unicefpub
Revue de presse

Revue de presse Afrique/ A la Une: nouveaux troubles en Centrafrique

Fred Couteau
Par Frédéric Couteau | RFI
Diffusion : lundi 28 septembre 2015

« Bangui de nouveau à feu et à sang, où va ce pays ? », s’interroge le site d’information “La Nouvelle Centrafrique“. « Tout a démarré samedi matin au célèbre quartier du PK5, à tendance musulmane, où un conducteur de mototaxi a été assassiné, relate le site centrafricain. S’en est suivie une flambée de violence dans cette ville incertaine où le taux de criminalité est extrêmement élevé, du fait de la profusion des armes de guerre en circulation. Tirs d’armes, assassinats à l’arme blanche, mouvements de panique de la population. […] Pris de court, poursuit “La Nouvelle Centrafrique“, le – de plus en plus contesté – gouvernement de transition a émis un communiqué, condamnant ces “violences inutiles qui interviennent à un moment où la Centrafrique en général et la ville de Bangui en particulier aspirent à la paix et à la sécurité”. Sur la pression de la France et de l’ONU, le pays, en principe, rappelle le site centrafricain, se doit de tenir des élections présidentielles et législatives avant la fin 2015, au risque de perdre le peu de subventions internationales dans cet état plus qu’atomisé. Mais la réalité du terrain ne s’y prête pas, estime encore “La Nouvelle Centrafrique“. Des groupes armés sévissent toujours dans la majorité du territoire […]. Une situation d’instabilité incontrôlable, confinant la Centrafrique à l’état de véritable poudrière. »

Qui tire les ficelles ?

« Alors qu’au Burkina Faso, la transition se remet à peine sur les rails, celle centrafricaine vient de renouer avec les turbulences, soupire pour sa part le site guinéen “Ledjely.com.” A Bangui, les démons sont de retour. Au PK5, musulmans et chrétiens se regardent de nouveau en chiens de faïence […]. Le bilan établi par des sources hospitalières fait état d’une trentaine de victimes et d’un nombre indéfini de blessés. » Tout cela « amène à se demander si, quelque part, quelqu’un ne tire pas les ficelles d’une manœuvre visant à déstabiliser le processus de la Transition. D’autant que tout cela tire son origine de l’assassinat à la limite banal d’un conducteur de taxi-moto. Ce n’est pas que la mort d’un individu soit normale en Centrafrique. Mais le pays a connu pire sans qu’il n’en résulte des conséquences aussi périlleuses. Par ailleurs, le flou qui entoure aussi bien les acteurs de cette nouvelle flambée de violence que ses mobiles laisse transparaitre une sorte de complot dont les populations seraient des otages inconscients ».

« Il faut savoir que tout le monde n’est pas favorables à une issue heureuse et rapide de la situation dans laquelle le pays est englué, complète le quotidien Aujourd’hui, au Burkina.Et dans cette marmite bouillante, certains politiciens se foutent de la transition et de la Centrafrique comme de leur première barboteuse, tout ce qui les tient à cœur, c’est le pouvoir, et les privilèges qu’il procure. C’est pourquoi si les casques bleus et les Français de l’opération Sangaris peuvent aider l’ex-Oubangui Chari à espérer un jour renouer avec une vie constitutionnelle normale, le gros de cette œuvre titanesque revient aux Centrafricains eux-mêmes. Lorsque ex-Séléka et anti-Balaka, chrétiens et musulmans, François Bozizé, Michel Djotodia, et autre Georges Dologuelé auront compris que nul ne peut véritablement sauver la Centrafrique que ses fils et ses filles, ce sera le début du bout du tunnel. Pour le moment, c’est un Etat failli, qui dérive, au gré des eaux et récifs, que tente de diriger quelques téméraires d’une transition cahoteuse. »

Un processus de réconciliation inclusif !

Alors, s’interroge Le Pays toujours au Burkina, « faut-il désespérer de la Centrafrique et s’en détourner au point de laisser le processus de pacification et de réconciliation, entamé sous l’égide de l’ONU, rester au milieu du gué ? Assurément non !, s’exclame le quotidien ouagalais. Et pour réussir cette mission ô combien délicate, il faudra accélérer le processus de désarmement de toutes les milices, reconstituer une armée véritablement nationale et représentative de toutes les communautés du pays, organiser des rencontres d’échanges interreligieux et intercommunautaires, déployer des forces neutres autour des sites de production d’or et de diamant afin de priver les chefs de guerre, ou plutôt de gangs, de leurs sources de financement, et organiser des élections inclusives, en prenant soin de ne pas laisser sur le carreau même les pyromanes de la pire espèce comme François Bozizé et Michel Djotodia. Car, conclut Le Pays, si c’est le prix à payer pour épargner aux populations centrafricaines la mort gratuite et facile, comme ce à quoi on a assisté samedi dernier, cette pilule, aussi amère soit-elle, vaut la peine d’être avalée ».

Imagine your best photo ever
To Top