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Edito

Centrafrique : La justice à géométrie variable

V.M

BANGUI [LNC] – Si le dernier rapport de l’ONU paru en mai dernier continue toujours à faire des vagues, et réalimenté par le président centrafricain lui-même, téléguidé par son homologue tchadien pour le torpiller, en vérité, le plus intéressant dans ce rapport est ce qui n’y figure pas.

Au moment ou se met en place une Cour Pénale Spéciale de justice, censée juger les crimes depuis 2003 en Centrafrique, outre le danger de n’y voir figurer que des seconds couteaux, en référence à certains points du récent accord de paix signé en Italie avec Sant’Egidio, accordant purement et simplement l’impunité aux chefs des bandes armées, subsiste celui des aveuglements volontaires de l’ONU, qui pour facile, dénonce les exactions de différents contingents africains formant la MINUSCA, par contre, les crimes sexuels avérés commis par des soldats français n’y figurent pas, tant depuis la découverte des exactions sexuelles des Sangaris, l’ONU en RCA s’est toujours appliquée à tenter de les étouffer, pour ensuite avouer que la France refusait de coopérer dans le dossier.

D’ailleurs Jean-Yves LE DRIAN le ministère de la Défense français de l’époque de se moquer des accusations, en parlant de la légèreté de l’UNICEF qui avait collecté les témoignages accusateurs. Pire, soudainement, un mémorandum interne des Nations unies de soit disant « fuiter » dans la presse. Pour déclarer que les accusations de viol mettant en cause des troupes internationales sur le territoire centrafricain seraient sujets au doute fort, et suggérer que les victimes « pourraient avoir été financièrement incitées à témoigner ».

Les histoires de chasse n’étant racontées que par les chasseurs, la messe est dite. Et pour clore le tout, après une espèce de fausse enquête, la justice française blanchit les présumés violeurs. IL NE FALLAIT PAS ESPERER AUTRE CHOSE.

Les enfants métis nés de viols, les dits “enfants de l’ONU” ne seraient qu’un mirage sorti de l’imaginaire d’individus soudoyés. Ce ne fut pourtant pas l’avis du Procureur de Boda (Lobaye), Olivier Mbombo Mossito, affirmant très clairement que toutes ces choses ont bien eu lieu.

Mais que pèse la parole d’un petit fonctionnaire à peine payé, face au poids d’une puissance occidentale ?

Des rapports sur de nombreux cas de viols en réunion de femmes mineures à Boda par les forces de l’ONU ont été envoyés par les autorités locales à la MINUSCA. Diane CORNER elle-même assurait à LNC que des enquêtes auraient lieu. Ces enquêtes n’ont jamais eu lieu.

COMBATTRE L’IMPUNITE ?

Difficile de croire à une réelle envie de lutter contre l’impunité en RCA, si ceux-là mêmes venus pour l’aider à y parvenir ne donnent pas l’exemple.

Les soldats tchadiens devraient de nouveau refouler le sol centrafricain, et en toute impunité. Leurs exactions passées dans le pays n’ayant jamais été condamnées. Les dizaines et dizaines de crimes de civils dont il sont responsables, ne sont donc là aussi que des mirages.

Au pouvoir, le clientélisme et le népotisme ont depuis repris leurs bonnes habitudes, et l’impunité avec dans leurs roues.

A l’évidence, le salut ne viendra pas des pratiques de passe droit, d’occultations des vérités, des mensonges et autres dérives des “sauveurs” des centrafricains, mais des centrafricains eux-mêmes.

Car qui n’est pas exemplaire lui-même ne saurait l’enseigner aux autres.

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© Juillet 2017 – LAMINE MEDIA

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