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REPORTAGE/MINGALA (Basse-Kotto), le Chaos total !

Eve Malonga

MINGALA [LNC] – Des massacres  sans fin depuis le début de l’année à Mingala dans la Basse Kotto, perpétrés par des éléments de l’UPC présents dans la zone depuis le début de la crise en RCA. Des milliers de déplacés, dont certains avaient pu joindre Bangui et se trouvent localisés à l’école Bégoa au PK12 dans des conditions très difficiles. L’Etat central est inexistant pour les secourir.

Aux dénonciations des horribles crimes, l’UPC, les balaye du revers de la main, comme le déclare encore son porte parole Daouda Souleymane : « Tout ça c’est du mensonge. La localité est protégée par nos éléments depuis 4 ans et Mingala est épargnée de la crise ».

MASSACRES ET SCENES D’HORREUR

En Janvier dernier, Gabriel Tchima le député de Mingala racontait  : « Les témoignages surpassent les films d’horreur. […] Plusieurs villages ont été incendiés, des gens massacrés. Les miliciens de l’UPC font régner la terreur afin de contrôler les mines de diamant et d’or de la région », Tchima estime qu’actuellement il y aurait 2000 miliciens de l’UPC dans la région.

Le député déclarait à “Jeune Afrique” encore avoir informé le porte-parole de la Minusca, Vladimir Monteiro, « il y a plusieurs mois » de ce qui se passait dans sa région. « J’avais reçu une promesse d’envoi de Casques bleus sur place mais jusque là rien n’a été fait et les choses empirent pour la population. » 

Le nombre de morts dans la zone passé sous silence dépasse l’entendement. Le chiffre de 600 morts a été avancé par plusieurs autorité locales. “Il n’y a personne pour les compter, il y en a trop” déplore Tchima.

Mi-Avril, de nombreux habitants ont témoigné à JA, avoir été témoins ou victimes de ces méfaits d’une violence inouïe. « Ils sont arrivés, ils ont coupé l’oreille gauche de mon fils. Ils lui ont demandé de manger son oreille avant de lui tirer une balle dans la tête », témoigne ainsi la mère d’une victime, à Mingala.

« Ils ont attaché devant moi un jeune homme derrière un 4×4 et l’ont traîné dans toute la ville avant de rouler sur sa tête », relate en sanglot une jeune fille de 16 ans qui dit avoir passé une semaine sur la base des miliciens, « violée par plusieurs d’entre eux ». Par la suite, elle a fui, comme plusieurs centaines d’autres habitants, la région par le fleuve Oubangui pour se réfugier à Bangui depuis quelques jours.

Il y a 48h, c’est Jean-Pierre POUNEMACHI le maire de la commune de SELIBA dans cette sous préfecture de lui aussi lancer un cri d’alarme, un de plus :

“Hommes, femmes et enfants sont toujours cachés en brousse depuis l’invasion de la ville par les éléments de l’UPC depuis plusieurs mois. Ils manquent de nourriture et de médicaments. Dans la sous préfecture de Mingala, commune de Seliba, tout va mal, ma femmes et mes cinq enfants ont été tués, mes 45 boeufs ont été volés, ainsi que ma moto par ces hommes armés. Ils traitent toute la population comme des éléments des auto-défense.

Et Ils ont brûlé tous les villages des alentours comme ceux de Bananga, Bana-Oya, Sago, Segnere, Bounabongolo, ou Bingui. Actuellement tout le monde a fui en brousse. Nous supplions le gouvernement et la MINUSCA d’envoyer des éléments pour notre sécurité, ainsi que d’envoyer des médicaments, car  ici les gens meurent tous les jours de manque de soins, et ça continue.”

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© Juillet 2017 – LAMINE MEDIA

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