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Afrique

Cameroun : Yaoundé joue les bons offices entre la RCA et la Guinée équatoriale

Michal Mamadou

YAOUNDÉ  [LNC] – La grosse colère du vieux dictateur équato-guinéen ne retombe toujours pas depuis le coup raté de Malabo. Du coup, les relations entre le Centrafrique et la Guinée Equatoriale se sont terriblement refroidies depuis le début de l’année. Elles sont même glaciales. Aussi, c’est le Cameroun qui officie en tant que diplomate, afin d’apaiser les vives tensions et éviter un isolement de Touadera dans la sous-région. Ce qui serait catastrophique.

Du côté du Palais Rose à N’Djamena au Tchad, pas vraiment solidaire, Idriss Deby pris dans des tourments sociaux en interne (crise économique larvée, grèves, manifestations…), s’en lave les mains. En confiant récemment à des proches que “le coup venait bien de Bangui.” Ce qui ne faisait qu’appuyer les certitudes de Malabo sur les identités des commanditaires présumés.

TOUADERA SE DÉPATOUILLE DANS SES LIAISONS DANGEREUSES

Faustin TOUADERA avait beau se précipiter chez le président équato-guinéen pour se justifier, jurer ses grands dieux de son innocence. Rien n’y fit. Les autorités de Malabo ne décolèrent toujours pas contre le Centrafrique.

Agapito Mba Mokuy, son ministre des Affaires étrangères s’en était ouvert à la mi-janvier à son homologue camerounais Lejeune Mbella Mbella à Yaoundé. Ce dernier depuis de s’employer de son mieux pour tenter des médiations pacifiques.

Le Cameroun avait donc pris la relève, en convoquant des ministres centrafricains pour les auditionner. Le 18 janvier, trois ministres centrafricains – Marie-Noëlle Koyara (Défense), Flavien Mbata (Justice) et Henri Wanzet Linguissara (intérieur) – faisaient le court déplacement pour une réunion au sommet, au prétexte officiel de discussions sur la sécurité sous-régionale. En réalité, c’était la crise centrafricano-equato-guinéen le sujet vedette.

C’est le frère d’un très proche du président centrafricain, très proche qui par ailleurs a financé sa campagne électorale qui est impliqué jusqu’au cou dans le complot.

Il s’agit d’Hamed Yalo, dit “Dada”, frère de Sani Yalo, qui lui, pour beaucoup de personnes, traîne depuis des années une réputation très sulfureuse.

Or, c’était ce Hamed Yalo qui était en charge du recrutement des mercenaires pour le coup d’état. Pour Malabo, son grand frère ne pouvait pas ne pas le savoir. les deux frères étant très liés. Et en conséquence, Faustin Touadera ne pouvait pas non plus ne pas avoir su.

Sani Yalo l’avait en fait avoué à moitié début janvier à l’hebdomadaire Jeune Afrique : « Nous avons été informés que des Centrafricains étaient impliqués dans une tentative de déstabilisation. Nous avons donc prévenu les autorités des pays concernés, le Cameroun et la Guinée équatoriale. Si mon frère est un terroriste, il faut le traiter comme tel. Je n’ai pas d’états d’âme », déclarait-il.

Et dans son “Nous”, il incluait le président centrafricain.

Mais au ministère de l’intérieur à Malabo, personne n’a confirmé réception d’une telle information de Mr Yalo, et au Cameroun non plus.

La mission de Lejeune Mbella Mbella est très délicate, il le reconnaît lui-même : “C’est compliqué. Prions qu’avec le temps les esprits s’apaisent.”

A Bangui, Faustin Touadera, fidèle à sa réputation de “tortue” ne pipe mot sur le sujet. Ce qui ne fait que donner libre court aux spéculations de toutes sortes sur son compte et sur ses liaisons dangereuses.

English version

© Janvier 2018 – LAMINE MEDIA

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