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Interview

Centrafrique : MINUSCA, l’affreux bilan 2016 des exactions sexuelles des casques bleus sur des mineurs

V.M

BANGUI (LNC) – C’est un fonctionnaire international de la MINUSCA à Bangui qui se confie à LNC sur les sans fins viols de mineurs en Centrafrique. Sous anonymat requis, sa condition pour s’épancher, ce qui se comprend.

“Je crois que cette année 2016 aura été la pire en matière de viols d’enfants en Centrafrique. Malgré les avertissements aux troupes, ça n’a pas cessé. A Bangui c’est plus facile de contrôler, mais dans les provinces, c’est impossible. Vous-mêmes aviez évoqué le cas de Boda où une femme de 23 ans a été violé par 8 soldats, personne n’en a parlé, nous ne le savions même pas. Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres de ces graves affaires clairement et volontairement souvent oubliées par notre institution.

De mémoire, il me semble qu’en 2016, il y’aura eu de connu, plus de 300 cas de viols de mineurs en RCA par nos troupes venues de différents pays africains, Gabon, Burundi, etc…
C’est le record absolu. Cela semble énorme, et pourtant, ce n’est que ce qui est connu.

Vous parlez d’enquête ? La MINUSCA n’a jamais diligenté d’enquête sur ces cas d’allégations de viols, JAMAIS, la même chose pour la France et les SANGARIS, qui de toutes les façons ne sont plus là, et nous avions reçu ordre de ne pas mettre notre nez dedans. Et puis comment prouver ? C’est parole contre parole, même si nous savons très bien que ces enfants ne mentent pas.

Les 6 morts de “Bangui ville morte” ? Il n’y a pas d’enquête et il y’en aura pas.

Parfait Onanga-Anyanga ? C’est un politicien qui ne pense qu’à sa carrière, la RCA il s’en moque complètement. Lui passe son temps à soigner son image.

Si je vais démissionner ? Non, ce serait fuir mes propres responsabilités, je viens d’un pays quyi a connu la guerre longtemps, je sais ce que c’est que de résister. Je compte faire un rapport directement au Conseil de sanctions de l’ONU courant 2017. Cela me vaudra sans doute une sanction pour avoir sauter ma hiérarchie, mais au moins, j’aurais la conscience ne paix.

Comme le patron de l’OCHA l’a dit hier, il n’y a pas d’état dans ce pays, c’est la culture permanente de l’impunité. Le gouvernement centrafricain ne fait absolument pas d’effort pour se renseigner. Maintenant lui demander d’ouvrir des enquêtes, même pas la peine.

Tout cela va-t’il influencer les donateurs potentiels de Bruxelles ? Evidemment. On ne donne pas autant d’argent a un pouvoir fantôme. La Banque mondiale vient de boucler la dernière et troisième phase d’aide à la RCA pour près de 16 millions de $, et ce sera tout, à mon avis.

Comme vous m’interroger, je vous donne là mon opinion et l’expression de mon dégoût.

English version:

© Décembre 2016 – LAMINE MEDIA

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