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Société

Centrafrique : Faille-t’il vraiment rétablir les FACA (Armée centrafricaine) ?

Joseph Decalo

BANGUI  [LNC] – En RCA, le passé très récent de violence, on préfère l’oublier, surtout ne pas l’évoquer, au motif d’attiser la haine inter-communautaire. Ce qui fait qu’aucune leçon n’a été retenue. La preuve, les violences perdurent, et même se sont accentuées dans le pays. Un refus de se voir tel que l’on est, des barbares incultes, passablement cannibales et violents.

Dans un tel contexte où les prétendues centaines de centaines de campagnes de sensibilisation n’ont rien changé, les militaires centrafricains en cours de redéploiement dans le pays, d’aussitôt se distinguer par leur brutalité et culture de la délinquance généralisée. Comme avant !

AFP PHOTO/ ISSOUF SANOGO

En rappel, début Février 2014, des militaires centrafricains lynchèrent à mort, devant des dizaines de témoins, un jeune homme suspecté d’être un rebelle. L’incident s’était produit dans les locaux de l’École nationale de la magistrature, à l’issue d’une cérémonie officielle au cours de laquelle la présidente de la transition Catherine Samba-Panza avait célébré la reconstitution d’une armée en Centrafrique. Les auteurs de ce crime n’ont jamais été inquiétés. Aucune surprise, la culture de l’impunité est une des particularités  locales.

ILS REMETTENT CA : TABASSAGES, RACKETS, CHANTAGE ET TUTTI QUANTI

De se demander ce qu’ils auront retenu de la formation européenne de l’EUTM-RCA !

Les voies de circulation fluviales, ce sont les domaines réservés pour le racket des gendarmes. Bloquant toutes les baleinières de transport de marchandise pour exiger leurs dûs.

Sur les routes, ce sont les militaires qui s’y illustrent, en érigeant eux aussi leurs barrières illégales pour rançonner les passants.

Des crimes que le ministre Jean-Serge Bokassa, alors ministre de l’intérieur avait dénoncé à de nombreuses fois, mais ne fut jamais entendu par le président; au profit de son successeur  le justement général de gendarmerie Henri Wanzet Linguissara, qui lui s’efforce méthodiquement d’étouffer tous ces actes de délinquance de ces soldats.

Dernier exploit connu en date de ces militaires, il y a quelques jours, dans la zone de Berbérati, et plus précisément au village de Wapo, sur l’axe menant à Gamboula, des hommes en tenue comme on les nomme dans le pays, d’y ériger une barrière pour rançonner les voyageurs.  300 F CFA d’écot par personne à systématiquement leur verser.

Un Taxi-moto qui passait par là joua de malchance. Comme ne disposant pas des 300 F, il a été attrapé, attaché, battu et torturé de longues minutes avant d’être relâché.

De telles histoires sont courantes dans le pays, mais rarement remontent au Haut commandement, et pour cause, le grand chef est désormais un des leurs.

En conclusion, à quoi s’attendre de ces hommes quand ils seront équipés d’armes à feu ?

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© Janvier 2018 – LAMINE MEDIA

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