FAITES UN DON A OCHA RCA
Analyses

TEMPÉRATURE/Les africains sont-ils intelligents ?

Fatima K. LAMINE

BOSTON  [LNC] – Question certes provocatrice en apparence pour les africains, réputés être si susceptibles, mais qui, néanmoins, méritait, l’espace d’un instant de se poser. Ceci, sur des constats, purement et simplement objectifs. les pays de l’Afrique sub-saharienne sont dans l’immense majorité, toujours bloqués au moyen âge. Une partie du monde qui n’avance pas, mais qui recule, année après année. De quoi donner du blé à moudre à tous les théoriciens raciaux de la planète.

Mais difficile de ne pas se poser à soi-même la question qui fâche :

“Les africains sont-ils vraiment intelligents ?”

Le continent africain reste le dernier réduit de la planète où perdurent les coups d’état, où s’y perdurent des despotes dictateurs sanguinaires, des élections systématiquement truquées, où l’éducation une simple vue de l’esprit, où les femmes sont chosifiées par la pratique décadente de la polygamie, où la pauvreté est devenue endémie chronique, où des peuples cultivent férocement la haine naturelle de l’autre….Etc..La liste est longue.

Résultat de recherche d'images pour "james watson racism"Et le plus célèbre de tous sur le sujet pour y répondre, ce fut sans doute James Watson, un américain, biologiste et généticien,  récompensé même en 1962 par le prix Nobel pour avoir explicité la structure en double hélice de l’ADN. A priori, c’était du lourd.

Que racontait ce monsieur ? C’était en 2007, dans le journal britannique de gauche en plus, “The Independent“. Ce qu’il avait dit en version originale :

“All our social policies are based on the fact that their intelligence is the same as ours – whereas all the testing says not really”.

“toutes nos règles sociales sont basées sur le fait que leur intelligence (aux africains) était le même que le nôtre – bien que tous les tests affirment le contraire.”

Ainsi, Watson estimait que “les politiques d’aide à l’Afrique noire ne peuvent pas fonctionner car elles reposent sur l’idée que les Noirs sont aussi intelligents que nous; or toutes les données prouvent le contraire”.Ce qui revenait à dire que c’était perdre son temps et son argent à aider ces débiles indécrottables.

Toutefois, dans l’article, le Le quotidien britannique rappelait que les preuves scientifiques que brandissait Watson étaient tout sauf incontestables. Ajoutant : “La littérature scientifique exposant des arguments en faveur d’une infériorité raciale des Noirs est abondante. En règle générale, elle repose sur des tests de QI dont on ne sait jamais ce qu’ils mesurent exactement, entre influence du milieu, éducation, préjugés sociaux, capacités personnelles.” D’ajouter également : “Dans un ouvrage limpide, The Mismeasure of Man (1981) [La mauvaise mesure de l’homme], le grand chercheur Stephen Jay Gould montrait d’ailleurs comment ces méthodes sont biaisées et peu scientifiques.”  SOIT !

 CEPENDANT….

Les apparences sont contre les africains, et les noirs en général dans sa diaspora planétaire, aussi bien en Afrique que hors d’Afrique. A tel point qu’ils se caricaturent eux-mêmes dans l’entretien des idées reçues les concernant, par toujours à accorder la primauté à des considérations superficielles, émotionnelles et d’apparence.

C’est à ce propos que nous avions interrogé un sociologue américain à Boston (USA – Massachusetts), très connu pour ses connaissances des problématiques du tiers monde, pour recevoir ses avis. Par prudence, il a exigé l’anonymat, du fait d’être un fonctionnaire de l’Etat, tenu a une certaine forme de retenue, et surtout en ces temps précise-t’il : “Ou ici aux USA, le président Trump a libéré la parole sans retenue à tous les racistes du pays. Comme chez vous en France avec marine Le Pen.”

“Pour moi, l’approche de ce sujet n’est pas la bonne. Les apparences sont incontestables et pencheraient pour la confirmation du fait que les noirs ne seraient tous que des idiots, la bite en avant, et toujours prêts à découper à la machette toute personne faible qui les contrediraient.  Le moindre rappeur avec un peu de succès, s’ingéniera à afficher ses signes extérieurs de richesse, avec de grosses bagues, des colliers énormes, et le tout bien évidemment en or. Un Puff Daddy qui ne peut se déplacer qu’en avion privé, ou le pire de tous, un Michael Jackson qui se détestait tellement en tant qu’homme noir, qu’il a fini à force de transformation par devenir une espèce d’hybride extraterrestre. Au Congo, il y a eu la mode des sapeurs, la société des personnes élégantes. En bref, la culture des apparences, de l’imbécilité, de la violence et du tape à l’œil.

Je suppose que pour vous, c’est le cas des noirs africains qui semble être votre focus. Il y a au moins 5 siècles, on cuisinait au feu de bois. qu’est-ce qui a changé là bas ? Hormis quelques îlots de dictature en Asie, l’Afrique est le seul endroit où les coups d’état sont monnaie courante, et où des individus s’accaparent du pouvoir ad vitam aeternam. Comprenez bien que je ne fais que là décrire des réalités. Les guerres civiles sont pratiquement sans fin. A tel point que l’on se demande s’ils seront un jour capables de se gérer eux-mêmes. Un argument quelque part fallacieux, dont se sert la France pour maintenir toujours ses anciennes colonies sous sa coupe serrée.

Qui peut comprendre raisonnablement, parlant de la RCA, que ce territoire qui a été le pire endroit des exactions coloniales continue encore de vénérer leurs anciens bourreaux ? j’ai en mémoire des paroles de Charles De Gaulle qui n’hésitait pas à dire publiquement que ces gens n’étaient que des sauvages. Et pourtant, lorsque l’on parcoure l’Afrique francophone, le nom De Gaulle y est toujours vénéré.

Bien, on peut pousser encore longtemps le récapitulatif des décadences, mais pour moi, ce n’est pas le plus important. Parce que ce ne sont que des effets de problèmes dont les sources sont bien plus souterraines.

Cela n’est pas une histoire d’intelligence, supérieure ou inférieure des uns par rapport aux autres, mais de ce que j’avais nommé “un bain culturel”.

En sociologie, l’on sait que personne n’évolue tout seul dans son coin, subir les influences des autres. Il est toujours quelque part le produit de son environnement. Qui peut être motivant, ou déprimant. Et cela nécessite l’existence de modèles à suivre ou à éviter en toutes connaissances de cause. Mais aussi, de phénomènes d’entraînement de groupe. Vivre en société, c’est cumuler des traumatismes qui nous façonnent. Sans entrer trop dans les détails, je dirais que, intelligent ou pas naturellement, cette intelligence sera boostée ou freinée par le bain culturel dans lequel nous évoluons.

Prenons l’exemple d’un africain né aux USA, mais mieux pour la situation qu’est la vôtre, né en France. S’il ne se rend dans le pays de ses ancêtres qu’à l’âge adulte, il subira un gros choc culturel.

Les apparence bien sûr, les saletés, les manques d’entretien et toutes ces sortes de laisser aller qui font toujours le quotidien de l’Afrique, la mal gouvernance, les infantilismes comportementaux vont le choquer.

Mais plus que tout, ce qui l’offusquera, au delà de sa vision du monde à l’opposé de tout cela, ce sera la capacité à l’irrationnel des africains. Il réalisera vite que ses approches existentielles des réalités et des relations humaines ne sont pas du tout les mêmes que les leurs.

L’autre perdu dans la décadence serait-il moins intelligent que lui ? Absolument pas. La seule différence est que c’est autre ne dispose pas de l’environnement susceptible de favoriser l’épanouissement de ses qualités intrinsèques.

Mais, passé le temps de l’indignation, de l’afro-pessimisme, et du refus-deni, cet africain de France finira petit à petit par s’habituer à la médiocrité ambiante, à la normaliser, à l’intégrer, et donc finira comme les autres, à rentrer dans le rang de la médiocrité des approches des choses à court terme.

Est-il devenu moins lucide ? Oui ! moins intelligent ? Non ! Mais le système l’a perverti.

On dit souvent que les africains ne vivent que le moment présent. Le passé étant passé, ils n’en voient plus l’utilité, et le futur, c’est remis à la volonté de Dieu; aussi, ils ne cherchent pas à l’anticipier. Cela n’est pas faux. Mais ce sont des dérives comportementales de groupes, pas individuelles.

Pour moi, le problème des africains, et c’est récurrent, ne se pose donc pas en termes d’intelligence – cette chose que personne n’a jamais pu mesurer – mais en termes de PESANTEURS CULTURELLES.

Dans ce “bain oppressif de groupe ou de tribu”, toute velléité individuelle d’expansion, de changement, de prise de conscience, est nécessairement mal vécue par les autres. Et à terme est combattue.

D’ailleurs, c’est en jouant sur ces pesanteurs culturelles que les européens ont si bien réussi à manipuler les africains pour les soumettre, économiquement, culturellement, et à les abrutir spirituellement; et ce encore de nos jours. Le hoax d’un dieu blanc qui leur est vendue passe comme une lettre à la poste.

Ce point colonial n’est pas anodin. La colonisation est un phénomène violent, brutal, de déshumanisation, pire que l’esclavage, car moins pervers, qui dépouille une personne de son intégrité et de ses repères, à la fois spatiaux et intérieurs. Et comme l’explicitait le sud africain Steve Biko avec sa célèbre formule : “L’arme la plus puissante entre les mains de l’oppresseur est l’esprit de l’opprimé.”

Et c’est de cette manière que la non-intelligence s’entretient.  On sait en psychanalyse que le manque d’expression d’une intelligence est compensé par la susceptibilité et la violence. Tout cela a été constaté après des études comportementales sur des prisonniers. Ces derniers ne s’attaquent pas à leurs oppresseurs, en occurrence leurs gardiens, mais aux leurs en prison comme eux. Le pire ennemi de l’africain c’est l’africain lui-même, avec tout le chapelet de jalousie gratuite, de médisance et de violence sur l’autre, au point de s’en réjouir. Et aussi de passivité et de fatalité.

Pour terminer, ce bain culturel agit sur les individus comme une espèce de glu qui stopperait toute espèce de possibilité d’expansion de l’être. Et en conséquence, on est condamné à vivre dans la répétition de l’instant, dans la fixité de la pensée, au moment ou ailleurs, ça évolue.

Comment briser ces cycles infernaux de décadence ? L’Occident est aussi passée par là, et je dirais même dans des pires proportions. La planification et les exécutions de tueries de masse, ce ne sont pas les africains qui les ont inventé, mais les occidentaux. les cruautés chrétiennes ont dévasté l’Europe durant près de 3 siècles. L’asservissement de la femme n’est pas une innovation des africains mais des occidentaux; Et ainsi de suite.

Pour casser la dynamique de la décadence, il faut procéder à des révolutions culturelles et industrielles, mais dans des cadres fixés et intouchables. A savoir le respect absolu des institutions et des lois. A condition que les dites lois et institutions ne soient pas biaisées au profit d’un dictateur, déguisé ou pas. Car ce sont les limites posées qui forceront l’individu à se penser plus loin que la pesanteur qui le bloque, et l’empêche d’envisager des perspectives jusque là inconnues.

Mais cela ne réussira pas en singeant les occidentaux – comme actuellement –  qui eux sont dans leurs propres démarches d’évolution, qui sont par définition pas exportables brutes. En réalité, le problème des africains est qu’ils vivent avec une histoire pervertie et tronquée par les toujours puissances coloniales, ne sachant de leur passé que ce que ces forces contraignantes et d’oppression leur en disent selon leur fantaisie et intérêts personnels.

Vous ne pouvez pas vous projeter dans un avenir prometteur, si vous ne savez pas d’où vous venez. C’est par exemple le gros problème des jeunes noirs américains qui ne savent toujours pas où ils habitent. Les WASP ne les accepteront jamais. Et l’Afrique, la terre pourtant de leurs ancêtres, ils s’en fichent et même méprisent. Ces gens sont devenues de nulle part.

Ah petite anecdote concernant James Watson, des analyses de son ADN avaient révélé qu”il possédait 16% de sang “noir” et 6% de sang “asiatique”. Quelle ironie du sort pour un raciste, n’est-ce pas ?”

English version

© Janvier 2018 – LAMINE MEDIA

Imagine your best photo ever
To Top