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Afrique

Gabon : Clarification sur les magouilles d’Ali Bongo, aka “Big Fat”

Fernando Cancio

Libreville (LNC) – En 2009, lors de la précédente élection présidentielle, un ancien espion français déclarait : “Ali Bongo battu, 24h plus tard, nos services ont arrangé les choses, et voilà le fiston adoptif devenu Président.”

Depuis, sur pression de Paris, le dit “espion” s’est rétracté, sauf que, le pouvoir socialiste en France au pouvoir entre temps a bonne mémoire, et Manuel Valls l’actuel PM français lors d’une émission de grande écoute en France de confirmer le trucage électoral franco-gabonais.

C’était au cours de l’émission nocturne de France 2 “On n’est pas couché”. A une question de l’humoriste Jérémy Ferrari : “Parce qu’il n’a pas été élu, Ali Bongo, finalement ?”, Réponse de Valls : “Non… Pas comme on l’entend”.

2016 BIS REPETITA

D’entrée, les observateurs de l’ONU et de l’UNION EUROPEENNE l’ont dit : “Cette élection n’est ni claire ni transparente.” Jolie formule pour dire qu’une fois de plus, Ali Bongo, clairement battu dans les urnes a triché. Mais seul ?

DES ELECTEURS INEXISTANTS

Selon Elizabeth Blunt, témoin de nombreuses élections en Afrique en tant que journaliste à la BBC : “L’opposition gabonaise dénonce des fraudes après la publication des résultats officiels selon lesquels le taux de participation était de 99,93 % dans la région d’origine du président Ali Bongo, qui est crédité de 95% dans son fief.”

Il n’y a jamais eu un taux de participation de 98 % ou 99 % dans une élection crédible.

Pour l’opposition gabonaise, Ali Bongo a volé les élections comme en 2009. Sans surprise, parce qu’en Afrique, on n’organise pas les élections pour les perdre. Et pourtant plusieurs sources donnaient Jean Ping largement vainqueur dans les huit de neuf provinces du Gabon. Selon les résultats des procès-verbaux compilés par l’opposition, Jean Ping l’emportait avec 61 % contre 39% à Ali Bongo.

Ces chiffres, juste avant d’être compilés à Libreville par le ministère de l’intérieur gabonais sont véridiques. Mais entre temps, le ministère a falsifié tous ces documents, avec l’aide d’une nation amie européenne que nous ne citons pas.

Comme en France du temps de Jacques Chirac et de son successeur à la mairie de Paris, on réveille les morts pour aller voter.

A Libreville, le Parti démocratique gabonais (PDG) du président a usé de ses largesses pour satisfaire les électeurs, avec des cadeaux à gogo : Téléphones portables, congélateurs, des machines à laver et d’autres appareils électroménagers. Des cadeaux distribués lors d’un rassemblement de milliers de militants et sympathisants du parti d’Ali Bongo Ondimba Samedi dernier.

Naëlle fait partie des bénéficiaires. “Je n’avais rien à faire. J’y suis allée. Il y avait une longue queue. Lorsque notre tour est arrivé, on nous a remis un lot, mais à une condition, car nous devions nous faire identifier. Ensuite on nous a tamponné la main. J’ai reçu une tablette Ipad. Ma voisine a reçu un congélateur”, a-t-elle dit au correspondant de BBC Afrique à Libreville.

TRICHERIES

Il y a 3 jours, la réunion de la commission électorale prévue pour compiler les résultats à 17 heures était gelée pour être reportée au surlendemain. Ce qui laissait libre court aux tripatouillages des chiffres et du résultat que l’on connaît.

PARIS SE DESOLIDARISE DE BONGO

Au Quai d’Orsay à Paris, dans une joyeuse hypocrisie, pour une fois, on botte officiellement en touche, en demandant aux autorités gabonaises “d’assurer transparence et impartialité dans la publication des résultats”. “De même, les éventuelles contestations qui suivront devront emprunter les voies de recours ouvertes par la loi”, est-t-il ajouté.

Bruxelles plus directe a pour sa part demandé aux autorités gabonaises de “publier les résultats par bureau de vote“, et non au niveau national, au nom d’une pleine transparence”, dans une déclaration des services de la chef de la diplomatie européenne, Fédérica Mogherini.

Depuis, le pays s’est embrasé !

Jeudi matin, de violentes manifestations ont eu lieu dans plusieurs parties du territoire gabonais. Des manifestants ont installé des barricades sur les routes de la Zone des cocotiers, dans le quartier du Deuxième Arrondissement, dans la capitale. Les bureaux du PDG, le parti d’Ali Bongo Ondimba, ont été incendiés à Mouila (sud) et à Oyem (nord). L’Assemblée nationale incendiée. Des biens privés appartenant à des proches du président déclaré vainqueur de l’élection présidentielle détruits par des manifestants en colère.

Sur son compte Twitter, Jean Ping, le leader de l’opposition, a déclaré : “Mon quartier général de campagne est pris d’assaut par la garde républicaine.

Joint par la BBC, Maître Fabien Méré, l’un de ses proches, a confirmé la présence d’hommes armés et “habillés en noir”.

“Il y a eu une vingtaine de blessés. Il y a du sang partout dans le couloir. J’ai vu une personne décédée. Ils fouillent les jeunes”, a témoigné cet ancien ministre et avocat au barreau de Libreville

English version:

Août 2016 LAMINE MEDIA

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