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Afrique

Burundi : l’étrange retour du contingent burundais au sein de la MINUSCA

Fernando Cancio

BUJUMBURA (LNC) – L’affaire peut faire scandale. Fin juillet 2016, les Nations unies avaient décidé de rapatrier le contingent de la police burundaise en mission de maintien de la paix en Centrafrique. Les motifs de ce renvoi furent multiples. Mais 6 mois plus tard, c’est un contingent en masse qui s’apprête à rejoindre la MINUSCA.

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Ce Samedi matin (21 janvier 2017) à Bujumbura la capitale Burundaise, une première vague de 188 soldats viennent de prendre l’avion pour rejoindre le Centrafrique. Une partie de 850 soldats au total, prévus pour intégrer la MINUSCA.

Un retour étonnant, si l’on tient compte du fait que le précédent contingent en RCA était accusé de tous les mots, à tel point que l’ONU l’avait obligé à rentrer chez lui pour les motifs ci-dessous.

Avec des salaires impayés – entre 9  et 14 mois – ces soldats sur place se livraient ouvertement à différents trafics pour survivre, et plus grave, ces forces burundaises étaient également pointées du doigt dans des “cas de viols” commis sur “des enfants”, affaires non encore dévoilées publiquement, et que la MINUSCA avait méticuleusement couvert depuis longtemps. A l’image du même scandales des accusations de viols de mineurs par les français de la SANGARIS.

Pour l’essentiel, la plupart des allégations concernaient les contingents burundais et gabonais, pour des agressions sexuelles dans la région de Kémo entre 2013 et 2015.

Pour couper court à tout, l’ONU avait mi-2016, informé la représentation permanente du Burundi à l’ONU, par courrier codé : 204.02.18/342/RE/2016 en date du 3 juin 2016, de sa décision unilatérale de renvoyer leurs troupes en RCA à la maison. Car le Haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, tout de même informé, avait déclaré à l’époque qu’il fallait prendre «ces allégations, dont certaines sont particulièrement odieuses, extrêmement au sérieux». Et qu’il «est essentiel que les victimes soient protégées et reçoivent tous les soins nécessaires».

Paroles vaines,  rien n’a jamais été fait pour les victimes, notamment du côté de l’UNICEF, pourtant très tôt mise au courant.

Dès lors, à quoi rime le retour de ces burundais de si funeste réputation ?

EN COROLLAIRE CE QUE LA JUSTICE FRANÇAISE N’A PAS VOULU SAVOIR

Blanchir les soldats français de la SANGARIS à tous prix, semble avoir été le leitmotiv des conclusions des enquêtes du Parquet de Paris sur les graves allégations de viols de mineurs en Centrafrique. Précisons que si le mot “allégation” en français connote de vagues accusations, en Anglais, il signifie clairement ACCUSATION.

L’ONU POURTANT AVAIT REAGI FIN DECEMBRE 2015

Elle, et non la MINUSCA à Bangui, ouvrait une enquête sur ce que le Haut-commissaire aux droits de l’homme Zeid Ra’ad Al Hussein à Genève qualifiait d’allégations «extrêmement troublantes et révoltantes» de violences sexuelles, y compris de bestialité, exercées en Centrafrique par des soldats de la force française Sangaris et de l’ONU.

Une équipe de l’ONU à la même époque confirmait avoir reçu des rapports faisant état de soldats français de Sangaris qui auraient forcé des jeunes filles à avoir des rapports sexuels avec des animaux en échange d’argent.

«Nous avons reçu des rapports sur des cas de bestialité impliquant des soldats français, mais à ce stade nous n’avons pas de confirmation [….] Le nombre exact et la nature de ces allégations extrêmement troublantes restent à déterminer», précisait-elle dans un communiqué.

L’ONG AIDS-Free World elle confirmait dans un communiqué que trois jeunes filles avaient affirmé à un officier des Nations unies qu’en 2014, elles avaient été déshabillées et attachées par un militaire de Sangaris à l’intérieur d’un camp et auraient été forcées d’avoir des relations sexuelles avec un chien. Chacune aurait ensuite reçu de l’argent.

Enfin, un officiel de l’ONU à New York déclarait à LNC que l’ONU n’avait jamais été consultée par la justice française, afin d’étayer son dossier d’enquête sur les éléments qu’eux possédaient.

English version:

© Janvier 2016 – LAMINE MEDIA

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