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Edito

EDITO/Le show de Nourredine Adam distrait les gogos

Aline M’pangba-Yamara

PARIS  [LNC] – Le moins que l’on puisse dire, c’est que Nourredine Adam, le chef de la plus puissante faction Séléka, le Front populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC) fait peur. Au point qu’à, chaque fois qu’il ouvre la bouche, il fait trembler de ses bases, le fragile et virtuel pouvoir de Touadéra à Bangui. Mais que veut cet homme ?

Récemment, dans un entretien à l’Agence France Presse (AFP), il s’est laissé aller à quelques confidences, et dévoilé certains de ses projet pour le Centrafrique.

Mais quelle est la part du vrai et de l’intox dans tout cela ?

Les raisons d’un coup de bluff

Fort de plus de 5.000 hommes déclarés, Adam peut investir Bangui à tout moment et faire chuter Touadera. Et ce serait sans opposition, car la MINUSCA ferait mine de ne rien voir, tant les rapport entre les chef de la MINUSCA et TOUADÉRA sont détestables. Par ailleurs, selon son mandat, la MINUSCA est une force d’interposition pour protéger des civils, et pas pour militairement s’opposer à ce qui s’apparenterait à des agitations centro-centrafricaines.

A l’AFP, Adam, installé dans son fief de Birao dans la Vakaga a multiplié les déclarations provocatrices et fracassantes, tout en ciblant son ennemi de l’instant : Faustin Archange Touadéra.

il parle d’une “ligne rouge” dont “le gouvernement s’approche” et qui serait susceptible de le pousser à lancer ses hommes, comme en 2013, sur Bangui.

“Un jour, on va devoir prendre nos responsabilités pour libérer le pays”, “Nous en sommes au même point qu’en 2012”. Et l’argument qui tue : “Touadéra, c’est un criminel”, martèle-t’il. “Il n’a aucune chance de finir son mandat”.  Ajoutant comme Bokassa en son temps : “Je n’ai pas peur d’aller me justifier à Bangui”.

Fondement de sa colère contre Touadéra, le soutien à peine voilé de ce dernier aux Anti-Balaka, au point de les armer discrètement. Accusation qu’il répète à l’envie à qui veut bien l’entendre.

Cependant, il n’est pas inutile de préciser que, s’il entretient des rapports plus que houleux avec Idriss Déby le monarque tchadien, les deux hommes sont d’accord sur une chose, il faut faire table rase du passé et mettre la balle au centre. Autant dire faire de l’impunité le maître mot de la réconciliation et de la paix en RCA. Ce que pourtant Adam nie, en réagissant de manière énigmatique : “on ne peut pas juger (ces crimes) sans être au pouvoir”.

Les failles dans son discours guerriers apparaissent lorsqu’il parle de la menace de sécession. “Si c’est pour amener la paix et la sécurité, pourquoi pas?”. Mais il avoue que ce n’était que des menaces en l’air sans fondement.

Ce que peu savent, c’est que Nourredine Adam a assuré et le président Tchadien, et l’Union africaine, qu’il ne descendrait jamais sur Bangui, conscient que ce serait ajouter le chaos au chaos, dans un pays déjà complètement explosé.

Et pour y gagner quoi ? Sa position actuelle est bien plus confortable que celle de Faustin Touadéra.

Ce serait dès lors très surprenant que ce fin stratège militaire s’amuse à lancer ses troupes sur Bangui. Ce serait du suicide politique, et il le sait.

Et ce qui conforte la thèse d’un vaste bluff se trouve dans se propos sur le réarmement des FACA : “Si les FACA sont déployées dans nos zones, c’est fini, c’est le chaos” assène-t’il, “Nous sommes les fils de ce pays, nous avons un rôle important à jouer.”

Et pourquoi déclare-t’il tout cela ? Parce que cela nuirait à ses petites affaires commerciales. Pour quelles raisons objectives prendrait-il le risque de casser son juteux business par une action militaire inconsidérée ?

Il n’a pas comme un Bokassa ou un Bozizé, une soif effrénée et puérile du pouvoir pour le pouvoir. C’est un serpent froid, calculateur, et très dangereusement lucide.

Nourredine Adam est tout ce que l’on veut, sauf un imbécile.

Aussi, mettre la pression sur Bangui qu’il sait parfaitement qu’il terrorise, au point de faire faire des cauchemars à TOUADÉRA, vivant dans la peur quotidienne d’un Coup, est le meilleur moyen de le tenir à l’écart de son commerce.

Ses troupes érigent des barrières illégales dans le pays, perçoivent induement taxes et impôts au détriment de l’état. Une mafia qui roule parfaitement.

Aussi, s’ingénie-t’il à jouer à l’épouvantail de service, pour le plus grand plaisir des occidentaux, toujours en mal de réduction de situations qu’ils ne comprennent pas à des caricatures.

English version

© Décembre 2017 – LAMINE MEDIA

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