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Centrafrique : Markounda (Ouham), un nouveau “Paoua”, ça va mal, ça va très mal

Isidore Mbayo – Eve Malonga

BANGUI/MARKOUNDA [LNC] – La déclaration d’Armel SAYO (RJ) le 2 février, de son intention de déposer les armes dans les violents combats dans la région Nord de Paoua contre les hommes de Ahamat BAHAR (MNLC) est restée vaine. Et pour cause, le RJ qui combat dans l’Ouham et l’Ouham-Pendé n’est pas celui de SAYO, mais sa branche dissidente de feu Raymond Belanga, qu’en passant Sayo avait tenté en vain de faire assassiner pour désobéissance. Donc simple mensonge et fumisterie, salué pourtant par la MINUSCA.

(Lire aussi : Quand Armel Sayo tente de faire assassiner ses anciens compagnons)

Sur le terrain, rien n’a changé en mieux. Les miliciens du RJ errent toujours en brousse et se transforment “zaraguinas” coupeurs de route, pour s’attaquer aux camions de transport qui passent. Manière de s’approvisionner durant leur guerre sans merci contre Bahar.

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Depuis le début de l’année, les heurts entre les RJ et les MNLC sont de plus en plus violents. Les axes Kouki-Bodjomo-Markounda, Markounda-Nanga et Boguila-Nana Bakassa sont impraticables. Devenus zones de guerre, et donc vidés de leurs populations. Les villages entre Kouki et Markounda ne sont plus que des cités fantômes.

Les conséquences sont tout simplement catastrophiques. Les cadavres qui pourrissent dans la brousse ne sont plus comptés, ni même enterrés. Un chef de village avait osé avancer le chiffre d’au moins 400 morts. Une exode de plus de 70.000 personnes en moins de 3 mois aura convergé sur Paoua, totalement débordée.

Et les regains de violence de ces derniers jours viennent d’en rajouter d’autres, plus de 7.400 selon le le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) sont arrivés à MARKOUNDA dans l’Ouham.

A Bangui, hier, lors du souhait de ses vœux de Bonne année à la Presse, le CICR par la voix de Jean-François Sangsue, le chef de la délégation en RCA a annoncé qu’une première assistance a été apportée à ces personnes, en interaction avec Médecins Sans Frontières (MSF).

“Les conditions de vie de ces nouveaux déplacés à Markounda sont extrêmement difficiles [..] Les familles sont confinées dans des huttes de fortune. L’unique centre de santé à Markounda a été pillé dès le déclenchement des hostilités, il n’y a pas assez de douches et de latrines” a ajouté Jean-François Sangsue. Et donnant aussi une mauvaise nouvelle en déclarant  que le CICR allait fermer sa base à Birao dans la Vakaga. Estimant que  la ville de Birao n’était plus une zone prioritaire.

En vérité, devant l’ampleur inouïe de la crise, le CICR ne pouvant faire face à tout, s’oblige à hiérarchiser ses priorités en fonction des urgences.

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© Février 2018 – LAMINE MEDIA

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