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Analyses

TEMPERATURE/La MINUSCA à Bambari, le tri sélectif !

Albert Mahamat FALL

N’DJAMENA (LNC) – Impossible de comprendre la méthodologie de la gestion de crise de la MINUSCA à Bambari, comme dans le reste du pays. Elle déroule  le tapis rouge à des chefs rebelles, responsables de crimes de masse comme Aboubakar SIDIKI (3R) et Ali DARASSA (UPC), qu’elle a contribué même à exfiltrer, mais se focalise, soudainement et uniquement sur le FPRC, qui par effet de vases communicants, trouve tout cela bien étrange. Quant aux Anti-Balaka, même pas dans les radars onusiens.

Dans un communiqué daté de ce jour (27/02/2017), la MINUSCA y déclare avoir capturé trois hommes du FPRC à Bambari, à savoir Idriss Ahmed El Bashar, Yaya Idriss et Line Angou Aneser.

“Les autorités judiciaires centrafricaines, avec l’appui de la MINUSCA, vont procéder à leur interrogation à propos de leur présence dans les environs de la ville,” y lit-on dans le dit communiqué.

ACCÉLÉRATEUR D’INCENDIE

Depuis une quinzaine de jours déjà, les leaders du FPRC se plaignaient du traitement inégal des belligérants, dans cette guerre dite de “LA BATAILLE DE BAMBARI”, en favorisant les visées criminelles et expansionnistes de de DARASSA, tout en les stigmatisant. Ce qui, selon leurs dires, n’aura fait que conforter leur détermination pour “descendre” sur la ville de BAMBARI, “quitte à mourir pour cela” ajoutent-ils.

Ce qui en bilan est fort étrange de la part de la MINUSCA dans son traitement des ingrédients déjà fort complexes de ce conflit. Car il est évident qu’en favorisant les uns au détriment des autres, alors que tous devraient être mis à la même enseigne, n’étant tous que des assassins de masse.

Même les politiciens, habituellement très couards, pour une fois de s’indigner, à l’exemple de Ferdinand N’Guendet, lex président du Conseil National de Transition, qui lance une pétition pour l’arrestation d’Ali Darassa, en espérant un minimum de 500 signatures.

En province, pas un jour sans entendre des préfets, maires et autres autorité locales de presser la MINUSCA de faire son travail, et sans apathie ni parti pris. Des cris de désespoir dans le vide. Sous tutelle onusienne, la sécurité de la RCA dépend du bon vouloir et des caprices de la MINUSCA, dans la mesure ou le pays est interdit de réarmement de son armée, encore pour au moins un an.

Concernant la citation des “Les autorités judiciaires centrafricaines” comme référence, quelque part, c’est à se plier de rire. Des chefs de divers bandes rebelles, pourtant sous mandat d’arrêt internationaux, sont libres comme l’air à Bangui, et plastronnent. Un est député de la République, un autre Président de la Fédération de football, un autre fils de… fait ses choux gras à Boy-Rabe…Il y a quelques mois, même si elle s’en dédit, et jure ses grands dieux, la MINUSCA avait volontairement laissé échappé 3 importants chefs Séléka quittant Bangui, etc, sans oublier le fait que Faustin Touadera lui-même, à peine élu (façon de parler) d’ordonner aux juges de faire libérer des Anti-Balaka en jugement, pourtant convaincus de crime contre l’humanité – le Procureur de Bangui, s’en était même ému.

Sur le volet des enquêtes sur les affaires comme celle des morts de Bangui ville morte, ou des viols en réunion de femmes en Lobaye, la MINUSCA annonce toujours des ouvertures d’enquête, mais personne ne voit rien venir ensuite. Comme pour ceci et pour le reste, elle enterre les affaires dérangeantes.

Tout ceci n’apaise pas, ne rassure pas, mais attise les frustrations des uns et des autres, et en RCA, cela se traduit toujours à terme par des morts d’innocents.

Une MINUSCA autiste, qui n’écoute pas les doléances d’un peuple qu’elle est censée être venue sauver. Jusqu’à quand cette falsification ?

RETOUR DE LA PESTE ET DU CHOLERA

La dernière géniale trouvaille de la MINUSCA, c’est de parer le dictateur tchadien Idriss DEBY ITNO de toutes les qualités possibles, auxquelles même l’intéressé n’avait même sans doute pas pensé. “Personnage clé dans la résolution de la crise en RCA” déclare sans rire la MINUSCA, et de le ramener dans le jeu centrafricain, au prétexte vaseux de liens historiques entre les deux pays. Le problème n’est pas le Tchad, mais son dictateur de président “démocratiquement” et systématiquement réélu depuis 1990/91, année de sa prise de pouvoir par un coup d’état.

Un modèle que la MINUSCA trouve manifestement très inspirant.

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© Février 2016 – LAMINE MEDIA

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