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Analyses

POLITIQUE : Jean-Francis Bozizé, l’épine dans le talon de Touadera

Fanny Minao-N’diaye

BANGUI (LNC) – Il y a de la friture sur la ligne. A quoi joue Touadera dans l’obscure affaire Jean-Francis Bozizé ? Une interrogation qui agite actuellement le landerneau politique centrafricain, tant nul ne sait où va la politique à géométrie variable du président centrafricain dans ce dossier. Ce qui inquiète, au sein même des membres du gouvernement.

Le fiston du dictateur déchu, revenant à Bangui, au risque de se faire arrêter, une énigme – l’homme étant sous le coup d’un mandat d’arrêt international – chose clairement annulée par le nouveau chef de l’état centrafricain. Arrêté par la MINUSCA et remis aux autorités nationales, il sera libéré quelques heures plus tard sur ordre express de Faustin Touadera, sans même avoir croisé un juge; ce qui interroge… Le chef de l’état, au vu de ses multiples intrusions dans les actions de la justice gérerait-il également le ministère de la justice, comme au bon vieux temps de Bokassa, cumulant les postes ministériels ? Apparemment, dans les faits oui.

Pourtant, un rapport interne de l’ONU envoyé récemment au Conseil de Sécurité déclare ceci :

“Depuis son retour, Jean-Francis Bozizé a maintenu et développé son réseau dans les groupes Anti-Balaka, et parmi les officiers de l’armée (FACA) à Bangui. [..] Son retour est une source de problèmes pour le président Toaudera, et peut expliquer la très récente mise en place d’une garde présidentielle.”

Jean-Francis Bozizé, comme nombre de chefs Anti-Balaka, est libre comme l’air à Bangui, à l’instar des chefs Séléka, eux libres aussi d’agir et de tuer en toute impunité en province, sans que le pouvoir central à Bangui, dont l’influence ne dépasse pas les limites de la capitale y trouve à redire.

CHEZ UBU ROI

Les Conseillers juridiques de Jean Francis Bozizé, Henri Pouzere et Jean Louis Opalagna, organisant une conférence de presse pour bien confirmer le fait que c’est bien le chef de l’état qui avait décidé de la réintégration de leur client au sein des Forces armées centrafricaines (FACA) à un grade flou, Colonel ou Général (nous n’en sommes plus à un amusement près), déclarant que cette « décision du Chef de l’Etat était conforme à la Constitution », c’est un fait.

L’on ignorait jusque là que la Constitution centrafricaine validait des individus poursuivis pour détournements de deniers publics et exactions contre des populations civiles.

Ces deux avocats confirmaient la validation d’un document, multiples fois repris sur les réseaux sociaux, et à priori prêtant à caution, tant mal rédigé, et sans référence, soit !

Cependant, Maurice Wilfried Sebiro, le conseiller media de la présidence, de toujours nier cette assertion, ce que ce jour, le gouvernement, d’encore confirmer. Du coup, qui ment et qui dit la vérité ?

Embarras au Palais, déclaration d’un conseiller de la Présidence à LNC :

“Vous là de LNC qui aimez tant fouiner, allez donc au camp Kassaï voir si Mr Bozizé a été réintégré dans l’armée. Ce n’est pas le cas. Les avocats de ce monsieur cherchent à nous forcer la main, parce que leur client, et tout le monde le sait, est un chef Anti-Balaka. C’est une pression sur le gouvernement, nous ne céderons pas. Jean-Francis Bozizé reste sous contrôle judiciaire, et sous la main de la justice, c’est tout. Les choses viennent d’être clarifiées sur les ondes nationales.”

English version:

© Décembre 2016 – LAMINE MEDIA

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