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Humanitaire

SOCIETE/De l’eau courante en Centrafrique, pas pour demain

Fabiana ÁLVAREZ

BANGUI (LNC) — Entre 1955 et 1964 à Bangui, on ne forait pas des puits, mais des mises en place de canalisations afin d’amener l’eau courante à tout le monde dans tous les foyers. Aujourd’hui, un bond deux siècles en arrière, on ne se contente que de creuser des puits. Une fausse bonne idée !

Lorsqu’un pays comme le Centrafrique, dépendant actuellement à 100% de l’aide internationale et du bon vouloir des ONGs, cela peut mener à des situations kafkaïennes.

L’aide humanitaire, par définition, a vocation d’être provisoire, pour l’urgence, et non à se pérenniser. De même qu’elle n’a pas vocation à sauver un pays dans son entièreté. Les ONGs ne sont programmées pour cela. Or depuis une vingtaine d’années,  voire même plus, la RCA a intégré ces valeurs dans ses richesses. Son PIB est alimenté faussement par les actions humanitaires sur son territoire, alors qu’en vérité, ce pays, ne produit rien ou quasiment rien, pouvant justifier le chiffre dernièrement de 5% de croissance. Il est évident qu’il existe un déséquilibre de la balance commerciale, penchant vers la consommation, et non vers la production. Pourtant, les chiffres officiels, qui ne sont même pas produits par les centrafricains affirment le contraire. Ceci n'(aide absolument pas dans la compréhension de ses réels clignotants économiques.

UN GRAND VILLAGE

La manière dont les OGs et les ONGs traitent le Centrafrique est assez symptomatique d’une certaine forme de raisonnement. Toutes n’abordent ce pays que comme une espèce de grand village sans vision et sans projets de développement. Conséquemment, on bricole.

Par exemple, côté sanitaire, les dispensaires de Médecins Sans Frontières (MSF) et autres ONGs du même secteur, ne sont pas prévus pour durer, mais pour être de l’urgence en attendant une prise en mains du secteur sanitaire par les autorités de tutelle du pays. Malheureusement, les dites autorités sont des fantômes. La santé pour tous en RCA ne se développera jamais si ceci n’est pas compris. La santé faisant partie du devoir régalien d’un pays. Il doit assumer, et non se défausser dans la perpétuation de provisoires.

CAS D’ECOLE

Jeudi dernier à Bangui, en grandes pompes (cas de le dire), Jean-Pierre reymondet-Commoy, le Chef de la Délégation de l’Union Européenne en Centrafrique, annonçait pour bientôt, la mise en place de 200 forages de puits, afin d’alimenter le pays en eau. Un projet de 21 millions d’euros, soit 9 milliards de F CFA, sur le Fond BËKOU.  Des 200 puits, une vingtaine le seront dans la capitale, là où dit-on, la SODECA n’a pas accès. La SODECA n’y a pas accès, mais l’Union européenne elle le pourra ? Allez comprendre.

Mais, ceci ne sera qu’un vaste plan provisoire, et non une aide au développement. Le terme “eau courante” découle de : de l’eau convoyée dans des canaux, et remontant dans les domiciles privés et bâtiments publics et autres infrastructures – ce qui évite d’aller puiser l’eau dans des puits. Au même titre que l’électricité et le tout à l’égout, c’est ce que l’on appelle LA VIABILISATION.

Le progrès, la modernité, c’est de viabiliser des zones urbaines et campagnardes, et non de ne se contenter que d’y creuser des puits. En RCA, la SODECA, la compagnie des eaux ne sait faire que cela. Or, tout ceci est un non sens économique.

Une vaste campagne de creusage de puits est une toute aussi vaste fumisterie.

On aide un village en le soulageant provisoirement avec un puits creusé, certainement pas à l’échelle d’un pays. A moins que l’on s’en fiche complètement.

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© Avril 2017 – LAMINE MEDIA

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