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Centrafrique : Quand Armel Sayo tente de faire assassiner ses anciens compagnons

Michal Mamadou

Bangui (LNC) – Armel Ningatoloum Sayo, étant non le fondateur du mouvement rebelle Révolution Justice (R.J) – Cette rébellion fut créée par le colonel Raymond Belanga – mais son interface publique, règle ses comptes de manière définitive avec ses opposants.

UNE AFFAIRE DE GROS SOUS AVEC LE DDR
Raymond BELENGA

Raymond BELANGA

Dès qu’il rentra de Brazzaville pour les prétendus Accords de Brazzaville, Armel SAYO en entrant dans le Gouvernement de transition de SAMBA-PANZA, coupera les liens avec ses miliciens de RJ.

En sachant que depuis Brazzaville les groupes rebelles en Centrafrique reçoivent de l’argent pour les aider à se cantonner, des primes dites : primes globales d’alimentation (PGA), Sayo à Brazzaville avait reçu comme tous rebelles présents, une somme de 320.000 F CFA, plus 80.000 autres F CFA pour frais de déplacement.

Mais lors de la signature des Accords de Brazzaville, il ne signera pas au nom du RJ, mais d’une usine à gaz bien à lui, créée en catimini avec ses proches à Bangui , qu’il appelait « Organisation Patriotique pour la Révolution et la Justice » (OPRJ).

Par cet acte, il laissait à l’abandon le R.J et Raymond Belanga le chef d’état major du mouvement dans la détresse devant les troupes, abandonnés et sans fonds.

Ainsi, jusque là, personne dans le grand public ne savait pourquoi Sayo s’était très vertement opposé à la participation de ce qui semblait être son groupe au processus de DDRR initié par le gouvernement.

Le DDRR est perçu par les chefs rebelles comme une bonne occasion d’avoir de l’argent facile, au compte des cantonnements et autres. C’est leur principale motivation.

En négligeant d’entretenir ses troupes lors de son passage éphémère au gouvernement de Samba-Panza durant la transition, Sayo s’était mis ses hommes à dos, qui commencèrent par le destituter du commandement, et comme la chose ne suffisait pas, son chef d’état major le Colonel Raymond Belanga, associé à Passi Ingram comme second, feront dissidence, en créant le « Révolution-Justice 2 (RJ-2) ».

Voyant le danger de perte d’une manne financière via le DDR à l’horizon, SAYO décide d’échaffauder un plan de combat pour réduire physiquement au silence les têtes de ce RJ-2.

ELIMINATION PHYSIQUE DES DISSIDENTS

Ne voulant donc pas entendre parler de cette RJ-2, il mettra un contrat de mort sur les têtes de ses chefs, Belanga et Ingram.

Une prime de 40.000 F CFA pour chaque tête est promise aux éventuels tueurs à gages qui exécuteront la besogne.

Des hommes réussiront à  capturer Passi Ingram. Correctement tabassé, ligoté et yeux bandés, il sera conduit au cimetière « Gui mo wara » dans la nuit pour y être exécuté. Mais les assassins veulent d’abord être payés, et contactent Sayo. Celui-ci tergiverse et les renvoie vers un certain Jonathan, mais ce dernier reste injoignable en dépit de nombreux appels.

Excédés, ils se rendent alors au domicile de Sayo qui n’ouvre pas sa porte.

Les tueurs à gages alors très très remontés, retournent au cimetière et libèrent Ingram sur le champ, en lui expliquant bien qu’ils n’agissaient que sur ordre d’Armel Sayo qui voulait son élimination physique avec celle de Belanga.

C’est pour cela que Raymond Belanga s’empressera d’inscrire son RJ-2 au Comité Consultatif et de Suivi du processus DDRR, pour échapper à la chasse à l’homme de Sayo.

PLAINTE POUR TENTATIVE D’ASSASSINAT

Comme les discussions et négociations avec Sayo avaient été enregistrées par les ravisseurs,  ceux-ci en remettent des copies à Ingram.

Il sera 9 h du matin quand il quittera enfin libre le cimetière, pour se rendre au tribunal et porter plainte auprès du procureur de la République contre Armel SAYO pour tentative d’assassinat en bande, enlèvement et torture.

Affaire à suivre…

English version:

Septembre 2016 LAMINE MEDIA

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