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France : Charles Malinas, son ambassadeur en RCA dans l’oeil du cyclone

GILLES DELEUZEGilles Deleuze

PARIS (LNC) — Charles Malinas, Ambassadeur de France en Centrafrique a été contraint de couper court aux rumeurs de son départ de la Centrafrique, dans une interview de mise au point, accordée récemment à la RJDH. Que s’est-il passé ?

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Que lui serait-il reproché ?

Selon l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique, Charles Malinas devrait anticiper son départ de Bangui pour cette année, juste après le second tour du scrutin présidentiel.

“Paris” lui reprocherait  d’avoir misé sur le mauvais canasson pour les élections présidentielles, en occurrence  Martin Ziguélé.

csp_et_chm_poignee_de_mains_448x352_dsc_4992En vérité ce qui met Malinas sur la sellette est bien tout autre.

Son entrisme sans vergogne dans la politique interne de la République Centrafricaine, son arrogance frisant le comportement colonial, au point à Bangui d’être surnommé le “Vice Roi” ou le “Gouverneur”. Même Catherine Samba-Panza la locataire provisoire du Palais de la Renaissance ne le supporte plus, même en peinture. Pourtant, on les disait amis tous les deux.

Charles Malinas agace, et Bangui depuis des mois veut son scalp. Ceci n’est pas du tout en soi un scoop. L’échec de Ziguélé n’est qu’épiphénomène en ajout.

Dans son interview au RJDH, il reconnaît certaines choses : “Il n y a pas de départ anticipé prévu. En tous cas, Paris n’a pas donné des instructions dans ce sens. Je lis des journaux comme tout le monde et donc je vois que ça été écrit, ça fait partie des nouvelles qui sont écrites et qui ne sont malheureusement pas exactes pour celui qui l’écrit et heureusement pour ce qui me concerne.”

Mais l’homme étant réputé comme étant aussi franc qu’un âne qui recule, il convenait d’aller s’informer à la source, au Quai d’Orsay à Paris, le siège de la diplomatie française.

PARIS NE NIE PAS

Nous nous attendions aux habituelles défausses des diplomates, dès que survient un souci épineux. Et non !

Pour un des porte paroles du ministère des affaires étrangères : “La France n’ayant donné aucune instruction à son ambassadeur en Centrafrique pour soutenir un candidat, la question ne se pose donc pas. Nous n’avons pas de candidat préféré. C’est aux centrafricains de décider du qui sera leur président. Il faut en finir avec ce fantasme de la main occulte de la France derrière tout ce qui se passe en Afrique francophone. Cependant, il y aurait éventuellement un souci avec notre ambassadeur à Bangui. Les autorités de ce pays se seraient plaintes à plusieurs reprises de ses agissements, considérés là bas comme des intrusions dans leurs politiques internes. Néanmoins, à notre connaissance, le sujet de son départ anticipé n’est pas sur les rails.

ob_cc41c5_charles-malinas-3LNC : Vous admettez donc qu’il y a un souci avec Charles Malinas ?

LE QUAI D’ORSAY : Disons qu’il convient de considérer sérieusement certaines options. La République Centrafricaine est à un tournant vital et sensible de sa destinée, et il nous importe de ne pas donner une image brouillée de notre diplomatie là bas dans ce contexte très délicat. Voir un de nos diplomates se faire railler comme “Vice-Roi” ou “Gouverneur colonial”, ce n’est pas acceptable pour l’image de la France. La Françafrique, c’est TER-MI-NE !

LNC : Les rumeurs de son éviction qu’il nie sont donc fondées ?

LE QUAI D’ORSAY : Cher monsieur, ce ne sont disons, globalement, que des rumeurs, même si en partie fondées. Vous les journalistes vous aimez beaucoup spéculer au moindre bruit. Ce n’est pas parce que Jeune Afrique écrit une chose que ce serait vérité biblique. Il y a une difficulté avec ce haut diplomate dirigeant notre diplomatie en RCA, c’est clair, nous ne le nions pas, MAIS officiellement, à court terme, et jusqu’à plus ample informé, le sujet de son départ n’est pas d’actualité.

© Janvier 2016 LNC

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