unicefpub
Edito

EDITO/Rebâtir un pays sur des fondations inexistantes est un leurre grave !

Aline M’Pangba-Yamara
Rédactrice en chef de LNC
.

BANGUI (LNC) – Quand le président lui-même se prend pour un curé, en déclarant, à court d’argument, dans son discours de fin d’année : “Il faut oublier les stigmates de la crise, les ressentiments et la haine, pour laisser place au pardon et à l’amour du prochain”, il faut dès lors craindre le pire pour le futur proche; car quand on en est rendu aux incantations, cela signifie que l’on n’a aucune visiblité sur ce futur proche.

Dès sa naissance, le Centrafrique, à l’exemple du Congo-Kinshasa de 1960, plongeait immédiatement dans la crise politique, au départ, le sang versé en moins, avec de nombreuses révolutions de palais, menant un  crétin nommé David Dacko au pouvoir – par deux fois en plus – , et les intrusions nocives et perpétuelles de l’ancienne puissance coloniale, qui depuis, n’a cessé de garder une main ferme sur tout ce qui bouge dans sa colonie, traitée toujours comme une de ses sous-préfectures.

Il faudrait être idiot pour croire une seconde que la RCA fut indépendante un jour de la FRANCE. Comment en passant, hormis le passage de Bokassa au pouvoir, expliquer qu’il y ait toujours des troupes françaises en Centrafrique, si ce n’est pour toujours y maintenir un regard vigilant ?

LA FRANCE OUVRE LA BOITE DE PANDORE

Une trop longue période de transition politique, née des tractations de Libreville, et émaillée des fastes et autres gabegies criminelles de Catherine Samba-Panza, n’aura pas servi de leçons aux tenants du pantelant régime centrafricain.

Catherine Samba-Panza elle-même de l’avouer, elle avait truqué à grande échelle les élections générales post-transition, sous la pression du représentant de la France en RCA, en occurrence l’ancien ambassadeur Malinas. C’est ainsi que Faustin Touadera, à la surprise de tous, à la sienne même, s’est vu bombardé au pouvoir, au détriment de Dologuélé, jugé par la gauche française au pouvoir, tendant de par trop à droite.

Dès lors, ce qui se devait être un moment unique pour tourner la page de la chienlit dans ce pays, et d’un semblant de retour à l’ordre démocratique et républicain, virait à la farce et aux faux semblant.

Conséquences ? Ce qui devait se solutionner institutionnellement, tout du moins, n’aura contribué qu’à amplifier une crise sans fond à son paroxysme. Car jamais, de toute sa courte histoire, pourtant bien agitée, le Centrafrique n’aura connu une telle phase de déstabilisation à tous les niveaux depuis mars 2016.

DE BIEN MALSAINES FONDATIONS

L’infantilisme, le nihilisme, la cupidité, l’envie, la haine de l’autre, la duplicité,  l’absence de perspective, le népotisme, le tribalisme, le clientélisme, etc.. ont toujours été le terreau de l’univers politique centrafricain, qui de toutes les manières ne se renouvelle jamais. A ce niveau, le plafond de verre socio-politique ne se brise jamais.

Occasion inespérée après la catastrophique transition de tout raser, et de repartir à zéro, une fois de plus, occasion historique ratée !

Construire ce pays passe par l’extirpation de la HAINE DE L’AUTRE DANS LES COEURS, nous le constatons tous les jours sur nos réseaux sociaux de discussion, la PARDON, la COMPRÉHENSION, la DECOUVERTE DE L’AUTRE, l’EVOLUTION CULTURELLE, ne sont pas centrafricains.

Un frère est par terre, le plaisir est de l’enfoncer encore plus, en se réjouissant des images de sa destruction, et en les répétant à l’envie. Si le monde aujourd’hui est au XXIème siècle, ce pays s’est scotché au moyen âge, et continue de reculer, dans des violences apparemment réjouissantes.

Car il faut être d’une débilité sans limites pour s’attaquer à ceux venus vous aider, humanitaires et autres.

Dans ce pays, l’on ne cesse de se mentir et de s’illusionner. Les paroles ne font pas actes, et en la matière, les centrafricains sont champions du monde de l’hypocrisie.

20.000, 100.000, un million de casques bleus, des campagnes de sensibilisation à tout et n’importe quoi, que cela ne changera rien à cette si dramatique auto-destruction d’un peuple qui non seulement ne cherche pas à se connaitre, mais qui se hait par définition. La JALOUSIE est le ferment de tout cela.

Rien de solide, et encore moins de durable ne peut se batir sur des fondations inexistantes, si ce n’est la reproduction de ce que l’on est censé supprimer.

Ce texte trouvé au moyen age dans une église en France, d’un auteur inconnu, repris depuis par les rosicruciens de l’AMORC :

Je suis coupable de guerre quand j’exerce orgueilleusement mon intelligence au détriment de mes frères humains.

Je suis coupable de guerre quand je déforme les opinions des autres lorsqu’elles diffèrent des miennes.

Je suis coupable de guerre quand je ne tiens pas compte des droits et des possessions des autres.

Je suis coupable de guerre quand je convoite ce qu’un autre a honnêtement acquis.

Je suis coupable de guerre quand je cherche à maintenir la supériorité de ma position en privant les autres de leurs opportunités d’avancement.

Je suis coupable de guerre si je m’imagine que ma famille et moi-même devons être privilégiés.

Je suis coupable de guerre si je crois qu’un héritage me donne le droit de monopoliser les ressources de la nature.

Je suis coupable de guerre quand je crois que les autres doivent penser et vivre comme je le fais.

Je suis coupable de guerre quand je fais dépendre le succès dans la vie, de la force, de la réputation et de la richesse.

Je suis coupable de guerre quand je pense que la conscience des gens devrait être soumise par la force plutôt que suivre la raison.

Je suis coupable de guerre quand je crois que le Dieu que je conçois est celui que les autres doivent admettre.

Je suis coupable de guerre quand je pense que le pays qui a vu naître quelqu’un doit nécessairement être le lieu où il doit passer sa vie.

English version:

© Décembre 2016 – LAMINE MEDIA

Imagine your best photo ever
To Top