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Edito

EDITO : France Vs Chine, le combat des ressources centrafricaines

Aline M’Pangba-Yamara
Rédactrice en chef

Bangui (LNC) – La vache chinoise à l’assaut des territoires coloniaux de la grenouille française, telle est la nature du combat actuel entre les deux pays, avec comme objectif, l’appropriation des ressources naturelles inexploitées de la Centrafrique.

Faustin Touadera à l’égal de ses prédécesseurs passés à la présidence, manipulé par la France ? Apparemment non ! Car, s’il avait, avant son élection (discutable et comment !), promis à la France la continuation et même la sanctuarisation de l’exploitation souterraine de la RCA à la France, histoire de la rassurer, notamment en promettant la concession de la déjà très juteuse exploitation du pétrole centrafricain à TOTAL; depuis, il a changé d’avis, en cédant aux charmes asiatiques des chinois.

Exercice délicat et périlleux, car ce fut à ce jeu là que François Bozizé avait perdu le pouvoir, et ouvert la porte au retour des “Barracuda” version 2012 des français, sous le label SANGARIS. Car comme récemment le lanceur d’alerte américain – ou whistleblower – Edward Snowden l’avait dévoilé :

L’opération SANGARIS en République Centrafricaine n’avait sous des habillages humanitaires, que pour objectif caché d’expertiser les ressources minières du pays au profit de la France, et d’empêcher les chinois de poser les pieds en RCA. Un “false flag” – opération sous faux drapeau –  comme ils disent dans leur jargon.

A l’évidence, dès décembre 2012, au moment de lâcher Bozizé, le président français, avec son talent coutumier de maladresse avait vendu la mèche : “La France n’est en Centrafrique que pour y défendre ses intérêts.”

Et c’est quoi ses intérêts en RCA ?  Sauver les populations du chaos ? Manifestement non, étant donné les exactions des soldats français en Centrafrique, qui dès 2012, commençaient déjà à violer des mineurs centrafricains par centaines. Dossier depuis étouffé par le président français François Hollande, garantissant par le fait, l’impunité à ses soldats violeurs. L’affaire des viols de mineurs par des Sangaris est classé SECRET DEFENSE – une sorte de fourre tout pour enfouir à jamais les dossiers dérangeants.

Touadera qui marche sur des oeufs avec ses connivences chinoises, risque gros, un coup d’état est si vite arrivé ! ne poussera pas l’audace jusqu’à demander des comptes, ni à l’ONU, ni à la France sur cette affaire; en contraignant même le procureur de Bangui à ne pas ouvrir d’enquêtes sur les viols de mineurs par les soit disant forces internationales dans le pays.

LA CHINE EN  FORCE

En Chine, quasiment depuis la mort du Grand Timonier MAO, le pays s’est ouvert au capitalisme sauvage, un peu à l’égal de sa consœur russe. Et le pays a besoin de ressources mais aussi de débouchés. Aussi, depuis, elle regarde l’Afrique avec des yeux de Chimène.

Et le dit Pré-carré français (qui fit ses 30 glorieuses) n’est plus sacré. Les ressources centrafricaines aiguisent ses appétit, au constat de la navrante gestion politique de la RCA par la France, ce qui a pour conséquence le rejet accru des français par la population centrafricaine. Une brèche s’ouvre, les chinois s’y engouffrent.

Depuis, nombre de gisements miniers en RCA sont concédés, non plus comme avant, tacitement aux français, mais aux chinois. Une première !

Du coup, des soldats chinois sont annoncés prochainement sur le territoire centrafricain pour l’aider à sécuriser ses gisements miniers, comme une sorte de pied de nez aux navrants SANGARIS en cours de retraite.

Et comparaison économique, si les investissements français en RCA en 2015 ne dépassaient pas le chiffre navrant de 10 millions d’euros, celui des chinois dans le pays passe déjà le cap des 100 millions en intrusions diverses. Sans compter les cadeaux du passé, comme le somptueux complexe sportif B. Boganda à Bangui, qu’en passant, les centrafricains, fidèles à leurs sales habitudes, peinent à entretenir.

LA FIN DE LA FRANCAFRIQUE EN RCA ?

Si, une première encore, la France, devant les abus de ‘BIG FAT’ ALI BONGO au Gabon, terre pourtant bénie de la Françafrique commence à s’en désolidariser, la situation en Centrafrique est beaucoup moins lisible. A gager que la France n’en restera pas là pour tout faire afin de bouter dehors les chinois de sa sous préfecture centrafricaine.

Des signes très parlant de la riposte sont là. Des drones français en Centrafrique annonce le ministre de la défense, le cumulard  Jean-Yves Le Drian; pourquoi faire ? Pourquoi des drones maintenant, quand il eut fallu les déployer bien avant, quand les Sangaris étaient actifs dans le pays ?

Réponse probable, pour continuer, non à aider l’ONU à protéger les populations comme dit, mais à poursuivre les études sur les richesses centrafricaines, mais de haut cette fois-ci, du ciel, sans s’impliquer. Serait bien naïf  qui croirait encore à l’humanisme désintéressé des français vis à vis des centrafricains, en sachant que, une fois de plus rappelons-le, les violeurs de la SANGARIS étant absous de leurs crimes odieux en RCA.

In fine, toutes ces basses manœuvres, loin de rassurer sont inquiétantes. Faustin Touiadera ne peut pas oublier qu’il est là, Président de la Centrafrique, de par la volonté, non du peuple centrafricain, mais de la France. En cela, rien de nouveau, ses prédécesseurs le furent tous. Ce qui le place dans une position extrêmement délicate, car tôt ou tard, la France qui au départ ne le soutenait pas, mais s’y est contrainte par réalisme pour l’imposer, en truquant une fois de plus les résultats des urnes, lui demandera des comptes. Et là, cela risque d’être une opération Baraccuda version 2016-2017 sur sa tête. Les chinois peu interventionnistes colonialement parlant comme la France, ne le soutiendront pas sur ce coup là.

Et comme déjà ça grogne dans le pays avec son DDRR qui n’ira à l’évidence nulle part, ses jours sont déjà comptés.

English version:

Septembre 2016 LAMINE MEDIA

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