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Analyses

Crise centrafricaine : On n’exige pas de quelqu’un, ce qu’il est venu chercher

FAUSTIN TOUADERA PLONGE DANS LES DANGEREUX PARADOXES DE L’ONU

Gilles Deleuze

PARIS (LNC) – Exiger d’un grand malade qu’il soit en bonne santé avant de lui prodiguer des soins, c’est en quelque sorte le paradoxe posé par la communauté internationale au pouvoir en place de Faustin Touadera. L’intervention des forces internationales en Centrafrique était bien la preuve que ce pays partait complètement à la dérive, et donc, nécessitait une aide. Lui faire miroiter des milliards de $, tout en sachant que les conditions posées pour leur concrétisation étaient inatteignable, c’est du vice !

Les paroles du Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki-Moon : “le Gouvernement de la République centrafricaine et son Président Touadéra, doivent consolider la paix et engager le pays sur la voie du relèvement et de la stabilité” n’ont aucun sens. Le médecin a failli à guérir son malade, car quelque soit le bout par lequel la problématique est prise, la présence des forces internationales, venues aider la RCA à se stabiliser et à se relever, aura été un échec dans l’accomplissement de leur mission.

Les forces rebelles dans le pays ne sont non seulement pas dissoutes, neutralisées ou intégrées, mais sont bien plus puissantes encore qu’en début 2013, au point d’officiellement disposer de leurs quartiers militaires permanents dans des villes de province, et d’administrer en toute autonomie plus de la moitié du territoire national. Tout ceci, avec l’aval tacite de ces forces internationales, en principe censées les neutraliser.

Il n’appartient pas au pouvoir centrafricain d’agir contre, avec quoi ? dont l’ONU a coupé les ailes en lui interdisant de réarmer son armée, mais à cette instance qui a mis de fait, ce pays sous tutelle, et une personne sous tutelle est par définition ‘irresponsable’, dépendant complètement du soutien et de l’appui de son curateur.

LA QUADRATURE DU CERCLE

Cette histoire nous rappelle la situation impossible des étudiants africains en France dans les années 80. A l’époque, pour qu’ils puissent s’inscrire à l’université, ils devaient posséder préalablement une carte de séjour, mais, pour avoir cette carte de séjour, il leur fallait montrer à la préfecture un document d’inscription universitaire. Le serpent se mordait la queue.

Et c’est une situation identique qui se présente en RCA sous d’autres formes. Puisque, pour avoir le soutien financier si nécessaire des bailleurs de fonds, le Centrafrique doit démontrer qu’il est stable, et que les institutions fonctionnent; mais, pour que les institutions fonctionnent, il lui faut un soutien financier. Vous voyez le topo ?

Une absurdité portée à son comble

Dans la mesure ou cette fameuse communauté internationale a validé les différents nouveaux pouvoirs centrafricains, nonobstant toutes les formes de contestation locales, allant jusqu’à clamer que les élections en RCA sont un “modèle pour l’Afrique”, à partir de là, il faut assumer “le monstre”.

En l’état actuel des choses, que Touadera peut-il dire, autrement que de déclarer : “Nous devons aller vers un désarmement négocié” ? Il ne peut pas dire autre chose que cela, puisqu’il est sans moyens face à des hordes de rebelles surarmés ! Et c’est un politicien, non un guerrier. Il ne faut pas attendre de lui de réagir en “va-t’en-guerre” comme François Hollande. Sa seule fenêtre de tir, c’est la NEGOCIATION TOUS AZIMUTS, notamment, en mettant en place cet embryon de processus de DDRR, même si l’on sait que c’est par avance une impasse, considérant les forces en présence. Un moribond n’a aucune chance de triompher dans des négociations dans lesquelles il va sans biscuits.

En vérité, la MINUSCA stigmatisée à de nombreuses reprises, et à juste titre, pour son inactivité, ou encore pour son incapacité à anticiper les conflits, et pire encore, pour tolérer les la présence des plus de 14 groupes de bandes rebelles, voire même de les légaliser, doit appliquer STRICTEMENT le mandant dit “robuste” justifiant sa présence en RCA.

La MINUSCA n’est pas en Centrafrique pour jouer aux billes avec les bandes armées, mais pour les combattre.

PERDRE CELA DE VUE, C’EST COULER LE PAYS.

English version:

© Décembre 2016 – LAMINE MEDIA

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