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Communiqué

Communiqué du RPR à propos des manœuvres de débauchage de leurs députés

A l’issue de l’élection ayant porté à la tête de l’Etat le candidat Faustin Archange Touadéra, le 14 février 2016, le Rassemblement Pour la République (RPR), s’est rallié sans condition à la majorité présidentielle dans le cadre de la défunte « Union Sacrée » afin de redonner un nouveau souffle à la RCA.

Et cela s’est traduit dans les faits par la signature le 4 août 2016 d’un accord politique entre le groupe parlementaire RPR, présidé par l’Honorable Martin Dalou-Wamboli, député de Zémio, et le groupe parlementaire « Cœurs unis », présidé par l’Honorable Stève Koba.

Après un an d’un loyal soutien indéfectible à la majorité présidentielle, le RPR, y compris ses députés, ont constaté que du point de vue de la question sécuritaire, nos différences d’approches divergeaient trop jusqu’à devenir irréconciliables. De plus, le groupe parlementaire du RPR n’a pu que regretter le fait que le groupe parlementaire « Cœurs unis » n’ai jamais respecté les dispositions importantes de ladite convention politique liant nos deux groupes parlementaires.

C’est donc tout naturellement qu’après une réunion élargie du Comité Central du RPR et du Cabinet du Président du RPR, en présence des députés du groupe parlementaire du RPR dont l’Honorable Jean de Dieu Mandaba, député de Bimbo 5, l’Honorable Aubain Amasséka, député de Bambari 2, et l’Honorable Yoyo Marcellin, député de Sibut, la décision fut prise de résilier unilatéralement la convention politique nous liant à la majorité présidentielle. Et ce, en parfait accord avec l’article 6.3 alinéa 1er qui autorise une partie signataire à résilier unilatéralement la convention en cas d’inexécution de tout ou partie des engagements de l’accord politique.

Aussitôt, une correspondance, de référence N°57/RPR/PR/SG/GP.17, datant du 28 avril 2017, signé par l’Honorable Mandaba, rapporteur général du groupe parlementaire RPR, en absence de son président, l’Honorable Martin Dalou-Wamboli, en déplacement à Yaoundé, fut adressé à l’Honorable Stève Koba, président du groupe parlementaire « Cœurs unis » pour l’informer de la décision de résiliation de l’accord politique et du retrait du RPR de la majorité présidentielle. Contrairement à ce que les députés du RPR laissent entendre, après coup. Car ces derniers ont été pleinement associés à cette décision, à savoir plus d’une semaine avant le 3ème Congrès Ordinaire du PATRIE où Me Nicolas Tiangaye, Président de la CRPS, et Me Crépin Mboli-Goumba ont annoncé le retrait de leurs formations politiques de la majorité présidentielle.

Le mercredi 19 avril 2017, le RPR avait programmé une conférence de presse pour la présentation des signatures relatives à la pétition lancée le jeudi 23 février 2017 demandant aux autorités centrafricaines l’arrestation immédiate de tous les criminels de guerre, à commencer par les mercenaires étrangers tels les Ali Darass, Siddiki Abass et autres Joseph Kony. Quelques heures avant l’animation de cette conférence de presse les très hautes autorités de l’Etat ont fait interdire cette manifestation publique en dépêchant des policiers et des gendarmes qui ont vite fait de barricader l’accès à la salle de conférence, de disperser manu militari militants et professionnels des médias et d’effrayer les sympathisants venus assister à la conférence de presse. Apprenant que cette dernière serait délocalisée au domicile du Président-Fondateur, donc en un lieu privé, le régime en place a alors autorisé à nouveau la tenue de ladite conférence de presse.

Le mal étant déjà fait, les droits inaliénables garantis par la Constitution du 30 mars 2016 ayant été très largement bafoués et piétinés par le pouvoir en place dans cette triste séquence qui ouvre la voie à une gestion autoritaire du pouvoir de l’Etat.

C’est que ce pouvoir semble s’inscrire dans une dynamique de relative progression dans la gravité en ce qui concerne le reniement des acquis de la démocratie en Centrafrique. En effet, le 20 mai 2017, nous apprenons par un courrier de la haute hiérarchie militaire centrafricaine que les éléments des forces de défense et de sécurité (gendarmes et FACA) dévolus à la sécurité rapprochée du Président-Fondateur du RPR, Son Excellence Ferdinand-Alexandre N’guendet, ancien Chef de l’Etat de Transition par intérim et ancien Président du Conseil National de Transition (CNT), lui sont retirés. Un courrier de protestation a été rédigé à la destination de la très haute attention du Président de la République, Chef de l’Etat pour décanter la situation. Mais jusqu’à ce jour le dossier est resté sans suite et la sécurité du Président du RPR ne reposant plus que sur la Providence.

Une occasion pour les thuriféraires du régime d’attiser la haine, et de multiplier les provocations de tout genre pour jeter à la vindicte publique l’opposition en la traînant dans la boue du lynchage médiatique à travers de graves accusations diffamatoires, des dénonciations calomnieuses et des appels à la violence.

Une plainte a été déposée contre ces soutiens du régime qui accusent à tort et à travers l’opposition d’être derrière les graves massacres perpétrés dans l’arrière pays principalement ceux enregistrés à Bangassou, Bria, Alindao et Niem-Yéléwa. Accusations gratuites, sans fondements, dans le seul but de jeter l’opprobre sur toutes une partie de la classe politique et plus précisément l’opposition républicaine et démocratique. Les pouvoirs politiques ont tout mis en œuvre pour étouffer cette affaire judiciaire d’une extrême gravité au point que le dossier est toujours pendant, en suspend au niveau du Tribunal de Grande Instance de Bangui.

Les tentatives de déstabilisation et de persécution de l’opposition démocratique et du RPR en particulier se précisent et s’accélèrent en début octobre 2017 où l’on enregistre une opération commando avec saccage et vandalisation d’un portail d’entrée du siège du RPR dans la nuit du 1er au 2 octobre 2017. Une destruction de l’immobilier du RPR malhabilement maquillée en tentative de vol avec effraction. En effet, les deux malfrats auteurs de cette destruction de nos locaux pris en chasse par la sentinelle qui les a surpris sur le théâtre du délit. Mais à qui profite le crime ? Qui ne supporte pas l’activité du RPR au point d’envoyer des loubards vandaliser ses locaux ? La question reste en suspend, malgré un faisceau d’indices.

A peine une semaine plus tard, le lundi 9 octobre 2017, le Président-Fondateur du RPR, Son Excellence Ferdinand-Alexandre N’guendet, et Me Crépin MboliGoumba, Président du PATRIE, sont auditionnés par la Commission d’Enquête Judiciaire, présidée par le Procureur Général près la Cour d’Appel de Bangui. Une Commission d’Enquête Judiciaire mise en place par le ministre de la justice, Flavien Mbata, et dont le mandat a expiré depuis le 30 septembre 2017. Il s’agissait d’interroger les deux (2) leaders politiques sur les évènements tragiques produits entre le 6 et le 20 mai 2017 à Bangassou, Alindao, Bria et Niem-Yéléwa. Sauf qu’en trois heures d’audition aucune preuve n’a été avancée, aucune question sur les motifs de l’audition. En somme un dossier vide. Tout cela s’apparentant malheureusement à une grossière tentative d’instrumentalisation de la justice pour persécuter des adversaires politiques.

Il apparait clair que le pouvoir en place veut tout mettre en œuvre pour chercher désespérément à salir et invalider une prochaine candidature des leaders de l’opposition aux élections à venir. Non seulement ces méthodes antidémocratiques transpirent l’autoritarisme le plus exécrable, mais cela traduit aussi le fait que la priorité des autorités actuelles ne se situe pas dans le combat pour le retour de la paix, et de la sécurité mais plutôt dans le renouvellement d’un putatif deuxième mandat. Au risque de réduire à néant les quelques avancées démocratiques enregistrées depuis le retour à la légalité constitutionnelle.

Là où l’on pensait que le régime avait atteint les sommets dans le projet de destruction de la démocratie en RCA et la tentative d’anéantissement politique de ceux qu’il considère comme les principaux obstacles à sa politique tant rejetée par la population centrafricaine, l’on découvre avec effarement que le programme du pouvoir va encore plus loin. En effet, pas plus tard que le lundi 16 octobre 2017, nous avons reçu une lettre de démission collective de l’ensemble du groupe parlementaire RPR, soit à peine une semaine après la convocation de deux (2) leaders de l’opposition devant la Commission d’Enquête Judiciaire.

Ces députés du groupe parlementaire RPR ont été préalablement reçus par une très haute autorité de l’Exécutif, le mercredi 11 octobre 2017, pour monnayer leur débauchage et ralliement au groupe parlementaire « Cœurs unis ». Aussitôt mis au courant de cette opération, nous avons pris les devants en informant certains leaders de la classe politique et éminents membres du corps diplomatique.

Cet acte d’une extrême gravité est un véritable coup d’Etat contre la démocratie en Centrafrique, une véritable forfaiture politique. Il n’y a pas pire acte que celui-ci, si ce n’est la programmation de l’élimination physique des opposants politiques. Très dangereusement le pouvoir en place a fait basculer la RCA, nouvellement acquise à la démocratie, vers l’horreur de la dictature à visage découvert.

Eu égard à ce qui précède, nous prenons à témoins l’opinion nationale et internationale face à ce déni de la démocratie.
Nous lançons solennellement un appel à nos militants et militantes, à nos sympathisants, à tous les partis politiques, à toutes les forces vives de la Nation pour une mobilisation générale afin de sauver notre démocratie chèrement acquise.

Fait à Bangui le 17 Octobre 2017

Son Excellence Ferdinand-Alexandre N’guendet

Ancien Chef de l’Etat de Transition par intérim,
Ancien Président du Conseil National de Transition,
Président-Fondateur du Rassemblement Pour la République (RPR)

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