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Politique

TEMPÉRATURE/Qui veut la peau de Jean-Serge BOKASSA ?

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Gilles DELEUZE

BANGUI [LNC] – Au constat froid, un ministre en guerre contre son propre gouvernement, c’est du jamais vu. Cœur d’une grave crise dans un gouvernement fantôme, cela est plus intégrable. Toujours est-il que, et le président centrafricain, et son premier ministre ne réagissent pas, comme si rien ne s’était passé, face aux ouvertes provocations du ministre Bokassa.

Dernière production en date, voici ce que Jean-Serge Bokassa écrivait sur le mur de son Facebook, en commentant la parade de deux chefs d’auto-défense du PK5 à Bangui, scellant une fausse réconciliation récemment :

“Il m’est impossible de passer sous silence mon indignation face à cela !!! Comment peut-on tolérer pareille chose ? Et pour ceux qui gouvernent (c’est à dire malheureusement NOUS!) on en est fier !!!
Même si le ridicule ne tue pas, nos erreurs, elles, auront raison de nous.”

JUSQU’À QUAND ?

La question à se poser, c’est bien jusqu’à quand cette farce des apparences d’un ministre ouvertement opposant à son propre gouvernement durera-t’elle ?

Manifestement, démissionner, pas encore dans les visées de JSB, sans, selon nos sources, appréciation de la situation préalablement en prenant conseils auprès des siens, afin de bien préparer et sa sortie, et sa reconversion hors du gouvernement.

Côté présidence, on temporise. Et pour cause, le dossier Jean-Serge Bokassa est une sale épine dans les pieds de TOUADERA, qui s’est fait manoeuvrer comme un bleu par son premier Ministre Sarandji, dans “l’affaire de Berengo”, devant constituer, avec la complicité lointaine de Catherine Bokassa, un piège dans lequel JSB devait tomber.

Comme il n’est plus question de sauver les apparences en parlant de solidarité gouvernementale, ce qui ferait rire tout le monde. Au palais, on cherche une sortie honorable pour sauver la face. Car le piège a capoté.

Jean-serge n’a pas trébuché dedans. Bien au contraire, cela l’a conforté dans ses convictions et rendu bien plus vindicatif.

Commentaire d’un diplomate français, grand connaisseur des affaires politiques centrafricaines : “C’était crétin comme manière de faire. Etre trahi par les siens, il en est conscient, comme des mois durant, il aura accumulé les frustrations et les humiliations. Touadera a sous estimé sa force de caractère. Et là, il réalise aussi la puissance de sa famille derrière lui. La fratrie des lobayens, avec la famille élargie peut être redoutable comme moyen de lobbying. Négliger cela, serait se rendre la vie très difficile, et s’ouvrir à des lendemains agités. Et ça a mis à jour la fragilité du pouvoir politique de Faustin TOUADERA, ne tenant qu’à un fil. Le piège pour l’ostraciser s’est retourné contre Touadera. Pour cela qu’il y a un cet étrange et dangereux status quo.”

IMPLOSION DU GOUVERNEMENT

Pour parodier une chanson de France Gall, JSB est libre dans sa tête.

Car c’est désormais lui qui a toutes les cartes en mains, quoiqu’il décide de faire.

Rester dans le gouvernement malgré tout, une option pour plus encore le ridiculiser; après les saillies humiliantes subies à l’ONU. Démissionner, et là, tout l’édifice gouvernemental pourrait imploser, à part se perpétuer dans le ridicule.

Et donc automatiquement, pousser à regarder devant, à songer aux voies et moyens pour faire disparaître TOUADERA et son pouvoir fantomatique.

Ce n’est pas Anicet DOLOGUÉLÉ qui viendra s’en plaindre, ni encore moins venir pleurer sur le cadavre politique de Faustin TOUADERA.

© Mars 2018 – LAMINE MEDIA

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