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Interview

USA : Un diplomate américain parle librement des dérives politiques en Centrafrique

L'ambassade américaine à Bangui

V.M

Bangui (LNC) – Il fait partie des diplomates américains revenus en Centrafrique après la réouverture de l’ambassade américaine. Entretien dans un hôtel discret de Bangui.

USA

D‘entrée, il fait une mise au point. Ses propos ne peuvent être publiés que si nous lui assurons son anonymat.

“Ce que je vais vous dire relève de mon opinion personnelle et pas de l’avis officiel des Etats Unis. Autrement, vous ne publiez rien.”

ANONYMAT DONC ASSURE

LNC : Vous nous avez contacté, qu’aviez-vous de si important à nous dire ?

– Parce que c’est un minimum pour un diplomate étranger dans un pays de s’intéresser à ce qui s’y passe. Et ce qui se passe dans ce pays, quelque part dépasse l’entendement. je vous ai choisi parce que vous me sembliez être les plus apte à comprendre, puisque vous êtes les seuls à dénoncer les dérives dans ce pays. Mais apparemment, vous criez dans le désert non ?

LNC : De quelles dérives parlez-vous ?

– Je voulais d’abord et avant tout, vous dire très solennellement que les ETATS UNIS n’ont rien à voir avec ce que vous mêmes qualifiez de magouilles politique et de corruption à grande échelle dans ce pays. Nous n’avons rien à voir avec les bourrages d’urnes, menaces et autres qui ont mené à l’élection de Faustin Touadera à la présidence de la RCA, ni même rien à voir avec toutes les corruptions de Karim Meckassoua pour gagner la présidence de l’Assemblée nationale centrafricaine.

LNC : En gros vous validez nos dénonciations de ces dérives donc ?

– Le moindre diplomate étranger en Centrafrique sait cela, et tous les politiciens de ce pays aussi. Ce sont des faits avérés non ?

LNC : Dans ce cas, pourquoi ne pas nous aider en parlant officiellement au nom des USA pour dénoncer ces dérives : élections truquées de Touadera, législatives truquées, corruption massive de Meckassoua ?

– Ce n’est pas notre rôle, mais celui de la presse dont vous faites partie. Les diplomates, en principe n’ont pas à se mêler de la vie politique du pays dans lequel ils y sont pour représenter leurs pays.

LNC : Diriez-vous la même chose de l’ancien ambassadeur de France Charles Malinas ?

– Vous n’avez pas rendu justice à Mr Malinas. Cet ambassadeur était aux ordres de son pays. Il a agit en se mêlant des affaires internes centrafricaines au nom de la France.

LNC : Reconnaissez tout de même, comme l’a laissé fuité l’ex présidente de la transition Catherine Samba-Panza, qu’il était le maître d’œuvre de toutes les dernières magouilles politiques et électorales dans ce pays non ?

– Je ne le nie pas. Mais vous comme moi savez bien que la position de la France ici est assez spéciale non ? Personnellement, je trouve qu’accorder un crédit à l’ensemble des propos de Madame Samba-Panza est très douteux. Elle a massivement détourné une grande partie des dons de pays dits frères à la RCA pour son profit personnel. Je ne peuxc pas donner crédit aux paroles de cette, si vous me permettez le mot : VOLEUSE !

LNC : Parlons du DDR et RSS si chers au président Touadera

– Faustin Archange Touadera, selon nos critères est illégitime. Mais nous devons faire avec. Il est arrivé au pouvoir comme les autres avant lui, par un coup d’état, non par les armes, mais dans des urnes bourrées par avance. Toutes ces élections ont été truquées, vous le savez bien vous-même non ? Maintenant, comme c’est fait et qu’il ne serait question d’y revenir, il doit absolument se légitimer par un acte politique fort. Le DDR devrait lui servir à cela. Mais cela ne fonctionnera pas. Cette manœuvre de sortie de crise n’a jamais marché nulle part. Trouvez-moi un endroit sur cette planète où l’on à vu un processus de DDR fonctionner ?

Le DDR est tout simplement une carte blanche à l’impunité. Un pays doit combattre, par la force si nécessaire des déstabilisateurs, surtout des sanguinaires comme il en existe ici. On ne négocie pas avec des terroristes. C’est de l’inconscience.

LNC : Vous n’y croyez donc pas ?

– Ce n’est pas un sujet de foi, mais de réalisme. Il n’y aura jamais de paix civile en Centrafrique, tant que des criminels armés avec des chefs auto-proclamés généraux continueront à y faire la loi. Quel est la force du gouvernement centrafricain dans de telles négociations, en sachant que 70% de son territoire est dans les mains de ces assassins ? Négocier dans de telles conditions est une absurdité.

LNC : Autre chose, que pensez-vous des cas de viols voire même d’actes de bestialité commis sur des mineurs et des femmes centrafricaines par des soldats français de la SANGARIS et par des casques bleus de l’ONU (MINUSCA) ?

– Avant de répondre à cette question, dites-moi, est-ce que le procureur de la république à Bangui a-t’il ouvert une enquête dessus ? Est-ce que Faustin Touadera, tout de même le président a-t’il fait une déclaration publique pour dénoncer ? Est-ce que Ban-Ki Moon le chef de l’ONU a dénoncé publiquement les crimes de ces français en Centrafrique ? Enfin, est-ce que ce grave problème intéresse-t’il les centrafricains ?

A ce que je sache, en France, le président François Hollande a classé ce dossier SECRET DEFENSE. Le sujet est en conséquence clos. Des petites filles violées par ses soldats ne l’intéressent pas. Lui n’a-t’il pas parlé uniquement à Bangui de l’honneur de ses soldats ? Et qu’a dit le président Touadera en retour ? Juste demander la prolongation des forces Sangaris en Centrafrique. Comprenez donc que ces individus n’ont pas comme vous la même lecture des choses.

LNC : Même si vous vous exprimez sous anonymat, nous autorisez-vous à forwarder cette entrevue au président Hollande, à la Maison Blanche et à tous les grands media américains ?

– Vous avez mon feu vert tant que vous ne dévoilez pas mon nom.

English version:

Août 2016 LAMINE MEDIA

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