unicefpub
Blog

BLOG/Centrafrique : A Bangui, l’illusion de la paix

Par JOSEPH AKOUISSONNE

IL FAUT DIRE LA VÉRITÉ AU PEUPLE

Bangui, jadis Bangui-La-Coquette, n’est qu’une petite portion du territoire centrafricain. L’illusion de la paix revenue, qui prévaut dans la capitale, ne doit pas faire diversion et fausser la perception de la situation chaotique du pays.

Les Centrafricains ne sont pas dupes. Ils appréhendent parfaitement les violences qui les frappent. Les voix qui s’élèvent constamment dans le pays pour seriner que le calme est revenu ne font que mentir. C’est une formidable diversion de la part des forces internationales, pour faire croire qu’elles ont accompli leur mission. Qu’elles ont sécurisé et réconcilié les populations. Que la paix (SIRIRI) est revenue.

Comment peut-on honnêtement parler de paix dans une Centrafrique dont plusieurs régions sont occupées par des séditieux ? Dans un pays dont la capitale devient un coupe-gorge la nuit tombée ? Où, même en plein jour, les taxis sont rackettés et dépouillés ? Le kilomètre 5 est aux mains des milices musulmanes de défense. Ce qui a, pour corollaire, les hésitations des déplacés de l’aéroport Bangui M’ Poko, à regagner leurs quartiers en ruine. Preuve flagrante que la sécurité n’est pas revenue dans la capitale. Certains endroits sont devenus des repères de brigands qui, au nom de leur religion, terrorisent la population. Quant à ceux qui se sont réfugiés à l’étranger, ils sont toujours en exil. Situation insupportable pour un pays qui, à juste titre, cherche à réunir tous ses citoyens autour de la table de la réconciliation.

LES AUTORITÉS DOIVENT AGIR AVEC VIGUEUR POUR METTRE UN TERME A UNE SITUATION INTENABLE

Le Président Faustin-Archange Touadera doit tenir un langage de vérité à la population. Son gouvernement doit communiquer constamment sur l’avancée du dialogue mené avec les bandes armées. Il faut cesser de biaiser. Les Centrafricains commencent à se lasser. Beaucoup d’entre eux pensent que la situation n’a pas évolué. Que l’insécurité rôde constamment autour d’eux. A cela, il faut ajouter les troubles sociaux en gestation.

Pour éviter la perpétuation du chaos, il faut impérativement trouver les moyens de mettre fin à cette insécurité récurrente. Tous ceux qui aiment leur pays doivent taire leur égo et apporter leur aide, sans conditions, à l’instauration de la paix. Les dotations venues de Bruxelles devront être accordées en priorité aux populations en détresse. Toutes les mesures devront être prises pour recoller le puzzle d’un tissu social disloqué. Pour rassembler et rassurer une population aux abois.

UNE PRIORITÉ : LE SORT DES DÉPLACÉS DE BANGUI M ’POKO

Il serait vain de demander à des populations traumatisées de regagner, la peur au ventre, leurs maisons incendiées. Quel serait leur sort ? Devenir de pauvres hères dans leurs propres quartiers ? Essayer de vivre sans le minimum nécessaire ?

Les dotations de Bruxelles peuvent contribuer à réhabiliter les quartiers saccagés par les séditieux et leurs mercenaires. La solidarité nationale doit, elle aussi, entrer en action et jouer pleinement son rôle protecteur. A savoir, reconstruire les maisons incendiées. Si possible avec des architectes locaux et de matériaux issus du pays. L’attribution des marchés doit être transparente et menée sous l’égide d’un comité de suivi. Une architecture locale existe : il faut la ressusciter, comme l’ont fait les Burkinabés chez eux. En utilisant la matière première du pays, on réduit fortement le coût de construction et les loyers. Le bois, l’argile pour les briques, la paille pour les toitures sont à portée de main. Sans oublier que les artisans centrafricains travaillent admirablement le fer.

Il faut se bouger. Rechercher l’efficacité.

Ce pays a enduré beaucoup de souffrances.

Désormais, il a besoin d’espérer.

BONNE ANNÉE 2017 A TOUS LES CENTRAFRICAINS !

PS : DONALD TRUMP ET DENIS SASSOU N’GUESSO

Les tribulations du président du Congo à New-York sont affligeantes ! Comment peut-on se précipiter pour rencontrer un raciste notoire comme Donald Trump ? La nomination de son conseiller, Stephen Bannon, n’a-t-elle pas été saluée par le Ku-Klux-Klan ? Sassou Nguésso a bien dû entendre les aboiements insipides de Trump à propos des Noirs et donc de l’Afrique ! « Les Noirs sont des fainéants. Ils ne travaillent pas beaucoup… » D’autres insanités d’après boire, du même tonneau, ont suivi concernant les minorités colorées.

C’est gravissime, car Sassou Nguésso était censé représenter l’Union Africaine. Il faut vraiment que certains présidents africains cessent de se coucher devant les dirigeants occidentaux qui ne font qu’appauvrir le continent.

Heureusement, une nouvelle génération d’Africains arrive, une génération qui rejette ce genre d’indécente exhibition et veut se battre pour laver les humiliations subies.

Imagine your best photo ever
To Top