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Edito

Centrafrique : L’éternelle culture de la truanderie

Aline M’pangba-Yamara

PARIS (LNC) – Difficile de croire un jour au salut de la République Centrafricaine, si l’on ne prend pas en compte sa capacité maladive à entretenir et des mafieux, et à faire perdurer un système de truanderie allant de pair.

Catherine Samba-Panza, qui ne se saura illustrée au pouvoir qu’uniquement par ses capacités de prédation, de multiplier actuellement les déclarations, notamment celle-ci assez parlante : “Faustin TOUADERA n’a pas été élu Président, il a été nommé !” Manière de revalider une de ses précédentes déclarations, dans laquelle elle avouait que sous pression de la France et de la MINUSCA, elle avait truqué la dernière élection présidentielle pour pouvoir installer TOUADERA au pouvoir. Soit !

Ceci renvoie à un autre cas, celui d’Ange Patassé, “élu” Président, alors que de même, il ne fut que nommé par la France, avec les catastrophiques conséquences qui en découlèrent sous sa présidence.

Constat en résumé, c’est la France qui continue, bon an, mal an, de faire les ROIS en Centrafrique. Et cette main mise est loin de cesser, tant le “système politique” centrafricain s’y complaît. Etant donné que l’essentiel de la classe politique centrafricaine est française, et seulement centrafricaine quand ça l’arrange, et par simple opportunisme.

En RCA, parvenir au pouvoir passe toujours, soit par un coup d’état, soit par des élections truquées, la dernière en date en fait foi !

Ensuite, on s’arrange pour dépouiller la bête entre amis. Le quotidien français LE MONDE raillait le fait dans un article récent, disant :Au Palais de la Renaissance avec TOUADERA, on mange bien”.

LES TRUANDS DU MOMENT

En une année, le peu de pouvoir, d’état de droit en RCA s’est liquéfié. 14 des 16 régions du pays sont hors contrôle de la “République de Bangui”. Ce qui fait le jeu de vieux chevaux de retour, des vrais sulfureux, à savoir Anicet Dologuélé et Karim Meckassoua.

Anicet Georges Dologuélé, ancien Premier ministre de la République traîne de lourdes casseroles. Même si en Afrique les gens ont toujours la mémoire courte, brilla-t’il à ce poste, avec les cumuls de salaires impayés et autres ?

Et d’où vient sa fortune ? Son griot en chef, Rodrigue Joseph Prudence MAYTE de ne pas l’expliquer : “Lorsqu’Anicet Georges Dologuelé était premier ministre de la Centrafrique de 1999 à 2001, il avait mis en place un plan mensuel de remboursement des dettes du pays envers le FMI et la Banque mondiale. A cet effet, le Gouvernement Centrafricain remboursait chaque mois ses créances auprès de ces instances financières internationales. Au vu du rythme des remboursements réguliers de ces dettes de l’état, les détracteurs d’Anicet Georges Dologuelé auraient déduits que le FMI et la Banque mondiale lui rétrocédaient 10% sur chaque opération financière. Comme c’est souvent le cas en droit, n’appartiendrait-il pas aux accusateurs d’apporter  les éléments pouvant confirmer leurs allégations ?”

Karim Meckassoua, autre sujet de déréliction pour  ses fans, l’estimant lui aussi être victimes de calomnies malsaines, pourtant, n’est pas mieux.

Néanmoins, lui au moins, tient sa fortune des affaires familiales. Mais il s’en sert pour ses intérêts personnels. La Séléka dont il est proche, par feu Joseph Zoundeko avait déclaré : “Il nous finance, nous avons tous les dossiers dessus, je peux les produire, il ne peut pas le nier”. 

Mais étrangement, dans les jours suivant cette déclaration, ZOUNDEKO se faisait tuer par un tir ciblé de hélicoptère de la MINUSCA. Depuis quand la MINUSCA tue-elle des chefs des rebelles ? Ce fut une première.

Ce qui est certain. Pour être aujourd’hui le PAN comme on dit, pour devenir le Président du Parlement centrafricain, il a dû corrompre tout le monde. Au vu et su de tous. Cela a dérangé qui ?

In fine, avec un Président nommé et non élu, et inexistant aux affaires, cela crée un appel d’air.

Et voici deux truands de haut vol comme MECKASSOUA et DOLOGUELE relancés dans la sphère politique nationale, profitant du vide politique, d’un hube, pour s’y refaire la cerise.

Ils ne sont pas les seuls, mais les plus visibles.

Quant à la sulfureuse Catherine Samba-Panza, avec 7 millions de $ de deniers publics détournés à son profit personnel, elle jouit pleinement de son droit à l’impunité. Elle la truande, la voilà devenue donneuse de conseils en matière de bonne gouvernance. C’est le monde à l’envers !

English version

© Août 2017 – LAMINE MEDIA

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