitait : “Il  n’y a plus eu d’agression entre les Anti-Balaka et les 3R. Il y a maintenant la libre circulation, beaucoup de personnes ont déjà regagné leurs anciennes résidences.

2- A Batangafo (Ouham), Séléka et Anti-Balaka, là aussi ont signé le 22 février dernier un accord de cessation des hostilités dans la région. Et bien évidemment, un acte chaleureusement ici aussi, salué par la MINUSCA.

Lors de sa conférence de presse hebdomadaire, Vladimir MONTEIRO son porte parole déclarait ceci :

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Vladimir MONTEIRO

“Les Anti-Balaka et les ex Séléka de Batangafo ont décidé de mettre fin aux violences qui agitaient le ville depuis juillet 2017. Le 24 dernier, le coordonnateur du FPRC, et deux com-zones, pour ce qui est des Anti-Balaka ont signé cet accord en présence du sous préfet, et du maire de la ville. Conformément au document, les deux groupes  s’engagent sous la supervision de la MINUSCA à respecter la libre circulation des biens et des personnes, à promouvoir une collaboration entre les groupes armés, et à permettre un retour des déplacés internes dans leurs localités respectives. Ils souhaitent également la mise en place d’un comité de suivi, et le lancement rapide et immédiat, du projet de réduction de violence communautaire. Tout en saluant ce pas important, la MINUSCA appelle ces deux camps à respecter leurs engagements pour que les communautés de Bantagafo puissent retrouver le calme.”

Des propos qui auraient un sens, si, nous avions affaire à des entités reconnues légalement par l’état centrafricain. Si 85% du territoire n’était pas sous le contrôle de ces groupes armés, et plus que tout, si ces groupes ne s’étaient pas rendus coupables de meurtres de milliers de centrafricains. En cautionnant ces assassins faussement repentis, la MINUSCA s’en rend complice.

D’en conclure donc que les propos de M. Monteiro sont complètement hors sol et ahurissants.

Dès lors, à quoi sert la MINUSCA, hormis n’être qu’une mécanique folle, sans plans, sans directives, sans analyses, sans visions, se laissant instrumentaliser par des bandes d’assassins à leur guise ?

Nous en sommes donc au constat d’un aveu d’incompétence d’une entité subissant le rythme que lui imposent des forces qu’elle est censée combattre, en respect du mandat onusien l’ayant envoyée en Centrafrique. Et in fine, une radicale négation de l’autorité de l’Etat. Ne parlons même pas de l’impunité entretenue.

© Mars 2018 – LAMINE MEDIA

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