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Afrique : Le Burundi, premier pays africain à quitter la CPI

Le Burundi a décidé, le 6 octobre dernier, de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI). Une manière de mettre en application les conclusions du sommet de l’Union Africaine (UA) tenu en janvier dernier à Addis-Abeba, au cours duquel les Etats membres avaient enclenché leur départ de la CPI.

Sur proposition du Président kényan, Uhuru Kenyatta, l’UA avait adopté un texte prévoyant le retrait des pays africains de la CPI. Et pour cause. Cette juridiction pénale internationale ne s’en prend qu’aux chefs d’Etats africains.

La décision que vient de prendre le gouvernement burundais, celle de prendre son destin en main dans la résolution de ses problèmes, vise à exciter les autres pays à lui emboiter le pas.

L’on retient qu’un examen préliminaire sur le Burundi a été ouvert en avril dernier par la CPI. Quelques jours plus tard, le comité des Nations unies contre la torture a publié un rapport accablant, tandis que le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a décidé de créer une commission internationale d’enquête sur les exactions commises au Burundi. Une liste de douze personnalités considérées comme responsables des graves crimes commis en toute impunité à travers le pays et qui pourraient relever de la CPI a été également rendue publique.

Pour le gouvernement burundais, il s’agit d’un «complot international qui veut faire tomber un pouvoir élu». Ainsi, le conseil des ministres du jeudi dernier a approuvé un projet de loi portant révision de la loi du 01/011 du 30 août 2003 sur la ratification du statut de Rome instituant la CPI. Le projet de loi a été envoyé vendredi à l’Assemblée nationale pour analyse et adoption.

Le premier vice président burundais, Gaston Sindimwo, a expliqué que le gouvernement burundais a décidé de se retirer des statuts de Rome conformément à l’article 127 des mêmes statuts. Autrement dit, adhérer ou se retirer de la CPI est une décision souveraine d’un Etat.

Cependant, le retrait n’affecte en rien l’examen des affaires que la CPI avait déjà commencé à examiner avant la date à laquelle il a pris effet. Or, la décision du gouvernement burundais intervient après que la CPI ait déjà été annoncé, au mois de mai dernier, l’examen préliminaire du Burundi.

Quel pays emboitera le pas à Burundi ?

La proposition du retrait de la CPI faite par le Président kényan avait reçu l’assentiment des autres chefs d’Etats et de gouvernement africains. Le Tchadien Idriss Deby Itno, Président en exercice de l’UA, avait expliqué que c’était une décision motivée par un acharnement de la CPI contre les dirigeants d’Afrique.

Les relations entre les chefs d’Etat et de gouvernement africains et la CPI ne sont pas au beau fixe. Les dirigeants africains accusent la cour d’être un instrument impérialiste à la solde de l’Occident et qui ne poursuit que les Africains.

La CPI avait été créée en effet pour poursuivre, juger et condamner les auteurs et responsables des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et de génocide. Elle est entrée en vigueur en 2003. Depuis, plusieurs crimes de guerre sont commis presque partout à travers le monde. Mais, la cour s’intéresse beaucoup plus aux affaires africaines. Pour preuve, presque toutes les enquêtes et procédures ouvertes jusqu’à ce jour ne concernent que les Africains, précisément en Centrafrique, en Côte d’Ivoire, au Kenya, el Libye, au Mali, en Ouganda, en RDC, au Soudan. On dit que «la CPI fonctionne à deux vitesses».

La CPI a été créée avec la contribution des Etats africains : il y a 34 Etats qui ont signé et ratifié le Statut de Rome. Que devient-elle si tous ces Etats la quittent ?

Source : Portail242.info

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