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Politique

Centrafrique : La truanderie en mode de gestion d’un pays invisible

Sandra Martin-White

LOS ANGELES  [LNC] – Avant de quitter la RCA, le précédent ambassadeur de France l’avait confirmé en OFF à LNC : “L’élection présidentielle fut une mascarade truffée d’urnes bourrées”. Dans la foulée, pas mieux au niveau du Parlement, Meckassoua a corrompu tout le monde pour être élu au perchoir.

Dans tous pays normalement constitués, Karim MECKASSOUA, le chef du perchoir de l’Assemblée nationale centrafricaine serait mis dehors à coups de pieds au cul. Tant l’homme s’était activé pour corrompre qui il pouvait, afin de devenir président de quelque chose.

Mais le plus grave de l’affaire fut que tout ceci fut avalisé en toute connaissance de cause par la communauté internationale, à savoir l’ONU et la FRANCE.

Faustin TOUADERA élu légitimement ? C’est la dernière des blagues de l’histoire centrafricaine qui n’en manque pas.

ET APRÈS ?

Des institutions pseudo légitimées, après la mascarade de la transition sous SAMBA-PANZA, s’étant illustrée elle par une frénétique propension à l’enrichissement personnel. Mais personne ne viendra l’ennuyer, elle a verrouillé les fuites. En menaçant publiquement TOUADERA de tout révéler sur sa fausse élection, si d’aventure l’idée farfelue lui viendrait de lui chercher des puces dans son pagne. Etant entendu que ce fut elle, l’instigatrice à la manœuvre afin d’installer FAT au pouvoir, au détriment de DOLOGUÉLÉ, jugé trop incontrôlable par les tenants du Centrafrique.

De TOUADERA, Bozizé eut ce mot le concernant : “C’est un faible sans imagination, et tout ce qui l’intéresse c’est le cul des petites filles, mais il me sert bien”.

De fait, l’homme “sans imagination”, à peine installé au pouvoir, de refaire du Bozizé.

Et deux actes manifestement politiques pour lui, d’avouer qu’il était polygame. Actant cette pratique de chosification de la femme dans le pays. Second acte, là, passé invisible, de faire libérer des criminels Anti-Balaka, pourtant en cours de jugement. Le procureur de la République de Bangui eut beau râler, rien n’y changea.

Depuis, FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA, car dans ce pays, il est coutume de citer tous ses prénoms de naissance, à part multiplier les virées à l’étranger, N’A RIEN FAIT POUR LE PAYS.

Même si à sa décharge il a hérité d’un cadeau empoisonné, d’un pays déjà perdu, n’empêche que les choses ont empiré drastiquement son règne à peine commencé.

2017 ANNUS HORRIBILIS

LNC fut la première à dire que 14 des 16 préfectures du pays sont hors contrôle, ce qui nous valut des bordées d’insultes, et pourtant, c’est la vérité.

L’impunité institutionnalisée en mode de gouvernance pour Touadera, c’est aussi la vérité, n’en déplaise. D’ailleurs l’actuel CPS, la Cour Pénale Spéciale, ne cesse de subir les pressions du pouvoir en place.

Aussi, rêver que de croire un jour rendre justice aux victimes des exactions multiples, c’est utopique.

Vivant sur une autre planète, le président centrafricain et son Premier ministre viennent de s’autoriser une hausse de 500% de leurs dépenses personnelles, et ceci, hors contrôle. Les plus de 2 millions de centrafricains en détresse absolue apprécieront.

Et pourtant, le chef de la MINUSCA, Parfait Onanga-Anyanga vient récemment de déclarer qu’il n’y avait plus d’Etat dans ce pays. Ce qui lui va bien, lui dont les rapports avec le pouvoir centrafricain sont plus que détestables. Le PM Sarandji ne se gênant pas pour le crier à qui veut l’entendre.

Ces chicaneries dites, la question se pose, où va le Centrafrique ?

Un palmarès éloquent, en 2017, le pays a basculé 188 sur 188 des pays les plus pauvres du monde. un tiers de sa population, obligé de s’exiler à l’étranger, l’Etat a un encours de 10 ans de retard de paiement de ses fonctionnaires. La moitié du pays vit dans la famine, et il est à 100% dépendant de l’aide extérieure.

Et pourtant, nonobstant tous ces avatars, comme on dit à Bangui, “Au Palais on mange bien”, avec pour illustration, le ministre conseiller Fidèle Gouandjika (surnommé Chegué, le clochard en Lingala), affichant de lui sur les réseaux sociaux, des photos en train de faire bombance. Une insulte pour un pays affamé !

ET POURTANT, DE TOUT CELA, IL FAUT ESPÉRER, CAR UN PAYS NE MEURT PAS !

English version

© Janvier 2018 – LAMINE MEDIA

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