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Reportage

REPORTAGE/BANGASSOU, la ville Anti-Balaka [slide photos]

Lingyun Xu Wan

BANGASSOU  [LNC] – Dans leur croisade anti- musulmane, les Anti-Balaka ont trouvé en la cité leur pied à terre, la ville qu’ils contrôlent à 100% au nez et à la barbe des gabonais et des marocains de la MINUSCA. Quasiment éradiqués de la ville, les musulmans n’y sont plus que quelques 2.000, cloîtrés au Petit séminaire “St Louis” des catholiques. Ils sont là, a à peine 2km de leurs domiciles au quartier de Tokoyo.

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Mais les choses ne sont pas si simples. Le camp improvisé est coupé en deux. D’un côté les réfugiés musulmans, et de l’autre, l’espace des prêtres catholiques. Et ces deux mondes ne se mélangent pas. Ici à Bangassou, nous sommes très loin des discours mielleux du Cardinal Nzapalainga.

Le 13 Mai 2017, une terrible attaque des miliciens Anti-Balakas contre la communauté musulmane de la ville fera plus de 180 victimes, en forçant à l’exode des centaines et des centaines de musulmans.

Seul refuge pour les restants, l’espace catholique, mais……

….Pas un jour sans des coups de feu des Anti-Balaka rôdant autour du camp. Les personnes osant sortir du dit camp sont immédiatement massacrées. Il est question d’une cinquantaine de personnes tuées déjà, mais chiffre invérifiable.

Toujours est-il que, pour faire table rase, toutes les habitations autour du site des déplacés ont été détruites. Et les réfugiés isolés, sont là, sans aide, sans soins, avec à peine de quoi survivre.

TERRIBLE COHABITATION

L’on pouvait s’attendre à une attention soutenue des prêtres pour ces malheureux, mais il n’en est rien. Eux fraternisent avec les occupants, et ne s’offusquent pas de les entendre lors de leurs patrouilles régulières dans la ville crier : “A bakoyas so, ë yeke fä ala senge” = “Ces singes là, on peut les tuer sans souci.”

Quant à la MINUSCA , elle est bien présente, protégeant le camp et aménageant les rares vivres des ONGs pour les réfugiés. Mais oser chasser les Anti-Balaka les maîtres de la ville, l’idée ne leur a jamais traversée le cerveau. Aussi, parler ici comme on le claironne à Bangui du rétablissement de l’autorité de l’Etat, c’est une totale illusion. Car à Bangassou, ce sont les MINUSCA qui sanctuarisent le pouvoir des rebelles Anti-Balaka. Ailleurs, c’est l’inverse, ce sont les Sélékas qu’ils appuient.

CONSÉQUENCES

Avec la peur au ventre au quotidien, quasiment la moitié de la population de la ville a franchi le fleuve pour se réfugier en face, en RDC. Ce qui perturbe complètement la vie économique de la cité, plongée dans le néant.

English version

© Janvier 2018 – LAMINE MEDIA

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