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Reportage

Centrafrique : Les malheurs des déplacés externes dit les “Retournés”

Image du PK12, un quartier occupé par des musulmans à Bangui, en RCA. Certains d'entre eux ont été exfiltrés vers Kabo. REUTERS/Siegfried Modola

Albert Mahamat FALL

N’DJAMENA (LNC) — Ils sont pour l’essentiel des centrafricains ou des résidents centrafricains de confession musulmane, qui depuis 2014, suite aux attaques Anti-Balaka contre leurs vies à Bangui et dans le reste du pays, à plus de 20.000 au moins, ont du s’exiler ailleurs, au Tchad essentiellement, où pour la plupart, ils n’y étaient pas les bienvenus – perçus comme des étrangers. Un pays que la majorité ne connaissait même pas.

Avec le dit retour à la légalité en RCA depuis février 2016, et à l’époque une certaine accalmie dans les violences, ils ont commencé à revenir dans le pays de leur résidence. On les appelle les “RETOURNES”, ou “ceux qui reviennent”.

GALERES & SPOLIATIONS

Ce dossier des déplacés externes, contraints de fuir le pays, en abandonnant tout derrière eux, met en lumière la totale dérégulation du Centrafrique, et ce, depuis des décennies. La notion de titre foncier ou de propriété de bien à usage commercial n’existe quasiment pas dans ce pays. Autrement, nous n’en serions pas là à vous narrer ce qui suit…

En 2014, lorsque les hordes Anti-Balaka ciblaient les musulmans pour les découper à la machette, quand ils ne les dévoraient pas, nombreux à Bangui du PK5 et du PK12 ont dû fuir vers Kabo, puis le Tchad, pour ceux qui arrivaient à passer. La frontière tchado-centrafricaine étant fermée depuis 2013.

Aujourd’hui, nombreux sont de retour du Tchad, et sont près de 10.000 à vivre à Kabo dans des camps de fortune. Seules les ONGs ‘MSF’ et ‘SOLIDARITES INTERNATIONAL’ leur fournissent le minimum vital. Le pouvoir central de Bangui, n’en n’a non seulement cure, mais ignore leur existence. Car, leurs biens et commerces à Bangui entre temps ont été illégalement spoliés et leurs maisons occupées.

Même refrain à Paoua dans l’Ouham-Pendé, où les “retournés” après leur exil, ont eu la très mauvaise surprise de voir leurs boutiques et leurs magasins occupés par d’autres personnes.

Crise et tension, c’est le député de PAOUA I, Lucien Mbaïgoto qui avait tenté une conciliation à la villageoise, mais sans passer par les voies légales officielles – et pour cause, elles n’existent pas. Sans solution à court terme, le MPC d’AL KHATIM qui traîne toujours dans le coin veut s’en mêler. Et jusqu’à ce jour, rien n’est résolu, Status quo !

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© Mars 2017 – LAMINE MEDIA

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