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Centrafrique : BAMBARI – La MINUSCA piégée dans ses propres contradictions

Crédits photos : Eve Malonga | LAMINE MEDIA

Eve Malonga

BAMBARI (LNC) – Non seulement à Bambari, mais dans toutes les zones de conflit dans le pays, sous contrôle des bandes armées, la MINUSCA a laissé faire, ne passant son temps qu’à jouer à la cavalerie arrivant toujours trop tard. De s’étonner dès lors de voir se regaillardir toutes ces bandes rebelles mises en confiance du fait de l’impunité accordée.

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Présent à Bambari il y a quelques jours, le chef militaire de la MINUSCA, le général sénégalais Balla KEITA y rencontrait le chef rebelle de l’UPC, Ali DARASSA. Peu avant, c’était le chef politique de la MINUSCA, le gabonais Parfait Onanga-Anyanga, qui tenait réunion avec des chefs du FPRC, les adversaires des UPC.

Objectif de ces agitations diplomatiques, tenter de calmer les belligérants pour faire cesser les combats fratricides.

Bien évidemment, il n’a jamais été question d’évoquer les sujets qui fâchent, comme les tueries de civils, les destructions de matériels et les pillages commis par ces deux groupes rebelles.

Ce qui rend encore plus comique la déclaration de la MINUSCA de vouloir nettoyer le KM5 à Bangui de ses “bandits”, dont leur dernière action, en appuyant les gendarmes centrafricains, a mené à l’assassinat d’un chef d’auto-défense local. Deux poids, deux mesures donc !

LA FAMEUSE LIGNE ROUGE

A Bambari,  Balla KEITA faisait dans le “Bisounours”, estimant qu’il avait affaire à des “gens raisonnables” avec lesquelles il pouvait discuter. Les gens “raisonnables” en question, UPC comme FPRC sont en train, comme d’autres, “3R” etc, de mettre le pays à feu et à sang. Balla KEITA se réjouissait même du retour au calme dans la ville, et même d’y voir de nouveaux marchés s’y créer. Il était bien le seul. Bambari, comme partout dans les provinces, vit une crise humanitaire aiguë, mais, ceci a échappé au cher général.

Alerté par des bruits d’invasion de la ville par les FPRC, Balla Keita de refaire le coup de la “LIGNE ROUGE A NE PAS FRANCHIR”. Mais cette fois-ci, contrairement à son prédécesseur, un autre général gabonais celui-là, qui glosait sur la LIGNE ROUGE DE DAMARA, lui est allé jusqu’au bout. “La carotte et le bâton” disait-il.

Car, faisant fi des avertissements, les FPRC ont entamé un mouvement guerrier vers Bambari, bien mal leur en prit.

Aussitôt, la MINUSCA les a traqué vers la ville de IPPY pour les bombarder. On dénombre une trentaine de morts déjà, selon les premières estimations, dont de nombreux civils. De nombreuses maisons ont également été détruites.

POUR ALLER OU ?

Pour le Colonel Pierre DE LACAN, ancien responsable de sécurité de J.B Bokassa, cette affaire ne fait que mettre de nouveau à jour les impérities de la MINUSCA :

“Il y a un principe politicio-militaire que tous les pays occidentaux ont adopté, NE JAMAIS NEGOCIER AVEC DES REBELLES. Ce principe ce nous semble a également été transmis à la MINUSCA, raison de leur présence en RCA. Si la MINUSCA ne respecte pas cette règle, clairement notifiée dans leur ordre de mission par le Conseil de Sécurité, de désarmer par tous les moyens les bandes rebelles, alors elle n’a rien à faire en Centrafrique.

La MINUSCA a laissé faire ces bandes criminelles, et depuis, elles se sont sanctuarisées dans le pays. 60% du territoire échappe complètement au contrôle du pouvoir légal.

Aussi, la question que nous nous posons, à quoi sert la MINUSCA ? Ce bombardement à IPPY est la preuve qu’elle s’est elle-même embourbée dans son propre piège de laisser faire.

Parce que, que va-t’il se passer maintenant ? Le FPRC affaibli, avec un de leurs généraux, Zoundeko, mort il nous semble, va, et ceci est évident, subir dans les semaines à venir les attaques de l’UPC. Des renforts pour le FPRC arrivent su Tchad, on le sait. Ne parlons même pas des “3R” qui tuent des civils à KOUI et ailleurs, sous les yeux des casques bleus.”

English version

© Février 2017 – LAMINE MEDIA

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