FAITES UN DON A OCHA RCA
Actualités

Centrafrique : Décès de deux géants de la littérature nationale + [Audio]

Fabiana Álvarez

(LNC) – Coup sur coup, la RCA vient de perdre deux baobabs de sa littérature, actuellement, les deux seuls à porter à l’international la culture littéraire centrafricaine. Pierre Makombo Bamboté et Faustin Niamolo sont décédés. Hommage !

A Bangui, le ministère des arts et de la culture a rendu hommage à ces deux immenses figures de la culture centrafricaine, ou plus exactement “oubanguienne” pour reprendre le mot de Faustin Niamolo.

Depuis des années, Pierre Makambo-Bamboté vivait au Canada, à Longueuil avec sa compagne sa compagne Nicole Vandenbossche, qui a l’occasion de son décès le 20 juillet dernier déclarait : «Dans son pays  natal, sa perte est ressentie comme un désastre. Le Président de la République et le Président de l’Assemblée nationale m’ont envoyé leurs condoléances et un hommage national lui sera rendu».

«Bamboté Makombo, est le premier des auteurs centrafricains. Il a porté au monde la culture et la pensée de ce peuple du coeur de l’Afrique… et c’était ici à Longueuil (Canada)», ajoute-t-elle.

Il a notamment écrit Déception noire, Le nègre est souriant, chez L’Harmattan, en 2011.

Connu internationalement pour son travail d’écrivain et de poète, il était perçu par ses compatriotes Longueuillois d’exil, comme étant un homme chaleureux et courtois.

Bamboté, Pierre Makombo (né en 1932) a été le premier écrivain de Centrafrique  à être publié avec le livre : La Poésie intérêt dans L’histoire (1962). Il a poursuivi une carrière prolifique comme poète, romancier et auteur de nouvelles, aboutissant à son immense roman, Princesse Mandapu (1972), un récit mystérieux et peu concluantes sur un tyran locale mesquin, situé dans une petite ville centrafricaine.

Faustin Niamolo lui était le président de l’association des écrivains centrafricains, et surtout très connu pour être l’auteur de “J’ai connu l’enfer de Ngaragba” en 1976, chronique de lorsque, pendant 6 mois, il fut incarcéré à la triste bien nommée la prison de Ngaragba à Bangui; et dans l’ouvrage, il dénonçait les horreurs de cette funeste prison, lieu des basses oeuvres de Bokassa, dont il fut lui-même victime. Cousin de David Dacko et d’ethnie mbaka, il échappa ainsi par faveur, de justesse à la mort.

« La culture est intimement liée à la politique », disait-il. Faustin Niamolo était un des écrivains les plus connus d’Afrique. Témoin de l’indépendance de la Centrafrique, c’en était une de ses mémoires vivantes, dans cette RCA sans mémoire. Il  dénoncera la colonisation et ses exactions dans ses écrits. Toute sa vie, il a œuvré à l’éducation dans son pays et défendu la culture africaine, notamment pygmée.

En 2013, il donnait une interview dorénavant historique à Radio Ndeke Luka :

 

English version:

Août 2016 LAMINE MEDIA

Imagine your best photo ever
To Top