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Opinion

OPINION/13 AOÛT 2017, ” RENONCIATION OU CELEBRATION ?”

Par Jacques Ayandho 

De mes réflexions citoyennes, suite à certaines opinions exprimées ici et là, somme toute toutes légitimes, pour cause de rébellions, d’absence de Forces de Défense et de Sécurité, d’administration sur l’ensemble du Territoire, d’activités génératrices de ressources propres, de foisonnement de groupes armés, d’invasion, d’occupation, de chaos, d’exactions, de pillages, de viols, de désolation…, il n’en demeure pas moins que nous ne pouvons pas toujours n’être que d’humeurs, de ressentis…et de défaitisme.

La République est comme cet étendard qui, sur tous les terrains de combats, ne doit jamais tomber, ni toucher terre. Parce qu’il est aussi des moments, des situations des plus graves, qui nécessitent et concourent à concurrence de difficultés et de solutions, davantage de gravité, davantage de maturité et donc de responsabilité. Parce que, à la relecture de tous nos malheurs, pas seulement en vertu de certaines de nos croyances, en tant que africains, mais aussi de certaines de nos déconvenues, nous ne sommes peut-être pas que de quelque malédiction, sinon de beaucoup d’irresponsabilité. Parce que le peuple n’a en fait jamais rien demandé d’autre que d’être libre, bien portant, bien nourri, respecté, épanoui et surtout protégé…

Le monde est régi par les signes, selon un certain code. Aurions-nous vécu jusque-là dans une constante illusion? Comment, alors, devoir et pouvoir parvenir au Relèvement et à la Reconstruction de notre pays? Le libre-arbitre sera notre seule et unique voie, pour parvenir à la Paix, la Sécurité et au Développement. Car, il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir de ce qui est évident, c’est-à-dire, l’affirmation de soi au quotidien, en toute circonstance. Le Monde, plus que jamais, est une suite arithmétique, algébrique, de nombre d’interdépendances entre les états, les puissances, les anciens et les nouveaux marchés, les continents…

L’Indépendance n’est qu’un postulat, rien d’absolu. C’est tous les jours qu’elle se construit, qu’elle s’affirme et s’affine.

Loin de moi, donc, de vous et de tous, cette abominable et fort outrageuse pensée. Après avoir gagné le chaos, perdu tout contrôle sur autant de préfectures et autant de régions, allons-nous maintenant, par-dessus tout, devoir également abandonner voire renier cet autre symbole ultime, la célébration de la proclamation de l’Indépendance.

Mise à mal par tous les errements, par tous les manquements de citoyens aussi lâches, traîtres que indignes, serait-il de plus d’honneur et de dignité d’aller jusqu’au bout de l’odieuse idée, pour que cela ne soit qu’un jour ordinaire ? La situation nationale actuelle n’est certes pas simple. Les nouvelles autorités centrafricaines entreprennent ce à quoi elles s’essayent et s’attellent depuis le début de leur mandature. Les résultats ainsi que leurs effets commandent à ce qu’elles changent de braquet, mais surtout de direction.

Lorsque l’on hérite, en début de mandat, de 80% de contrôle du Territoire, qu’il ne vous reste plus que 20% d’influence territoriale au bout de 16 mois et demi d’exercice du Pouvoir, mathématiquement, stratégiquement, il y a un grave et profond problème, en termes d’équations et de leur résolution… Politiquement, autant pour le pouvoir que pour toute la classe politique, d’ailleurs, c’est désespérément désastreux.

Comme d’aucuns semblent vouloir militer en ce sens, le Refus de célébration voudrait-il dire Renoncement, Abandon de notre Statut de pays indépendant?
La journée du 13 août 2017 se doit d’être célébrée, avec une extrême gravité, sans aucun faste, avec tout ce qui peut encore nous rester d’Honneur et de Dignité. Comme bien d’autres encore, j’attends, dans une certaine expectative, la nature et le ton du discours politique qui sera prononcé par le Président de la République, Chef de l’Etat, à l’endroit de toutes les centrafricaines et de tous les centrafricains. La force du message, pour le citoyen lambda que je suis, je l’espère, presque fébrilement, à la hauteur sinon à la mesure de notre drame commun et de toutes les attentes qui demeurent encore les nôtres… J’ose pouvoir penser, mais surtout croire, que l’adresse à la Nation, la Communauté nationale, la Communauté internationale, sera de circonstance, celle de la réaffirmation, sans aucune ambiguïté, de notre Indépendance, de notre Souveraineté… Que les faits, jusque-là des seuls points d’écriture, se traduisent enfin et pour la postérité, par des mots, des postures et des convictions nouvelles, à travers des plaidoyers, au moyen de justes et légitimes revendications…et des actes plus que probants voire concrets. Le parler franc, sincère, peut être des plus amicaux. Il ne remet pas forcément en question les meilleures amitiés…

Le Président de la République, Chef de l’Etat, ce 13 août 2017, jour anniversaire de la proclamation de l’Indépendance du Centrafrique, devrait fondamentalement se raviser et considérer que le Peuple est son “socle”. Parce que le combat pour la Liberté, semblait dire Aimé Césaire, est quotidien.

Jacques AYANDHO.

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