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Sports

ANALYSE/Centrafrique : La chienlit des pratiques sportives nationales

Joseph DECALO
Documentation : Sofia VAN DEN BROECK
Coordination : Fatima K. LAMINE

BANGUI [LNC] – Qui comprend quoi aux processus des pratiques sportives en Centrafrique ? Entre ligues de Bangui, ligues locales et autres sous ligues, des compétions qui s’empilent sans coordination, les observateurs se grattent la tête.

Exemple très parlant, le cas du Football. En Centrafrique, il n’existe pas de championnats nationaux, tous sports confondus. Comme tout étant concentré dans la capitale, il en ressort tout naturellement que les ligues les plus puissantes sont celles de Bangui. Ceci, sans parler des noms de clubs plus fantaisistes les uns les autres. Ou plus amusant, le nom du célèbre club les “Diables de Fatima” transformé en “Anges de Fatima” afin de ne pas déplaire aux lobbies religieux très hégémoniques dans le pays.

Cependant, même là, l’on y assiste à des pratiques farfelues, avec des championnats démarrant et finissant à des dates farfelues. Ce qui ne facilite pas une bonne coordination avec les pratiques internationales. Le championnat de la ligue de football de Bangui vient de démarrer, et nous sommes au mois de mars.

Les internationaux ne le sont qu’issus de Bangui, car les sportifs de province n’ont jamais été pris en compte. Ils ne sont donc pas représentatifs de la carte du sport national. Olympique Real, alias “les fiancés”, champions de Bangui seulement, représentaient le pays en ligue des Champions. On marche sur la tête.

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FRANÇOIS PEHOUA

Des désordres constatés, qu’un cadre du ministère de la jeunesse et des sports déplore sous anonymat : “Vous dénoncez là un problème qui n’est pas nouveau. Ca a toujours été comme ça chez nous. Dans aucun sport il n’existe de championnat national couvrant tout le pays. Il faut aussi des infrastructures sportives dignes de ce nom. Tout ce que nous avons ne vient que de dons, à commencer par le complexe Boganda à Bangui. Ca s’explique par notre état de pauvreté. Pour mettre en place de vrais championnats, il faut des moyens de déplacement, des routes correctes pour que les équipes puissent voyager. Et ça ce n’est pas possible. En plus, vous connaissez la situation sécuritaire. Maintenant, depuis quelques années, il y a des ligues locales un peu anarchiques. Chacun fait ce qu’il veut, et c’est un problème, je le reconnais. Mais par dessus tout, il faut une volonté politique afin de mettre de l’ordre. Pour le moment, ce n’est pas une priorité du gouvernement. Le sujet n’est même pas abordé. Personnellement je le regrette.”

SPORT LE PARENT PAUVRE

Navigation à vue, le sport centrafricain a toujours dépendu des humeurs ou de la volonté de ses bienfaiteurs, privés ou publics, cas du  club de  basket, le HIT TRÉSOR SC, qui par deux fois a gagné la Coupe africaine des champions par deux fois en 1973 et 1976, sous la houlette de son mentor Feu François Pehoua aka « Boston ». Ou encore de Bokassa, qui lui avait placé le sport en tête de sa stratégie politique, en constamment appuyant les équipes nationales. Mais lui non plus, n’avait jamais songé à mettre en place de véritables championnats nationaux.

Pourtant, en RCA, le sport reste le seul vecteur de cohésion sociale, bien mieux que toutes les inutiles campagnes de sensibilisation, à ceci ou à cela; en associant toutes les communautés dans une unique communion, dans un pays complètement explosé. Une donnée non prise en compte par les instances politiques aux affaires, toujours en quête égoïste de manœuvres d’instrumentalisation politique du sport, que pourtant, elles ne soutiennent pas.

Or, nonobstant un contexte déprimant, les sportifs centrafricains ont réussi à de nombreuses reprises à glaner des titres continentaux, le basket-ball en tête, premier sport du pays,  talonné par le football.

© Mars 2018 – LAMINE MEDIA

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