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Edito

Centrafrique : Bangui dans sa bulle pour fêter le 1er décembre depuis 3 ans

Fanny Minao-N’Diaye
Directrice du Groupe LAMINE MEDIA

BANGUI (LNC) – Peu avant la fête nationale, pas célébrée depuis 3 ans, Bangui se voyait inondée de panneaux publicitaires à la gloire de Touadera, chantant : “L’homme de la paix et du dialogue et de la cohésion sociale”, mais quitte à une fois déranger les thuriféraires et habituels chercher à manger de Touadera, de qui se moque-t’on là ?

Des morts partout en province, des rebelles déjantés qui font ce qu’ils veulent, et on fait la publicité de “l’homme de la paix” ?

Comme l’a dit récemment Joseph Bendouga :

“Cet homme est un usurpateur, depuis qu’il est là, c’est pire qu’avant, avec le retour du copinage et des obstructions démocratiques.”

Bangui dans ses habits de gala pour renouer avec la tradition de la fête de l’indépendance, ce qui en passant est une erreur, la RCA a eu son indépendance de la France, la toujours puissance coloniale, le 13 août 1960, certainement pas le 1er décembre, une date qui ne correspond à rien.

Bangui, toujours autiste, Bangui, capitale de Bangui seulement, certainement pas de la RCA.

Le symbole politique fort, eut été que Touadera, le pigeon voyageur, aille fêter cela à Koui, Bocaranga, Kaga-Bandoro ou encore dans ces villes de province où des centaines de morts y ont été déplorés.
Mais non, le “Président” élu par Samba-Panza et la France, reste à Bangui, comme tous ses prédécesseurs sur le “mbata ti makoundji” du palais de la Renaissance.
Mais ça, ça n’a certainement pas une seconde titillé le cortex de Mr “le Professeur”, de celui que Bozizé dans ses périodes de rigolade qualifiait de : “Le problème de Touadera c’est qu’il est lent à comprendre les choses.” – ce qui lui vaut depuis, ce surnom tenace de la TORTUE.

L’espace de quelques heures, l’on y a cru. La RCA était redevenue un pays “normal”. Hé non, cela ne se passait qu’à Bangui, au moment même ou nous apprenons que des crimes étaient encore commis dans l’arrière pays. LNC y reviendra.

En dehors de sa rhétorique habituelle brassant du vent, personne n’a entendu ce jour le président parler du sort des centrafricains morts, souvent atrocement des mains des forces rebelles, personne n’a entendu ce jour le président, ne serait-ce qu’un instant ouvrir une trappe d’espoir, ne serait-ce que politique.

La moitié de la population centrafricaine vit en dessous du seuil de pauvreté, un autre de son tiers est réfugié à l’étranger, y vivant dans des conditions abominables.

La CENTRAFRIQUE DEPEND A 100% DE L’AIDE INTERNATIONALE, PAYS EN FAILLITE, ET LE GOYO PRÉTENDUMENT AU POUVOIR S’Y DIT HOMME DE LA COHESION SOCIALE ? MEME PAS EN REVE !

COMMENT PEUT-ON SE REJOUIR D’ETRE A LA TETE D’UN PAYS FAILLI, ET QUE L’ON NE FAIT RIEN POUR L’EN SORTIR, A PART DISTRAIRE LE PEUPLE AVEC DES AMUSEMENTS ?

QUE L’ON CESSE DE SE MOQUER DU MONDE !

English version:

© Decembre 2016 – LAMINE MEDIA

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