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L’UNICEF reconnaît enfin ses fautes dans les affaires d’abus sexuels d’enfants en Centrafrique par les Sangaris

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Une enquête vient de démontrer que les enfants étaient des sans domiciles fixes et déscolarisés, en dépit de l’assurance de l’ONU de les protéger.

L‘UNICEF, l’agence onusienne en charge de la protection de l’enfance a admis des carences dans son assistance humanitaire aux enfants sexuellement abusés par des soldats français de la SANGARIS en République centrafricaine.

C’est l’Unicef Pays Bas qui est la première à reconnaître publiquement dans un récent communiqué, l’échec de l’agence à apporter le soutien nécessaire à certaines des victimes de viols présumés par des soldats français en RCA. L’ONU pointé du doigt pour la mauvaise gestion en interne de ce dossier par son personnel.

L’Unicef avait le devoir de superviser le soutien aux enfants qui lui avaient déclaré avoir été violés par des soldats français.

C’est en mars dernier qu’une enquête de la télévision suédoise dénommée “Granskning” (la Mission Examine), et d’ailleurs primée par du prix “Uppdrag” qui a dévoilé les faits.

Les enfants censés être sous la protection de l’ONU étaient en fait des sans abris, n’allant pas à l’école, et donc forcés de survivre dans la rue;  et ce, en dépit de l’assurance de l’ONU qu’ils seraient protégés. Le représentant de l’UNICEF CENTRAFRIQUE dans un flagrant mensonge, de déclarer que les enfants étaient intégrés dans le programme d’aide de l’agence pour les mineurs, et étaient soutenus. Et ajoutant qu’il ne savait pas que certains vivaient dans la rue.

Mais au début de ce mois – Unicef Pays Bas, après avoir visionné l’émission en avant première, a reconnu l’échec à l’aide à apporter à certaines victimes présumées. Et annoncé que depuis la diffusion de l’émission, que des mesures ont été prises pour tenter de localiser ces enfants, devant normalement être dans le programme d’aide de l’agence pour leur apporter toute l’aide utile.

Marieke van Santen, productrice de ‘Zembla TV’, a trouvé le film suédois complètement  “stupéfiant”. Parce que ces enfants avaient été entendus par l’UNICEF, et pourtant, personne ne s’est soucié d’eux.

Van Santen d’ajouter: “C’est complètement choquant de se rendre compte que pas une, mais deux agences onusiennes ont failli dans l’aide à apporter à ces victimes.”

Pour Karin Mattisson, une journaliste de la mission d’enquête, le communiqué de l’Unicef Pays Bas est le bienvenu : “J’espère que cela fera la différence pour ces enfants, et leur donnera de la force. Ils avaient dit qu’ils étaient abandonnés.”

Plusieurs garçons qui ont témoigné avoir été victimes d’agressions sexuelles par des soldats français vivaient à la dure. Mattisson a même trouvé une fille, qui est tombée enceinte à l’âge de 14 ans d’un soldat congolais de la MINUSCA, et découvrira plus tard qu’elle était devenue séropositive. Elle ne va plus à l’école, obligée de s’occuper de son bébé. Un garçon, d’à peine 8 ans, tellement traumatisé que dans l’orphelinat où il vit, il ne peut pas répondre aux questions qu’on lui pose.

“J’espère qu’ils sont en accord avec cette déclaration,” a-t-elle dit. “Parce que quand nous avions enquêté au sein de l’ONU et de  l’UNICEF, ce fut un long voyage dans leur culture du silence.”

Certains des enfants que Mattisson avait interviewés lui ont affirmé avoir donné toutes les preuves aux fonctionnaires de l’UNICEF enquêtant sur les accusations de viols par des soldats français, qui même si ne faisant pas partie de la MINUSCA, étaient sous le contrôle du Conseil de sécurité. Depuis, d’autres cas d’abus sexuels présumés et d’exploitation de mineurs par des casques bleus de L’ONU se sont révélés.

L’agence a été sous les projecteurs pour ses failles dans la protection des enfants victimes en Centrafrique en 2015. C’est un panel d’enquêteurs indépendants qui avait mis à jour les défaillances de l’ONU pour répondre aux allégations d’abus sexuels d’enfants par des soldats français, et déclaré que c’était “une grave faillite institutionnelle”.

Il est également admis que l’Unicef et les équipes des Droits de l’Homme en RCA ont manqué à leur mission d’assurer des soins médicaux aux enfants et de l’aide humanitaire. “Ils ont failli pour prendre les mesures susceptibles de protéger les autres victimes”.

L’Unicef réagit en déclarant “profondément regretter les failles”.

Avant de diffuser leur film en Hollande, la chaîne Zembla s’était demandée si l’agence avait vraiment mis en place des changements. “Nous voulions comprendre cela, et nous voulions aussi savoir ce qui s’était passé après la diffusion du document,” précise Van Santen.

Le communiqué d’Unicef Pays Bas publié par Zembla déclare :

“Avant tout, ce qui s’est passé en Centrafrique est horrible. Des enfants ne devraient jamais être victimes d’abus, de violence et d’exploitation. C’est terrible que cela se soit passé, et que l’aide à apporter fut insuffisante.”

Il y est encore écrit que depuis mars, une attention soutenue est apportée aux rapports des cas d’abus sexuel, et que des efforts avait été intensifiés pour fournir des soutiens aux victimes d’exploitation sexuelle, y compris l’assistance médicale, psychosociale, l’aide alimentaire et une attention à l’éducation. Soulignant “les conditions difficiles” de travail en RCA, un pays d’une pauvreté extrême, où la violence y est excessive, comme piégé dans une longue guerre civile.

En tant que la plus grande organisation d’aide aux enfants ici, nous avons une énorme responsabilité. Nous devons continuellement veiller à faire notre travail le mieux possible.”

Un communiqué du quartier général de l’UNICEF déclare qu’il avait pris en compte les affaires exposées par le documentaire suédois et avait fourni de l’aide “partout où c’est nécessaire”.

Source: The Guardian

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