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Analyses

Centrafrique : Le discours de Touadera jugé insipide par l’opposition

Eve Malonga

BANGUI  [LNC] – Le moins que l’on puisse dire c’est que Faustin Touadera ne se reconvertira jamais au Club Méditerranée comme Gentil organisateur (GO) pour motiver les troupes. Car à entendre son discours à la nation pour le nouvel an, il ne s’est appliqué qu’à débiter des platitudes et des lieux communs. Kparékouti (PUR) ET N’Guendet (RPR) entre autres ne s’y sont pas trompé en le jugeant très sévèrement.

Eddy Symphorien Kparékouti résume l’opinion générale de beaucoup de politiciens à Bangui, dans une récente interview accordée à Radio NDEKE LUKA : « Le bilan de l’année écoulée, les perspectives de 2018 et la persistance des violences par les groupes armés sur la population, sont des points qui ont manqué de consistance de la part du locataire du Palais de la Renaissance. […] Il n’ y a pas eu de concret dans le discours de fin d’année du Président Faustin Archange Touadera. […] Il devait dans son adresse à la nation, dire au peuple centrafricain, ce qui a été fait depuis 2016 jusqu’à l’entame de cette année 2018 et ce qui reste à faire. […] L’entourage du Président de la République n’est pas à la hauteur de la mission. ».

DES PROPOS DE CHEF DE VILLAGE

En se caricaturant lui-même “la tortue”, il déclarait : “On avance lentement”. Des propos plus que malheureux dans le contexte actuel centrafricain  de totale urgence à tous les niveaux. Et une fois de plus, l’homme semble complètement déconnecté des réalités du pays. Passé sous silence le fait que la nation est à 85% hors contrôle, dans les mains des bandes armées qui l’instrumentalisent. Passé sous silence que sous son règne en 2017, le Centrafrique soit devenu le pays le plus pauvre du monde.

Pas de perspectives de sortie de crise, à part des déclamations, façon “ouvrage de portes ouvertes”, comme s’il cherchait à se convaincre lui-même de ce qui n’est pas et ne le sera pas. En fantasmant comme en 2017 de « restaurer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national en 2018 de manière à permettre le redécollage économique du pays ». C’est mal parti, 2017 a été catastrophique, et 2018 en prend le même chemin. Le tout, toujours sur un fond de climat politique nauséabond, truffé de soupçons paranoïaques de tout contradicteur de velléités de putsch.

Le laxisme face aux groupes armés a donné des effets. De fait, les crimes et violences n’ont jamais été aussi nombreux qu’en 2017. Et lui de seulement compter les points: « L’année 2017 a été très difficile au plan intérieur, malgré les efforts engagés par le gouvernement pour rétablir la paix et la sécurité à travers la mise en œuvre du programme DDRR, et la signature de quelques accords tel celui de Sant’Egidio ». La bonne blague.

Un discours autiste sans propositions, d’auto-congratulation, sans plans d’urgence, et encore moins d’amorces de solutions. La créativité et l’imagination ne sont pas au rendez-vous !

Du Bozizé dans le texte, en ne s’en rendant toujours qu’à la charité des partenaires internationaux, de plus en plus rares, les mois passant. Une habitude…

English version

© Janvier 2018 – LAMINE MEDIA

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