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Edito

EDITO/Les centrafricains sont-ils des demeurés finis ?

Aline M’Pangba-Yamara
Rédactrice en chef

Le 9 janvier 2014,  Idriss Deby le président tchadien convoquait sine die, l’entièreté du substitut de Parlement centrafricain (CNT) à N’Djamena. Et comme un seul homme, tous les conseillers centrafricains de se rendre dans la capitale tchadienne, juste sur le coup de sifflet du monarque tchadien – du jamais vu ! Pour à terme, y constater passivement le sort déjà scellé par avance par la France, sur ordre d’Hollande, du très inconsistant, dangereux et transitoire président Michel Djotodia.

Ce jour là, les politiciens centrafricains s’humiliaient, toutes dignité et honte bues.

BIS REPETITA

Autre phénomène jamais vu, le 12 juin dernier à l’ONU, lors de la session du Conseil de Sécurité consacrée au Centrafrique, Parfait Onanga-Anyanga, le patron de la MINUSCA, d’y faire un numéro tragi-comique que lui envieraient les meilleurs acteurs du monde.

Lui qui n’a eu de cesse d’étouffer systématiquement les dérives de l’instance onusienne qu’il dirige en RCA, de faire appel à l’émotion, on aurait pu y croire.

Les autres intervenants durant cette session de se contenter de platitudes, sans aller au fond des choses, et bien évidemment, en évitant soigneusement les sujets qui fâchent.

Mais le pire certainement, aura été de voir l’ONU signer un accord avec une entité religieuse, catholique, pour l’autoriser à gérer le casse tête centrafricain.

Des religieux ayant pouvoir de gérer des litiges d’un pays laïc. Encore du jamais vu ! Sauf en RDC dérégulée lors de la chute de MOBUTU.

L’entité en question n’est pas une inconnue, c’est la communauté  catholique très virale en RCA, dénommée Sant’Egidio.

L’italien Marco Impagliazzo, qui avait savamment manœuvré dans ce sens affichait sa satisfaction devant le Conseil de Sécurité :  « l’initiative de Sant’Egidio se veut complémentaire et compatible avec les autres ».

L’Union africaine, sous lobbying du président tchadien avait proposé comme sortie de crise, l’ubuesque idée d’IMPUNITE POUR TOUS LES GROUPES ARMES, fait que la MINUSCA avait très gaiement appuyé, mais pas le Conseil de Sécurité.

La Communauté Sant’Egidio n’est pas une entité inconnue en Centrafrique. 

Depuis fin 2013, elle n’a cessé de s’impliquer dans la crise centrafricaine. En travaillant notamment au dialogue entre les communautés religieuses, au pire des violences contre la communauté musulmane, dès la chute des Séléka au pouvoir suite à un coup très sanguinaire. 

En 2015, en Novembre, elle parvenait à la signature d’un pacte intéressé,  entre les Anti-Balaka de Maxime Mokom et les Séléka d’Abdoulaye Hissene, histoire de faciliter la visite du pape François à Bangui et en particulier au KAM5.

Elle encore, d’inciter les forces politiques et les groupes armés à accepter les élections massivement truquées de 2016, que seule la pseudo communauté internationale s’entête, ou plutôt se persuade de les croire régulières.

Et la voilà de nouveau devant la scène, et avec la bénédiction de l’ONU (cas de le dire) cette fois-ci, de convoquer à ROME, depuis Jeudi et jusqu’à Samedi, politiciens, et groupes armés, pour se rendre là bas, afin de débattre du DDR.

Le syndrome de N’DJAMENA de 2014 se répète.

DES DECERVELES CONVOQUES CHEZ LE MAÎTRE

Seuls les croyants, la foi chevillée au corps auront l’illusion de croire que ce qui n’a pas pu se résoudre à Bangui, par miracle divin, trouverait solution en dehors du pays. Comme si, de changer de pays pour négocier, les intentions belliqueuses des uns et des autres vireraient à la pacification.

Le DDR est un échec patent, ce sont les groupes armés eux-mêmes qui le disent. 

Et pour les satisfaire, lors de la dernière rencontre à Bangui, sortait du chapeau du pouvoir en place, l’idée d’une force de sécurité, composée de différents membres de ces milices criminelles. Autant dire cracher sur les Forces de sécurité nationale, et surtout, habile ruse pour accorder l’impunité à tout le monde.

Mais à ROME sur la terre sainte des papistes, ils ont dû tous avoir eu l’illumination.

NOUS SOMMES DES ENFANTS A QUI L’ON RACONTE DES HISTOIRES

S’il y a bien une certitude en RCA, c’est la nature de la crise aiguë à tous les niveaux que subit le peuple, à tel point que plus de sa moitié est en situation critique de famine et autres avatars, que 75% du territoire national soit hors contrôle de ce qui se nomme ETAT.

Tout le reste n’est que billevesées.  

Les forces onusiennes, maintes fois constatées, refusent d’aller sur les points chauds de crise, et préfèrent se protéger dans leurs réduits.

Seule machine active, leur propagande sur du vide et de la démagogie. Elles ont dit en credo, et persistent à dire qu’elles ne sont pas là pour arrêter les chefs de guerre martyrisant les populations. ITE MISSA EST

L’observateur extérieur avec un peu de jugeote et de bon sens paysan, pourrait se demander : “Mais à quoi servent-elles ?”

Et comme si le comique ne suffisait pas, voilà une nouvelle très mauvaise idée, la Cour pénale spéciale, comme si cela constituait l’urgence du moment. Ajoutons que cette future usine à gaz jugera qui, comme personne ne sera mis sous les verrous ?

La Cour Pénale Internationale (CPI) de la Haye donne déjà le mauvais exemple, en condamnant un lampiste, Jean-Pierre BEMBA, pour une précédente crise centrafricaine, dont le président PATASSE en fut l’auteur et le responsable. Il est mort sans jamais avoir jamais été inquiété par cette juridiction sélective.

La MINUSCA persiste pourtant, et toujours à l’enterrement de tout ce qui la dérange en son propre sein. Tant elle est percluse par les scandales sexuels de ses troupes censées être là pour sauver des populations sans soutien, par ses crimes de civils, par ses passivités face au feu, par les connivences de certaines de ses factions avec l’ennemi, quelle crédibilité a-t’elle encore en Centrafrique ?

LE PEUPLE MAJORITAIREMENT N’EN VEUT PLUS, IL LA SUBIT

L’INFANTILISME POLITIQUE CENTRAFRICAIN, UNE STRATEGIE BIEN ELABOREE ?

Il faut savoir balayer devant sa cour avant d’accuser les autres.

Quand l’ONU dépêche des casque bleus dans un pays, c’est que tout y va mal. L’ONU dans un pays s’arroge son droit à l’auto-détermination. Le pays en question passe sous sa tutelle, avec toutes les conséquences inhérentes.

En être là, mais comment, par quel processus maléfique ?

En vérité, la Politique en est la cause, la raison et la conséquence.

En Centrafrique de putschs en élections truquées (100% des rares élections dans ce pays ont toujours été truquées), une seule constance : L’INCULTURE POLITIQUE DU SOMMET A LA BASE.

La RCA gratifie toujours le monde de ce type ‘d’exotisme’  dont elle a le secret.  

Les cartes politiques n’y sont jamais rebattues, toujours les mêmes têtes, toujours les mêmes dérives, toujours les mêmes infantilismes.

Toujours, à répétition, le développement de clans, de courtisans impitoyables et d’opportunistes sans foi ni loi.

Dans ce contexte, il est clair que l’Etat n’est plus représenté que par la figure d’un homme, en général une baudruche de décoration. La moindre réalisation sous couvert de mendicité est versée à son crédit personnel, et non à sa mission d’utilité publique et, en définitive, le subjectif finit par l’emporter sur l’objectif dans la conduite des affaires de la nation.

A croire à une fatalité !

En 2016, Seydou Guèye le porte-parole du gouvernement sénégalais déclarait : « La classe politique sénégalaise doit renoncer à un certain infantilisme »

Que dire alors de la RCA, bien plus mal lotie que le Sénégal en matière de politiciens ripoux et puérils, n’ayant de consistance que leur susceptibilité à fleur de peau ?

Récemment encore, un facteur extrêmement grave et pernicieux : la primauté accordée aux réalités secondaires au détriment des problèmes fondamentaux qui préoccupent les citoyens. Plus concrètement, il s’agit de montrer de quelle manière l’esprit du peuple est détourné des problèmes de fond vers des considérations parfois futiles – souvent savamment entretenues !

Pendant que le peuple crève, le pouvoir s’ingénie à s’inventer des complots !

Et malheur à ceux qui ne croient pas aux contes à dormir debout, et refusent de se coucher, malheur à eux, car grand est le châtiment qui leur est réservé. Car déjà des menaces de mort proférées par le pouvoir en place à l’encontre de ceux qui refusent de dormir.

Ce ne sont que des “mauvais patriotes” bramait le fantasque PM SARANDJI.

In English

© Juin 2017 – LAMINE MEDIA

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