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Edito

EDITO : Centrafrique, enfin 1ère quelque part, devenue le pays le plus pauvre de la terre

Par Aline M’Pangba-Yamara

(LNC) – A force de tirer sur la ficelle, elle y est enfin arrivée, avec le record d’être devenue le pays le plus pauvre de la terre. Un exploit unique, étant donné que personne n’a attaqué ce pays. Les centrafricains se massacrent entre eux, et pire, tuent en toute inconscience ceux venus les aider à s’en sortir. L’illettrisme à plus de 80% du pays ne justifie pas tout.

paradoxe

Pour le moindre bout de crayon, le moindre pont à retaper, il faut l’aide internationale. La République Centrafricaine n’est jamais tombée aussi bas dans son histoire qu’actuellement. Elle ne peut rien assumer par elle-même à part pleurer de l’aide. Et sur ce qui lui revient en tant qu’ETAT de DROIT, elle n’assume pas. Impunité pour les criminels toujours plus nombreux, gabegie, poltronnerie et nihilisme politique, l’orée du même pas le lendemain est déjà fort sombre.

Certains, pourtant encore hier chauds soutiens de Touadera de s’interroger : “On veut bien admettre que dans ce pays, tricher aux élections soit un sport national. Mais Touadera a volé les élections pourquoi faire ? Il ne fait rien. Les choses ont empiré dans le pays depuis son investiture, et il nous distrait avec son DDRR.”

Faustin Touadera n’a pas la baguette magique pour changer les choses, mais il ne l’a pas cherchée non plus. Même si et surtout, il héritait d’une lourde charge, dont apparemment il n’a pas conscience. Car dans un pays en tel état de crise, on ne passe pas le plus clair de son temps à se promener à l’extérieur et à faire des discours généraux aux relents électoralistes.

Ce peuple qui ne l’a pas élu, n’attend pas de lui de la sémantique et du baratin, mais des actes

Centrafrique pays championne des réunionites de toutes sortes, campagnes de sensibilisation de ceci ici, de cela là bas, formations à on ne sait quoi ailleurs. Du temps perdu inutilement, lorsque les communautés refusent toujours de cohabiter ensemble. Et les magouilles politiques n’aident pas. Ne donnent pas l’exemple. Impossible de faire un effort commun, dans un pays au pouvoir inexistant et aux  verrous étatiques explosés.

Les causes des difficultés du pays ne sont toujours pas abordées. Et surtout masquées par cette sale habitude centrafricaine de voir la main de Dieu partout – facilité pour éviter de se prendre en mains. Ils vont encore la chercher longtemps la main de Dieu. Pays soit-disant de foi, mais où on y tue son semblable à tout va ! Une terrible hypocrisie que masque à peine la toujours féroce haine de l’autre. Un pays irrationnel où l’on peut s’y faire détester pour des motifs inconnus.

Les toujours “c’est la faute des autres”, hier encore les Français, maintenant la MINUSCA, ne sont pas une solution, si le pouvoir en place n’a aucun change à proposer. Le seul enthousiasme présidentiel, c’est de faire la tournée des popotes pour quémander de l’aide. Tandis que, choses aisées, impulser la foi aux paysans dont le pays dépend à 80%, stimuler les acteurs économiques. Seulement en mots déjà ! Le centrafricain est très sensible aux mots de motivation, et c’est gratuit. Même faire cela, Faustin Touadera s’en révèle incapable. Vivant hors sol dans sa bulle avec ses femmes et ses concubines.

Un laisser faire inquiétant… N’est-ce pas Touadera qui avait ordonné aux juges, à leur grand dam de faire libérer tous les criminels Anti-Balaka en jugement ? Ce même Touadera qui avait dit à un certain nombre de chefs criminels de bandes rebelles : “Aidez-moi à gérer le pays ?”. On a vu ! SIDIKI l’a bien compris, des morts par centaines.

Stimulés par la faiblesse attendue du pouvoir, les Anti-Balaka et les Séléka, et que l’on cesse de dire ex-Séléka, ce sont toujours des Séléka, prennent du poil de la bête, et sanctuarisent leurs espaces de proies, à coups de massacres des populations civiles.  SUR TOUT CELA, PAS UN MOT PLUS QUE L’AUTRE CONTRE DE TOUADERA. NE PARLONS MÊME PAS DES CAS DE VIOLS DE MINEURS ET AUTRES ACTES DE BESTIALITE PAR LES FORCES INTERNATIONALES, SANGARIS ET MINUSCA….RIEN DE LA PART DU PSEUDO-PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE.

Il ne nous semble pas que le rôle d’un pouvoir ne soit que de compter les morts et de se plaindre. Autant rendre le tablier en démissionnant pour incompétence, d’autant plus aisé que personne ne l’a élu.

Ce qui fait double peine pour les centrafricains, car non seulement l’homme qui est au pouvoir y est illégitimement par tricherie électorale, mais pire, c’est un incompétent, et manifestement notoire, si l’on se fie au dire d’un cacique du KNK.

Mais focaliser sur un pouvoir de passage n’est pas un espoir, mais une désespérance. Parce que un pays, fusse t’il le plus pauvre de la planète ne meurt pas.  Il peut se désespérer de ses politiciens sans perspective, se désespérer de l’instant présent très sanglant, mais certainement pas de lui-même, ni de son avenir. RCA pays potentiellement l’un des plus riches du monde se réveillera un jour. Sans doute que cette dure épreuve lui est nécessaire pour en prendre conscience.  Et cela se fera. L’Argentine des dictateurs, personne n’y croyait; et pourtant, des femmes, juste des femmes sur la Place de Mai à Buenos Aires les feront tomber !

poisson-rouge1Malgré tout, la solidarité existe encore en RCA quand les intérêts communs sont en jeu. Et là pas d’instrumentalisation de la fausse différence entre chrétiens et musulmans, à croire que ce pays n’est fait que de ces deux genres – la tontine ou Kelembga en local existe toujours. Avec ça, on peut relancer l’économie informelle. La diaspora peut aussi aider. Juste prendre des nouvelles ne suffit pas. Et nous savons qu’elle est présente à travers de nombreuses associations. Là seulement quelques exemples simples. De petits cours d’eau font le fleuve.

Ce que les centrafricains ne feront pas par eux-mêmes, et solidairement, pour eux-mêmes pour développer les potentialités du pays, en se laissant toujours manipulés par des oiseaux de mauvais aloi, d’autres le feront, et à leur détriment. Que les souffrances de la colonisation leur soient un stimulant. Même dans ce pays, la mémoire est celle d’un poisson rouge.

NE PLUS Y CROIRE ? ALORS AUTANT MOURIR

ET NOTRE PAYS NE MOURRA PAS ! IL NOUS APPARTIENT ET NON AUX POLITICIENS VEREUX QUE L’ON NOUS A IMPOSE !

English version:

Octobre 2016 LAMINE MEDIA

 

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