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Humanitaire

MSF/OFFRE D’INTERVENANTS A L’OCCASION DE LA JOURNEE MONDIALE DE LUTTE CONTRE LE SIDA

La République Centrafricaine reste le pays le plus touché par le VIH/SIDA en Afrique centrale et elle occupe le 10e rang mondial avec une séroprévalence nationale de 3,7% (ONUSIDA). Selon l’OMS, depuis 2000, le VIH/SIDA est la première cause de décès au sein de la population globale dans le pays.

La crise militaro-politique que connait la RCA depuis Décembre 2012 a eu des répercussions négatives sur le système de santé du pays, notamment sur les activités de lutte contre le VIH/SIDA. La stigmatisation, la faible couverture nationale en dépistage et en traitements antirétroviraux (couverture nationale TAR estimée à 24%), les barrières financières à l’accès aux soins, la limitation du nombre des prestataires et le faible plateau technique sur l´ensemble du territoire constituent autant de facteurs qui limitent la prise en charge correcte des personnes vivant avec le VIH en RCA.

ACTIVITES ACTUELLES DE MSF DANS LE DOMAINE DU VIH/SIDA

C’est dans cette optique-là que l’organisation MSF a intégré le volet VIH/TB dans une grande partie des 17 structures de santé qu’elle appuie à travers le pays.

MSF apporte un soutien aux services du laboratoire et de la médecine interne (capacité de 62 lits) au niveau de l’Hôpital Communautaire à Bangui. Les équipes médicales de MSF garantissent la gratuité des soins pour les hospitalisations, les traitements et les examens biologiques liées au VIH/SIDA et la tuberculose.

A Ndélé, dans la préfecture de Bamingui Bangoran, MSF assure la prise en charge du VIH/SIDA dans les soins proposés à l’hôpital général de référence de la zone. Quelques 249 personnes s’approvisionnent en médicaments Antirétroviraux, ou ARV (un traitement qui contrôle les effets du VIH que la personne doit prendre à vie) et bénéficient des consultations gratuites proposées par l’équipe MSF.

A Zemio, dans l’est du pays, MSF fournit un traitement antirétroviral à 1.400 patients VIH. L’organisation a débuté la décentralisation de la prise en charge des patients VIH vers les postes de santé, afin de faciliter l’accès au traitement pour les patients stabilisés, et met en place un « modèle communautaire » novateur dans le même objectif.

A Carnot, dans la Préfecture de la Mambere-Kadeï, MSF soutient le département de médecine interne avec la prise en charge des patients VIH/SIDA et tuberculose.

Entre janvier et juillet 2016, au total 2.427 personnes au stade avancé de la maladie ont été hospitalisées dans ce service. MSF fournit également des ARV à plus de 1.500 personnes vivant avec le VIH. Ayant constaté que certains patients parcouraient plus de 100 km pour accéder à un traitement, MSF a décentralisé les soins sur 3 sites différents à l’extérieur de Carnot.

A Bangassou, dans la préfecture de Mbomou, MSF prend en charge les patients au stade avancé de la maladie dans le service de médecine interne à l’Hôpital Général de la ville.

Dans la préfecture de l’Ouham, MSF apporte son soutien entre autre au service de prise en charge du VIH à l’Hôpital de Boguila. Le personnel soignant y assure l’approvisionnement d’ARV à un groupe de 320 patients. A Batangafo, l’organisation assure la prise en charge d’une cohorte de 260 personnes sous ARV. Enfin, à Kabo, une file active de plus de 380 personnes reçoit un traitement ARV et des consultations régulières.

A Paoua, dans la préfecture de l’Ouham Pende, les équipes de MSF prennent en charge 1.280 personnes actuellement sous ARV. Les activités de distribution d’ARV et de prise en charge ont déjà été décentralisées dans une structure sanitaire périphérique, pour faciliter le rapprochement des soins du patient. Une décentralisation des activités dans une deuxième structure est prévue pour les mois à venir.

ENJEUX ET RECOMMENDATIONS

Les principaux enjeux des projets VIH de MSF en RCA sont :

  • D’appliquer la gratuité de la prise en charge des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) : le dépistage, la consultation, les tests de laboratoire et l’hospitalisation doivent être gratuits afin d’améliorer l’accès et la qualité de la prise en charge.

  • Mettre en place la délégation des tâches pour augmenter et améliorer l’offre de soins : en RCA, trop peu de médecins sont autorisés à initier les patients au traitement ARV et les infirmiers, une fois formés, sont en mesure de mettre les patients sous traitement et d’assurer leur suivi.

  • Mettre en place des modèles différenciés de soins : les patients stables n’ont pas besoin de se rendre au site de prise en charge chaque mois pour aller chercher leurs médicaments.

  • d’améliorer la qualité de la prise en charge des malades à travers un renforcement des capacités des ressources humaines (effectifs supplémentaires et formation continue du personnel et supervision) et un approvisionnement robuste en médicaments et consommables ;

  • Mettre en place des conseillers psychosociaux, issus des associations de PVVIH, dans les sites de prise en charge pour assurer le counseling, l’éducation thérapeutique, la recherche des perdus de vue.

  • d’appuyer les services laboratoires afin d’élever le plateau technique et de réduire le temps nécessaire pour le diagnostic, ce qui permet d’accélérer la prise en charge des patients ;

Le VIH est une maladie grave, mais elle n’est pas une peine de mort. Une personne peut bien vivre avec le VIH, tant qu’elle soit au courant de son statut, a un accès aux soins de santé, et peut suivre un traitement ARV fidèlement. C’est pour cela que MSF préconise :

  • L’adoption de stratégies pour intensifier le dépistage VIH : renforcer le dépistage gratuit dans les différents services des structures de santé, tels que les services de pédiatrie, TB, médecine interne ; renforcer le dépistage gratuit dans les familles des PVVIH avec le soutien de conseillers psychosociaux ; adopter les dernières recommandations de l’OMS, le « dépister et traiter ».

  • Former davantage de personnel médical et paramédical pour la mise sous traitement ARV.

  • Assurer un approvisionnement dans les structures de santé qui permet de prescrire des ARV pour une plus longue période (de 3 à 6 mois) pour les patients stables.

  • Financer et renforcer les capacités techniques des associations de patients pour leur implication dans la prise en charge du VIH : les conseillers psychosociaux ont un rôle clé à jouer dans l’amélioration de la prise en charge des PVVIH. Les associations peuvent également jouer un rôle dans le suivi de l’accessibilité aux services par le patient.

EN BREF

Toute l’année 2015

Janvier à juin 2016

Personnes suivant un traitement VIH assuré par MSF

9162

6282

Personnes sous ARV pris en charge par MSF

6420

4895

Femmes enceintes testées

9757

10,454

Consultations prénatales pour femmes positives VIH

203

308

Bébés sous traitement préventif

213

309

INTERVENANTS

Dr Emmanuel Lampaert : Chef de mission MSF-Belgique

Dr Lampaert est un médecin et le chef actuel de la mission MSF-Belgique en RCA. Il a une longue expérience dans le domaine de la santé en RCA et en Afrique Centrale. Il est en RCA depuis 2 ans et a travaillé comme coordinateur médical pour MSF à Kinshasa, où l’organisation gère un centre de prise en charge de VIH important.

Dr Lampaert sera capable de s’exprimer par rapport à de nombreuses thématiques liées à la prise en charge du VIH/SIDA en RCA, notamment l’accès au dépistage, traitement et soins hospitaliers, et les recommandations de MSF en ce qui concerne la prise en charge de la maladie.

CONTACT

Pour plus d’informations ou pour organiser une interview avec un intervenant MSF, merci de contacter

Sandra Smiley, Responsable de communication, MSF en RCA 72 07 69 95

msff-bangui-presse@msf.org

Fidèle Ngombou, Chargé de communication, MSF en RCA 75 11 59 81 / 72 52 16 71

msf-bangui-comofficer@barcelona.msf.org

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